15%

Jornod Etienne NZZ 16 avril 2013.jpgUn chiffre. 15%. c'est l'objectif que le nouveau DG de Tamedia veut maintenir dans les années à venir, une marge de 15% du chiffre d'affaires avant paiement des intérêts et des impôts. Un chiffre que le Neuchâtelois Etienne Jornod, nouveau président du conseil d'administration de la NZZ, troisième éditeur de journaux de Suisse, commente dans une interview publiée le 16 avril dernier dans son nouveau journal et qu'analyse Martin Hitz pour Medienspiegel.ch:

"En son temps, nous dégagions également une marge (avant amortissments, intérêts et taxes) de 15% dans le secteur de la logistique (Jornod est patron de Galenica), aujourd'hui nous arrivons à 6% et même à 1,5% de marge avant intérêts et taxes. Naguère nous estimions parfaitement impossible de vivre avec des marges aussi faibles. Mais c'est possible."

Sur le sujet Medienspiegel.ch publie deux autres posts intéressants (ici et )

On en déduira que la logisitique ne fonctionne peut-être pas comme l'édition de journaux qui est aussi une sacré entreprise de transports. Au demeurant, il  n'est pas sans importance de souligner que deux seuls chaînons n'ont guère profité des évolutions technologiques depuis qu'un certain Gutenberg a inventé la copie à la machine: le premier, la génération d'article, qui pour l'heure nécessite encore le cerveau d'un être humain, et le dernier, la distribution des journaux à domicile, qui nécessite toujours d'actionner les jambes et les bras de porteurs.

On en déduira que le nouveau DG de Tamedia ne peut guère faire autrement - il est nommé pour ça - que de secouer la machine, dont il a repris les commandes l'an dernier, une machine au demeurant un peu fatiguée, comme le montre la statistique des tirages (reproduite en page 17 du rapport d'activités 2012), presque tous les titres enregistrent des reculs (très) préoccupants que l'augmentation de l'audience sur le Net compense en partie.

On en déduira que de 15% à 1,5%, il y a un volant de l'ordre de 130 millions de francs, soit quatre fois le montant d'économie/recettes visé par le management.

On en déduira que la communication de la nouvelle direction générale n'a pas été des plus finaudes et que la marge du capital confiance est vraisemblablement pas beacoup plus élevée que 1,5%. Commençons donc par viser 15% sur cette axe, je parie qu'on conservera une honnête marge sur l'axe financier dans la foulée.

On finira tout de même par se dire que le défi reste entier s'agissant de la valorisation de ce qui est l'avenir subi des journaux: leur digitalisation intégrale dans un monde, où la concurrence est non seulement mondiale (télécharger Le Monde 2 francs la veille de sa parution physique à Genève) mais encore totale (jouer, butiner sur Youtube, feuilleter mille sites internet via Flipboard, tester Spotifiy, Circa, The Verge, Tooxme, Vine, Wall, réseauter, bloguer, etc. consomme du temps que le quidam n'a plus pour lire les journaux).

Comme je le rappelais ce midi à un ami, Au moins 40% des Genevois se fichent de la politique genevoise, car ils n'ont pas le droit de vote.

Commentaires

  • L'une des dernières spécialités helvétiques qui nous reste (depuis 1937), c'est la paix du travail, découlant de la négociation permanente de Conventions collectives de travail (CCT) en lieu et place de spectaculaires et stériles défilés dans la rue. Pour cela, il faut que les deux parties soient de bonne foi.

    Les entreprises telles que que la SSR et bien d'autres du secteur des media ou non se font souvent conseiller par le Boston Consulting Group.

    L'un des conseils de cette notoire entreprise fournit des modes d'emploi à ses clients pour imposer des changements et de bons filons et des recettes détaillés pour réduire toute résistance.

    La SSR vient de reconduire - de justesse et provisoirement - sa CCT régissant les conditions de travail de ses quelque 6000 collaborateurs. Sa Direction à renoncé à appliquer les recettes chirurgicales du Boston Consulting Group et d'autres conseillers qui vont se loger on ne sait où.

    Au lieu de se laisser terroriser par l'exigence utopique d'un bénéfice de 15 %, peut-être conviendrait-il pour les menacés de Tamedia d'exiger en priorité la signature d'une nouvelle Convention collective, me semble-t-il.

    Au besoin en sollicitant la bonne volonté de l'employeur.(jaw)

Les commentaires sont fermés.