La Julie offre du valaisan à ses nouveaux abonnés, le vin boue dans nos campagne

raisin.jpgTout lecteur attentif de la page du Courrier de mon journal préféré, où est publié aussi un petit extrait de la revue de presse des blogs (l'essentiel de cette revue est visible à cette adresse http://webzine.blog.tdg.ch), tout lecteur donc de la Julie aura lu la lettre de Christine Vocat du domaine Les secrets du soleil à Dardagny.

Sous le titre "Trahie par mon cher journal", la vigneronne nous livre sa consternation: La Julie, sa Julie - enfin son service marketing - offre du vin valaisan aux nouveaux abonnés. "Moi, femme de vigneron, je me sens trahie, déçue, bouleversée..."

Et bien, chère Christine, je pense, moi qui exploite encore quelques ceps de chasselas au pied du Salève, 1) que la Tribune a sans doute fait une bourde, mais 2) que cette bourde ne devrait pas vous bouleverser, mais vous inciter, vous et toute la corporation des vignerons et des encaveurs de Genève Région-Terre et Avenir, à relever un défi.

D'abord, il n'y a pas que Genève qui produise du bon vin, que dis-je, de l'excellent vin...

Je reviens des Automnales qui, au passage m'ont déçu en bien et mérite une visite et pas seulement pour le stand de l'agriculture genevoise - si, il m'arrive de décerner des lauriers.

Nous avons dégusté un Révolution, un gamay vieille vigne élevé en foudre, et le 46.11, un gamaret fin et fruité et encore le Stylet, un merlot en sa quatrième feuille, bref une sélection du domaine de La Planta, votre voisin, excellemment commentée par une oenologue experte Annabelle Anex.

Il n'y a donc pas que les vins de Genève qui soient bons dans ce coin de terre. Il  y a aussi des vaudois et des valaisans. Certes, on ne s'attend pas à ce que 24 Heures offre du genevois à ses nouveaux lecteurs ni que le Nouvelliste offre autre chose que du valaisan, encore que chacun de ces cantons soient divisés en régions qui entretiennent entre elles une jalousie... qui oblige les autorités à de savants assemblages lors des apéros officiels... Genève, mais la Suisse aussi, est un monde en soi...

D'un cerrtain point de vue, la Tribune de Genève montre donc l'exemple, à l'heure où nos autorités cantonales transcendant nos frontières, héritées des siècles et de quelques puissances occupantes et autres congrès internationaux, à l'heure donc où nos gouvernements créent la métropole lémanique et inaugurent un CEVA, il serait temps que nos vignerons montent dans le train.

Et créent le pendant viticole de cette nouvelle géographie de la concordance régionale: je propose ici que les vignerons qui élèvent de Dardagny ou de Soral ( il faut bien ici aussi ménager les suceptibilités) à Salquenen des vins de qualité se fédèrent sous l'appellation Haute vallée du Rhône. Un label qui pourrait s'étendre au Crépy de la Haute-Savoie et aux vins de Seyssel et serait notre ambassadeur dans toute l'Europe et pourquoi pas dans le monde entier. Qu'en pensez-vous?

 

 

PS: Chère Christine Vocat, il y a un domaine Joseph Vocat du côté de Sierre, un parent?

Commentaires

  • Idée intéressante, inaplicable juridiquement, un peu trompeuse vis-à-vis du client car trouver sur un étal, un vin avec cette dénomination et se retrouver à la maison avec du Crépy ou du Salquenen, ce n'est quand même pas la même chose. On a le même problème avec le vin suisse dans son ensemble, nous avons environs 15'000 ha de vigne en Suisse, autant que l'Alsace. Allez vendre à Berlin du vin de ses deux contrées, pour l'Alsace, le client s'attendra à un blanc plutôt fruité voir doucereux et il ne sera pas déçu. Mais mettre une appellation unique sur un territoire si divers que la Suisse avec des terres acides au sud, alcaline ici, du foehn ou pas, des Alpes ou du jura, avec des altitudes variables.... exercice difficile et c'est un euphémisme. En fait, ce qui sauve les vins suisses, c'est justement l'attachement de nos concitoyens à leur bout de terre, leurs origines. Preuve en est tous ces valaisans habitants Genève, travaillants au service marketing de la Julie. On ne peut pas leur en vouloir, il aurait été italien, ils auraient tenté leur chance avec un toscan. C'est humain, maladroit, lamentable diront certains, mais voilà, Genève est une terre d'accueil peuplé de gens bons et parfois un peu.... enfin. Je n'ai pas vraiment vocation d'ambassadeur et donc peu m'importe que mon vin soit bu à Pétaouchnok, je préfère le partager avec mes concitoyens. Pour revenir au problème de fond, il tient en une phrase, pensez global, buvez local !

  • @ Claude-Alain Chollet. merci de votre commentaire. Les vins de la vallée du Rhône (comme ceux du Bordelais, de la Bourgogne du Piémont ou du Chianti) ont tous leur identité et leur étiquette propre. Le label n'efface pas la typicité elle donne une identité supplémentaire exportable dans le monde entier. Casser les frontières politiques cantonales, c'est essentiel au marketing. L'Esprit de Genève est une belle idée, mais elle me paraît plus critiquable car elle gomme visuellement les terroirs. Quant au blog, c'est avant tout une affaire personnel. Il ne faut pas en faire un support de promotion, mais un lieu d'expérimentation et de plaisir de l'écriture. Belle caves ouvertes d'automne!

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