Le nucléaire, c'est fini?

carte des centrales nucléaires.jpgQuand on se brûle, on devient plus prudent, mais cesse-t-on pour autant d'utiliser le feu?

Certes, le feu nucléaire est dangereux et ses braises persistantes. Il réclame donc des précautions particulières. Faut-il pour autant le bannir de notre panoplie énergétique sous prétexte qu'un tremblement de terre et un tsunami - c'est lui qui a "éteint" les pompes de secours placées en zone inondable - a détruit trois des six réacteurs de Fukushima? Il n'est peut-être pas inutile de rappeler que la catastrophe n'est pas un accident d'origine nucléaire contrairement à ceux de Three Miles Island et de Tchernobyl.

La gauche anti-nucléaires a le vent en poupe. Les Verts profitent de la peur qu'ils alimentent. Ce matin, Esther Alder, probable comaire de Genève et reine de la bicyclette, relaie dans son blog une lettre de Fabienne Bugnon, qui a renoncé au sien. A la va-vite, la droite joue les pompiers et déclare qu'il faut sortir du nucléaire.

Je n'y crois pas une seconde. Même Genève s'alimente au nucléaire, n'en déplaise à Mme Künzler et aux SIG, spécialistes en marketing mensonger. Sans le nucléaire en Europe, la pénurie d'électricité serait telle aujourd'hui qu'il faudrait construire des dizaines de centrales à charbon, à gaz et à pétrole et durablement supporter une augmentation forte du prix de l'électricité.

Comme le rappelle mon confrère Arthur Grosjean, pas sûr que nos démocraties acceptent de se serrer la ceinture énergétique au rythme requis! Personne n'a encore parler d'un plan Marshall énergétique. Les Grenelles de l'environnement français ont montré la limite des politiques volontaristes. Et ce ne sont pas les écoquartiers que Genève attend depuis des lustres qui vont régler le problème.

L'an dernier, en France, des dizaines de personnes ont péri noyées parce qu'elles avaient construit leur maison dans une zone inondable. En fait le Japon coutumier de violents séismes à répétition a été assez inconscient de construire des centrales sur ses côtes.

Je vous conseille en attendant que notre terre prenne une heure d'avance sur le soleil nucléaire qui nous réchauffe naturellement de méditer sur les centrales nucléaires dont Wikipedia dresse la liste.

 

 

Commentaires

  • ce matin les gens rient de la naiveté de ceux croyant obtenir des informations authentiques de la part des médias relatant cette catastrophe,la simulation dont sont friands tous les japonais habitués au danger,ressurgit surtout qu'une semaine auparavant transmis par TV5 monde les japonais participaient en riant à ce qui était un tremblement de terre fictif,donc entre fiction et réalité c'est comme pour la bible, a chacun sa propre opinion!

  • "soleil nucléaire"

    Je ne savais pas que le soleil était responsable de la présence sur terre d'Iode 131, de Strontium 90 et de Césium 137.

    "Quand on se brûle, on devient plus prudent, mais cesse-t-on pour autant d'utiliser le feu?"

    Cette comparaison est particulièrement stupide. Le feu ne s'attaque pas au patrimoine génétique des organismes vivants. Les déchets du feu se recyclent naturellement. Les déchets du nucléaire ne se recyclent pas et sont des poisons pour les millénaires, si ce n'est les millions d'années à venir.

    Les promoteurs de l'énergie nucléaire n'ont cessé et ne cessent de mentir sur le coût réel du nucléaire, et apparemment ils trouvent des relais pour leur propagande. Où se manifeste le mépris pour les générations futures et un égoïsme forcené : vivent les profits immédiats et après moi le déluge, plutôt que de renoncer à une once de confort et à remettre en question un mode de vie basé sur le gaspillage tous azimuts.

  • Voyons, M. Mabut, si l'origine de l'accident n'est pas nucléaire, cela prouve bien que c'est complètement incontrôlable, puisque les accidents peuvent aussi venir de l'extérieur, et pas simplement de l'intérieur. Par ailleurs, depuis qu'une vague géante a noyé des Français sur la côte occidentale, les Français ont bien revu leurs autorisations, quant à la présence de maisons sur cette côte. Enfin, les dégâts provoqués par la vague directement sont bien suffisants: faut-il qu'il y ait en plus les dégâts provoqués par les usines détruites par la vague?

