Le retour de la Bible à l'école genevoise

décalogue.jpgCertains radicaux, grands prêtres de la laïcité genevoise, vont-il gober la solution Charles Beerienne? Le ministre de l'instruction de la République devrait annoncer jeudi la manière dont la Bible pourrait faire son retour sur les bancs de l'école. Emoi garanti dans les chaumières. En face cependant, une certaine frustration pourrait s'exprimer. Car leur revendication ancienne, l'enseignement du fait religieux dans l'enseignement public genevois, sera noyée dans les "Grands Texte pour interroger le monde".

Telle est l'expression qui sera consacrée ce 19 mai à 11h45. Elle ne mettra sans doute pas fin au différend qui oppose les laïcistes aux partisans d'un enseignement du fait religieux en bonne et due forme.

Bref comme d'habitude, le chemin de crête est étroit et ne satisfera que ceux qui ont hâte que Genève comble enfin quelque  peu l'inculture des écoliers genevois en matière d'"histoire sainte". Le mot est lâché. J'entends déjà monter les Oh là.

En fait les "GTIM" vont surtout permettre de noyer le poisson. Chaque professeur choisira selon sa chapelle qui Marx, qui Rousseau, qui le Coran, Confucius ou le Mahabharata. Comment voulez-vous que les élèves abordent l'immensité de la sagesse humaine consignée dans les GTIM depuis des millénaires!

A suivre.

Commentaires

  • Depuis 1994, et à dates régulières par la suite, la question de l’enseignement du « fait religieux » occupe le DIP, et cela fait l’objet de discussions au Grand Conseil. L’analphabétisme religieux favorise les peurs, les exclusions, les dérives sectaires. Puisque nulle ignorance n’est utile, une motion a été l’occasion de débats profonds sur ce que devrait être cet enseignement à l’école publique. De ces quinze années de discussions, de commissions, de groupes de réflexion et de rapports divers, il ressort deux éléments centraux :

    1. D’une part, le contexte de laïcité de l’école genevoise : c’est dans ce contexte que la présence des pratiques, des croyances religieuses ainsi que des références historiques et culturelles liées à la religion devront s’inscrire dans l’école publique du canton, et cela dans le but de permettre aux élèves d’interpréter et de comprendre la société dans laquelle ils évoluent. Qu’ils le veuillent ou non, il existe des cathédrales, de la musique sacrée, du gospel, des mosquées, des synagogues, etc. C’est un fait objectif. Ce « fait religieux » interpelle.
    2. D’autre part, il n’est pas question d’instaurer un cours spécifique d’enseignement des religions ni donc d’instaurer une nouvelle discipline. Plus modestement, il s’agit de faire prendre conscience d’une constante des sociétés humaines. Cet enseignement sera intégré, via l’étude de textes fondateurs, aux disciplines qui peuvent l’accueillir. On songe à l’histoire, la géographie, le français, le latin, l’art, l’instruction civique, par exemple.

    Or aujourd’hui on apprend par le DIP qu’il y aura dès la rentrée 2011 un apprentissage aux grands textes fondateurs. Il ne s’agirait plus du tout de « fait religieux » à enseigner, mais d’une sorte de melting pot dans lequel entreraient quantités d’écrits qui, pour être importants, ne sont pas liés, ni de près ni de loin, aux grandes traditions religieuses, voire mythologiques. Il s’agirait de textes qui se trouvent aux fondements culturels, historiques et sociaux et, notamment bien sûr, des cultures religieuses. (Marx, Montaigne, Rousseau, par exemple) Et cela au Cycle d’orientation. On va donc y étudier des textes représentatifs de la diversité culturelle de notre planète ! Rien que ça !

    Cette variété excessive n’est pas de mise au Cycle d’orientation pour la raison qu’elle va provoquer une dispersion, une de plus dans une école qui pâtit depuis longtemps de trop de dispersion. Ce qui manque à l’école n’est pas une information tous azimuts, mais une formation. Cela implique de recentrer l’enseignement et non de l’éparpiller. Ajouter une dimension supplémentaire pour former au fait religieux (disons à cinq grandes religions, 3 monothéistes et 2 autres) et à son influence sur l’organisation sociale est une fort bonne chose. Il faut y souscrire puisque le respect de la laïcité est assuré. En revanche, élargir l’éventail à tous les grands textes fondateurs de l’humanité est un brouillard inutile pour de jeunes esprits rompus au zapping en mal de structure claire. Ce qui manque le plus à nos élèves est un système de références qui leur permette de s’orienter dans un monde complexe : cette formation d’une colonne vertébrale stable ne nécessite pas de leur offrir un menu-dégustation à tout.

  • Peut-être comprendrez vous pourquoi tant de jeunettes bien réveillées elles , créèrent dès les années 56 un mouvement qui deviendrait féministe par la suite nous étions pressées de quitter ce qui allait pousser aux suicide certains jeunes et ce dès leur majorité à 18 ans pour les hommes tandis que d'autres partirent vers les USA qui les enrôlèrent dans l'Armée sitot le pied posé sur sol Américain!être muselés psychologiquement c'était redonner vie au système Prussien ceux ayant connu vous dirait ,ne recommencez pas ce que d'autres ont peut-être aussi payé de leur vie afin de retrouver une liberté de pensées et paroles chèrement acquises pour beaucoup,mais c'était le prix à payer on ne fait pas d'omelettes sans casser des oeufs!

  • Je trouve que pour une fois (et c'est suffisament rare pour le relever) que notre motard pontifex, je voulais dire pontifiant Jean Romain Putallaz marque un point.Autant je suis résolument opposé aux culs bénis bien-pensants et martyrologues défendus par Mabut, autant j'estime que la connaissance du Judéo-christianisme comme un des pilliers de notre civilisation est absolument nécessaire, le marxisme étant probablement une des dernières expression du christianisme après la mort de Dieu.

  • Je pense aussi que la connaissance du Judéo-christianisme est primordiale pour notre civilisation... Il ne faut pas la négliger selon moi.

  • Plutôt d'accord aussi avec Jean-Romain. Mais autant j'aime la moto, autant je déteste l'expression "cela interpelle".

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