Hildebrand, Jelmoli et le Tagi

news.ch.jpgHildebrand doit-il démissionner? Le rédacteur en chef de la Baslerzeitung ex-journaliste de la Weltwoche le réclame, mais aussi la Berner Zeitung. Pourquoi les autres rédactions n'emboîtent-ils pas le pas au proche de de Christoph Blocher. Attendent-ils que le patron de la BNS jette l'éponge ce soir, désavouant du même coup le Conseil fédéral qui a blanchi l'imprudent premier banquier de Suisse et donnant à Blocher sa revanche contre celui qui "a gaspillé des milliards de francs pour la défense du francs".

Le lien avec Jelmoli et le Tages Anzeiger  m'est venu hier soir à la lecture d'un article sur le site MedienKritik  Schweiz, une nouvelle qui n'a pas franchi la Sarine (mais peut-être m'a-t-elle échappée en ces temps ou la news s'infiltre partout, impossible de scanner toutes celles qui déferlent)

MedienKritik revient sur le boycott publicitaire du Tages Anzeiger par Jelmoli. Le grand quotidien zurichois a été puni pour avoir dénoncé le caractère sexiste d'une vitrine du grand magasin où l'on avait représenté une scène de la série "Mad Men". L'affaire remonte à la fin de l'été. Le 23 septembre, les sites Nachtichten.ch et News.ch publient une interview de Regula Stämpfli, expert en média et chroniqueuse connue outre-Sarine, que le Tagi citait dans son article.

Il n'y a certes aucun rapport entre l'affaire Hilgebrand et l'affaire Jelmoli, mais dans les un cas l'opinion demande la tête du fautif sans jugement, dans le deuxième cas personne, sinon quelques blogs méconnus ne semble s'être offusqué  de la pression qu'exerce Jelmoli sur la presse en lui retirant son budget publicitaire. Dans un cas, il s'agit bien sûr d'une affaire publique et le délit d'initié est puni par la loi. Blocher fait donner sa cavalerie médiatique et se garde bien de traîner Philipp Hildebrand devant les tribunaux. le peuple est le juge supême, n'est-ce pas.

Dans le second cas, la liberté de commerce autorise évidemment les entreprises à retirer leur budget publicitaire ou à licencier sur le champ un employé qui siffle la faute d'une autorité, tout comme il est normal qu'un entrepreneur prenne des risques au risque de précipiter son entreprise dans la faillite. Il n'y a aucune loi pour condamner ces libertés.

N'empêche que la démocratie fonctionne bien autant grâce à la vertu des institutions et de ceux qui les servent qu'à l'éthique de l'entrepreneur dont les choix devraient être gouvernés par la rationalité économique et non pas le dépit, voire à la décision de ces employés qui font savoir les violation du code que s'autorisent les puissants.

Commentaires

  • En complément à votre article j'aimerai vous communiquer un texte publié par le Tages Anzeiger et repris par le site Euro/topics

    http://www.eurotopics.net/fr/home/presseschau/aktuell.html

    Tages-Anzeiger - Suisse
    Pour Philipp Löpfe, les lanceurs d'alerte menacent la vie privée

    Le débat relatif aux opérations réalisées sur le marché des devises par la femme du président de la Banque nationale suisse (BNS) a également déclenché un débat sur la protection de la vie privée et l'attitude à adopter face à ceux que l'on appelle les "lanceurs d'alerte". La dénonciation et l'intelligence collective sur Internet ne mènent pas automatiquement à une société meilleure, estime l'essayiste Philipp Löpfe dans le quotidien libéral Tages-Anzeiger : "Dans ce nouveau monde numérique, les lanceurs d'alerte sont présentés comme des héros. … A l'ère de l'intelligence collective, ce comportement est toutefois devenu dangereux. C'est ce que montrent l'affaire du président de la BNS, Philipp Hildebrand, et celle du président allemand, Christian Wulff. Celles-ci sont devenues publiques avant même que nous ayons eu le temps de prononcer le mot lanceurs d'alerte. Et comme nous sommes tous des experts instantanés, nous pouvons immédiatement clamer notre désapprobation. Mais si la victime du lancement d'alerte est innocente, elle n'a plus aucune chance d'être réhabilitée. La vie privée est un acquis civique que nous devrions protéger. La combinaison du lancement d'alerte et de l'intelligence collective ne mène pas à une société juste et transparente." (05.01.2012)

    » informations complémentaires (lien externe, allemand)
    Pour en savoir plus sur les thèmes de la revue de presse » Ethique, » Criminalité, » Justice, » Allemagne, » Suisse
    Tous les textes disponibles de » Philipp Löpfe

  • "Blocher fait donner sa cavalerie médiatique et se garde bien de traîner Philipp Hildebrand devant les tribunaux."
    Etrange remarque de votre part. Blocher n'est pas procureur. Cette affaire démontre à plusieurs reprises le manque de culture du droit chez les citoyens suisses...

  • Quand on a les yeux grands ouverts, que l'on ne perd pas du temps aux guignoleries-journalistiques et que gentillement et surement on voit ce qui
    est en train de se mettre en place sur l'échiquier mondial, on comprend ceci:

    L'amérique depuis obama a posé ses pions partout dans le monde qu'elle veut faire couler pour se sauver (hildebrand; sa femme américaine, les banquiers suisses arrêtés, l'or de nos "cavernes" disparu......etc!!!!!)
    Que la Suisse au milieu de l'UE reste un ancrage solide et empêche la chute
    de l'Europe, comme le monde anglo-saxon s'acharne à vouloir le voir disparaitre (Cameron et sa défection).....
    et j'en passe!
    Prenez 2h30 de votre temps, allez sur le blog de Richard Golay et visionner la conférence de Myriet Zaki et Etienne Chouard.
    Après peut-être vous comprendrez mieux de quel bord se trouve M. Blocher; mais
    allez jusqu'au bout du visionnement. Merci pour vous!

Les commentaires sont fermés.