Budget de la Ville: Quand la bise fut venue...

cigale web.jpgQue faisiez-vous au temps chaud? Vous chantiez, j'en suis fort aise,...

La ville est-elle la cigale de la fable comme la droite le crie, sans été très audible, depuis quelques temps, ou la fourmi, dont il serait injuste et même scandaleux d'amputer davantage le budget 2014 vu qu'il est équilibré, proclame la gauche, passée maître dans l'art du ramdam? Ni l'un ni l'autre!

La Ville n'est pas une pauvre cigale de quatre sous. Comme la plupart des collectivités publiques, elle gagne sa vie grâce aux cotisations obligatoires de toutes les fourmis (que sont aussi les fonctionnaires et les frontaliers qui paient leurs impôts à la source) qui travaillent sur son territoire. La Ville est plutôt une riche cigale qui consacre d'ailleurs chaque année à la culture un franc sur trois de son budget de plus d'un milliard de francs.

La Ville n'est pas non plus une fourmi surexploitée. Ses fonctionnaires font partie des travailleurs parmi les mieux rémunérés et les mieux protégés du monde. Elle n'est pas non plus une fourmi écureuil, à la façon Pascal Broulis qui a coupé la la dette vaudoise par sept en huit ans, notamment en sous évaluant systématiquement les recettes fiscales et en camouflant ensuite ces revenus "surprises" pour éviter de faire apparaître des bénéfices mirobolants qui auraient déchainé les cohortes des quémandeurs de la fortune publique...

La ville de Genève et sa ministre des finances ne son donc ni fourmi ni cigale. Salerno est une bonne Genevoise qui, ces dix dernières années à reçu un bon carnet pour sa gestion financière. Le maître qui délivre les notes est Nils Soguel, titulaire de la chaire de Finances publiques à l'ENA de Suisse romande, la haute école en administration publique (IDHEAP). On peut consulter son palmarès 2012 des villes et des cantons sises ici.

Alors, la droite fait elle fausse route? Dénonce-t-elle des chimères en promettant des lendemains qui déchantent? Oui et non. Si l'avenir était certain, il n'existerait pas et nous serions figés dans une terrifiant présent. Depuis deux ans, dame Salerno et son ministre des constructions font comme si la croissance des recettes fiscales allaient continuer sans à coups. C'est possible, c'est ce qui s'est passé depuis huit ans, pourquoi est-ce que ça devrait changer?

La croissance, c'est la drogue des entrepreneurs et des gouverneurs. On s'y accoutume. La droite est dans son rôle à annoncer la fin de la croissance même si elle ne la souhaite pas et demande au contraire des mesures pour qu'elle dure. Parmi ces mesures, il y a celles qui tentent de parer à l'embonpoint des services publics. À gauche, on se shoote à la subvention, on réclame plus d'impôts et, ce faisant, on manifeste son incapacité à inventer un modèle de gestion publique plus frugal et plus sélectif.

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