    Cet exemple du Japon prouve qu'il est impossible de contrôler le nucléaire: on a dit que pour Tchernobyl, la faute revenait aux hommes; mais pour Fukushima, la seule responsabilité qui reste, c'est de l'avoir construite, cette centrale. La vérité est que ceux qui pensent qu'un objet peut être considéré sûr si on s'en occupe bien ont de la vie une philosophie complètement fausse. Car il est évident que la médecine n'empêchera jamais la nature de faire mourir les gens, et que la nature peut à tout moment endommager une centrale nucléaire. S'appuyer sur le passé ne sert à rien. La nature ne se répète pas forcément à l'identique. Le droit des gens doit donc intégrer le caractère inéluctable des dégâts provoqués aux centrales nucléaires par la nature, et rendre obligatoire non pas simplement la précaution maximale, mais des possibilités pratiques de réparation des centrales endommagées. Il est invraisemblable que l'on soit obligé d'inventer la fiction de l'invincibilité des centrales nucléaires ou de tout autre objet fabriqué par l'homme pour ne pas avoir à s'occuper du droit des travailleurs qui s'occuperont de réparer les dégâts. La fiction de l'invincibilité des centrales nucléaires, on peut la rapporter à l'infaillibilité du Pape, ou à l'infaillibilité supposée et en réalité fictive des Etats souverains. Les Etats se croientr assez infaillibles pour doper le Progrès sans regarder aux conséquences, et quand les effets se manifestent, ils proclament leur bonne foi. Qu'est-ce que cela veut dire? Les travailleurs qui réparent les centrales nucléaires ne sont pas des héros: ce sont des martyrs. Les Etats sont bien coupables. Maintenant, ils disent qu'ils ne le sont pas, parce que c'est la nature qui l'est et que l'accident n'est pas d'origine nucléaire? Mais le droit ne tourne pas à vide: il part bien des réalités, et la réalité, c'est que la nature n'est pas soumise à l'être humain; qui l'ignore?

  • @Johann : "soleil nucléaire" : bien sûr ! Et pas seulement (évidemment) par son mode de fonctionnement, mais aussi par les radiations auxquelles il nous expose. Assez faibles au sol (protection de l'atmosphère), ces doses augmentent fortement en altitude, et les pilotes de lignes et hôtesses de l'air (et les gens prenant fréquemment l'avion !) reçoivent une irradiation substantielle. Une autre (petite) contribution est l'irradiation interne que nous subissons par le carbone-14, également produit par le rayonnement cosmique. Pour plus d'informations :

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Radioactivité
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Irradiation

    Cela dit, les rayonnements ionisants du soleil ne sont ni la source la plus importante de l'irradiation des gens (c'est le radon), ni le principal "défaut" du soleil (cancer de la peau, ≈200 morts/an en Suisse, selon l'IARC)...

    Pour les anxieux, la radioactivité est mesurée en permanence dans notre pays par plusieurs réseaux, notamment le NADAM, dont les données actualisées sont librement disponibles :

    https://www.naz.ch/fr/aktuell/tagesmittelwerte.shtml

    N'importe qui peut se faire une idée objective des radiations dues aux centrales nucléaires en comparant les valeurs pour Beznau, Gösgen, Leibstadt et Mühleberg avec les autres stations de mesure dans la liste... et en suivant l'évolution des valeurs dans le temps pour essayer de détecter les effets du "nuage de Fukushima" (négligeables, mais ceux qui ne le croient pas peuvent toujours vérifier).

    Au fait, du moment qu'on arrête le nucléaire, pourquoi pas démanteler les barrages (18'000 morts ces dernières décennies) ?

    http://www.risquesmajeurs.fr/le-risque-de-rupture-de-barrage

  • Mais qui meurt de devoir réparer les barrages rompus?

  • "La fiction de l'invincibilité des centrales nucléaires, on peut la rapporter à l'infaillibilité du Pape, ou à l'infaillibilité supposée et en réalité fictive des Etats souverains."

