Bannir les petites listes, un délit démocratique?

Les Genevois avaient le choix dimanche. Vingt-deux listes politiques pour le Conseil national, un véritable supermarché. En plus c'était gratuit. Il suffisait de cinq minutes pour détacher le bulletin gris de son choix pour le Conseil national et un bulletin jaune pour le Conseil des Etats, de panacher ou de biffer pour les amoureux de tels ou tels candidats et de glisser le tout dans l'enveloppe qu'il restait encore à poster. Bref un minimum d'effort pour remplir son devoir civique.

Résultat, 135'000 Genevois, 56,3% du corps électoral, on boudé le scurtin fédéral! Notez que les Tunisiens qu'on dit enthousiastes à l'idée de s'autogouverner n'ont été guère plus civique.

A peine plus de la moitié d'entre eux s'était inscrit sur les listes électorales. Pour paraphraser l'ancien directeur du Monde diplomatique Ignacio Ramonet, la démocratie, comme la lecture des journaux, a un coût, exige un effort, Or l'être humain est un brin paresseux.

Ce qui m'interpelle autant que la piètre participation des Suisses qui adorent se voir pour les démocrates les plus avancés du monde, ce que nous ne sommes pas comme nous l'a rappelé récemment un rapport international, notamment en raison de l'opacité du financement des partis politiques, ce qui m'interpelle donc, c'est que seize des vingt-deux listes en lice n'ont pas atteint 3% du corps électoral et plus d'une dizaine n'ont même pas fait 1%. Ces ulta-minorités ont plutôt brouillé le paysage politique et sont peut-être ou même sans doute une des causes de l'abstention.

Bref, la règle qui veut qu'il suffit de faire signer 200 militants pour déposer une liste devrait être renforcée. Il suffirait déjà de supprimer les cartels politiques que sont les apparentements ou pour le moins de créer une sorte de quorum. Les listes qui n'atteignent pas 3% ne sont pas comptées. Du grain à moudre pour les constitutionnalistes d'ici et d'ailleurs.

Commentaires

  • 1. Un candidat ne peut être présent que sur une seule et unique liste. et son nom ne peut y figurer qu'une seule et unique fois.

    2. Un candidat membre d'un parti ne peut se présenter que sur la liste de son parti ou alors il doit le quitter au préalable ET de manière définitive. (histoire d'être cohérent avec lui-meme... et pas prendre les gens et ces camarades de parti pour des c***.)

    3. Une seule et unique liste par parti politique. Pas de liste communes/interpartis/d'alliance (genre "solidarités pour tous", avec un metling-pot de candidats PS, Verts et Solidarités ou "Pour l'amour de l'économie" avc du PLR, du PDC et autre dedans)

    4. Pour les candidats hors parti, on applique la règle n°1.

    Punkt schluss. (à améliorer si besoin est... je suis pas juriste. mais l'idée de base est là)

  • Votre remarque est pertinente.

    Je ne pense pas qu'une augmentation des signatures nécessaires soit la solution, car un samedi à la place du Molard et hop vos signatures sont récoltées.

    Non, il faut tout simplement interdire le sous-apparentement (le fait de faire 2-3 listes du mêmes parti dont les voix se regroupent sur la liste "normale"). On évitera ainsi la liste des jeunes, celles des internationaux, celle des anciens, celles des blonds, celle des myopes, celle des ...

    De plus, même si je trouve que les listes Pirates, du prophète, ... ne servent à rien, elles restent tout de même une ouverture "politique" qui permet à certains d'exprimer leur ras-le-bol.

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