Gross Genf et le stade-franc

stade de genève.jpgGross Genf. Je trouve cette étrange expression sous la plume de mon confrère Pascal Décaillet à propos de la relance par trois écolos, dont le président du Grand Conseil vaudois, le député de Nyon Philippe Martinet, de faire jouer au stade de Genèe le club de football haut-savoyard ETG, Evian (ville de son sponsor) Thonon (ville de son terrain avant que sa montée en Ligue 1 ne l'oblige à trouver refuge à Annecy) et Gaillard (ou les Croix de Savoie sont nés).

Le journaliste, dont on suppose qu'il est contre cette invasion sportive, mais ne paraît pas s'offusquer que toutes les équipes soient formées de joueurs mercenaires sans frontière, en profite pour ressasser un de ses thèmes favoris: la dictature des élites qui nous gouvernent, qui décident à notre place sans consulter le peuple. Horreur! Véritable crime majeur de lèse démocratie dans ce pays qui continue de croire que le pouvoir est au bout du bulletin de vote. Thème porteur de tous les populismes au demeurant qu'il soit de la gauche extrême ou de la droite extrême.

Ainsi donc le Grand Genève serait un de ces machins fabriqués d'en haut, sans assise démocratique, bon à jeter. Vive donc le nationalisme de grand papa qui a figé les frontières héritées ici du Congrès de Vienne dont on fêtera l'an prochain lés 200 ans de bons et loyaux services, même si ces frontières et ce nationalisme ont engendré quelques uns des conflits les plus meurtriers de l'histoire, même si l'Union européenne, autre machin sans fondement démocratique, nous a apporté la paix et la prospérité depuis un bon gros demi-siècle.

Le grand Geneve a sans doute à gagner des galons en matière de participation démocratique, mais je déteste pour ma part ce populisme extrême qui veut soumettre au peuple toutes les décisions. Aujourd'hui le web pourrait rendre le vote permanent possible, donnant sans doute le pouvoir aux rentiers qui ont le temps - un rêve pour l'AVIVO, à moins d'établir des quotas de participation pour valider le scrutin. Pourquoi ne pas décréter un jeudi citoyen. Toutes les semaines, nous pourrions voter sur mille et un projets. Dans la foulée on pourrait abolir les parlements et même les gouvernements laissant à quelques administrations étroitement tenues en laisse l'exécution de la volonté populaire. Une utopie c'est sûre, qui trouve son public, comme toute les utopies.

En Italie, Beppe Grillo un autre fou du roi entraîne au son de sa flûte égrenant les notes du webpower poursuit 10% des électeurs de la Péninsule dans le même rêve.

Pour revenir au stade de Geneve, je ne pense pas que la création du groupement local de coopération transfrontalière suffit à décréter que le stade est extraterritorial, en revanche, ceux à qui le peuple a confié son gouvernement dans des élections démocratiques pourraient peut-être réfléchir à la création d'une zone franche.

Il existe comme chacun sait un port-franc à quelques encablures du stad de Genevee, où transitent et dorment toutes sortes de marchandises étrangères, pourquoi ne pas ériger le stade franc de Genève.

Commentaires

  • C'est bon de voir des journalistes qui s'expriment. Qui vident leur sac.
    C'est aussi étonnant de voir que vos arguments et ceux de M. Décaillet sont parfaitement crédibles. Vos positions respectives se défendent et pourtant ne s'annulent pas. Parce que vous ne parlez pas de la même chose. Le stade n'est qu'une toile de fond. Les élus aussi.
    Bien sûr que nous attendons d'eux une vision, un chemin. Mais surtout, nous avons besoin de concret. Et c'est là que le bât blesse car personne n'a envie de se mettre au boulot pour favoriser concrètement le rapprochement avec nos voisins. Et pourtant, sans réalisations visibles qui témoigneraient d'une saine collaboration, ce n'est pas demain la veille que le souverain cautionnera les perspectives utopiques de quelques allumés qui disparaitront au prochain scrutin faute de s'être mis au travail, dans la boue et sans véritable visibilité. Alors oui, je me joins à Pascal Décaillet pour dénoncer ces feignasses qui pensent qu'il suffit de proposer de belles idées en espérant que d'autres se colleront le travail de terrain mais sans leur en donner les moyens. ET oui, car ces moyens font défaut. On a déjà gratté les fonds des tiroirs.

  • Ce qui est génial en démocratie c'est que tout peut se dire et se contredire!

    Les Genevois, avec raison, estiment avoir été grugés lors de la construction de ce stade, véritable poumon artificiel pour les entreprises de construction lorsque, à l'époque, on était à la peine.

    Merci aux lobbyistes qui occupent le grand conseil d'avoir fait ce qu'il fallait pour y parvenir, tous partis confondus, puisque c'est un architecte-député PS qui l'a réalisé.

    Nous avons maintenant ce mastodonte sur les bras et compter sur Johnny ou Sardoux pour le rentabiliser est oublier qu'ils ont tous les deux plus de 70 ans!

    Ne soyons pas obtus mais réalistes.

    Si faire jouer une équipe de première division française nous permet de rentabiliser ce gouffre, voulu et soutenu par tous les partis gouvernementaux, ne nous posons pas trop de questions et allons-y!

    N'oublions pas non plus que cela donnera aussi l'occasion aux amateurs de vrai football devoir évoluer des grosses cylindrées "à la maison", sans avoir à parcourir de grandes distances, ce qui est aussi bon pour la planète!

    Avec un peu de chance, les genevois iront au match en taxis ce qui sera aussi bon pour cette cooporation-là!

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