    La seule infaillibilité dans cette histoire est celle des profits. Quant à la responsabilité des compagnies comme tepco, on pourra voir qu'elle sera très faillible.


    "@Johann : "soleil nucléaire" : bien sûr !"

    Oui, bien sûr. Comme la radioactivité naturelle, etc. Mais la vie a toujours fait avec et s'en accommode fort bien depuis son origine. Vouloir nous faire croire "soleil nucléaire" = centrale nucléaire sur terre est intellectuellement malhonnête, d'où ma remarque que visiblement vous n'avez pas comprise.

  • Mais les Etats, en s'impliquant à ce point dans l'économie, sont devenus des entreprises dont l'objectif est le profit. Car pour ce qui est de l'électricité, la nationalisation masque la réalité: celle, d'une part, d'une politique agressive pour faire utiliser de l'électricité aux citoyens; et, d'autre part, d'une concurrence entre Etats qui ressortit pleinement à la vie économique. Même la prétendue indépendance énergétique recherchée par les Etats souverains ressortit en réalité à la concurrence économique que les Etats mènent entre eux au travers de leurs industries nationalisées. Comment dès lors impliquer au même degré ces entreprises que celles dont les Etats ne dépendent pas pour leurs revenus?

  • Je ne vais pas revenir sur l'entier de votre intervention M. Mabut, tellement elle est à côté de la plaque. D'autres ci-dessus l'ont déjà très bien démontré.

    Quand même deux choses.
    "En fait le Japon coutumier de violents séismes à répétition a été assez inconscient de construire des centrales sur ses côtes."

    Oui, bien entendu. D'ailleurs les pro-nucléaires se sont vite moqués en disant qu'un tsunami n'était pas possible en Suisse. C'est vrai. Par contre de grosses vagues destructrices c'est possible. Il y en a d'ailleurs déjà eu, certes il y a très très longtemps, sur le Léman provoquant dégâts et victimes jusqu'à Genève. Mais pour revenir aux centrales, il y a par exemple celle de Mühleberg, construite à env. 500 mètres d'un barrage. Les chiffres données dans Temps Présent jeudi passé indiquent qu'en cas de rupture une vague de 6 mètres pourrait envahir la centrale nucléaire. Alors oui, selon la définition ce n'est pas un tsunami, mais cela prouve que les suisses sont visiblement tout aussi inconscients que les japonais.

    "Même Genève s'alimente au nucléaire, n'en déplaise à Mme Künzler et aux SIG, spécialistes en marketing mensonger."

    Merci de prouver ces déclarations M. Mabut. Jamais les SIG n'ont prétendus qu'il n'y avait pas d'énergie nucléaire dans le réseau genevois. Ils n'en achètent pas, nuance. C'est ce qu'ils ont toujours dit et ceci est vérifiable. La présence d'électricité d'origine nucléaire sur le réseau genevois est tout simplement indissociable d'un réseau interconnecté comme le réseau suisse d'une part et surtout européen d'autre part, d'autant plus que dans la prise il est impossible de dissocier de l'électricité d'origine nucléaire ou solaire.

    Si ce sont des notions que M. et Mme Toutlemonde peuvent avoir un peu de peine à assimiler, on se serait attendu à ce qu'un journaliste prenne la peine de connaître son sujet pour être en mesure de l'expliquer correctement à ses lecteurs. Ici c'est loupé !

    @zamm:
    "Au fait, du moment qu'on arrête le nucléaire, pourquoi pas démanteler les barrages (18'000 morts ces dernières décennies) ?"

    Oui, les barrages sont également dangereux. A l'exception peut-être de celui évoqué ci-dessus à proximité de Mühleberg, on peu chiffrer avec plus ou moins de précision le bilan en cas de catastrophe. C'est un risque mesuré. Ce n'est pas du tout le cas avec le nucléaire, contrairement à ce que prétendait un envoyé du lobby nucléaire dans Infrarouge. Il est tout à fait impossible d'estimer le taux de mortalité en cas de catastrophe nucléaire. Et je ne parle même pas des effets à long terme, qui s'étalent sur des générations ! Les victimes de Tchernobyl ou des essais nucléaires sauvages en payent encore le prix et le payeront encore très longtemps.

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