Amnistie, régies fusionnées: les Genevois divorcent d'avec la majorité de leurs élus

13 fév 11 ge armes amnistie.jpg13 fév 11 ge armes.jpgGenève fera sans doute exception, avec quelques autres villes suisses. Le canton a dit oui, fortement, à l'initiative des femmes qui voulaient refuser à leurs hommes le droit ancestral de revenir à la maison avec leur arme de service. Les Genevois ont accepté l'initiative par 61%. [cliquez sur l'image de gauche pour voir le résultat et ici pour le détail par commune]

En revanche, les Genevois ont refusé assez nettement le projet d'amnistie fiscale proposée par la majorité de droite du Grand Conseil. Ils ont également renvoyé sa copie au Conseil d'Etat à majorité de droite qui voulait fusionner quatre régies publiques en une régie mamouth. Les PME du bâtiment qui pouvaient craindre du mammouth d'être moins bien considérées ont sans doute fait pencher la balance en faveur d'un non défendu par les défenseurs des locataires. [cliquez sur l'image de droite et ici pour les résultats par communes]

Ce vote qui désavoue le gouvernement et le parlement intervient à un mois exactement des élections municipales. Il en dit long sur le divorce des partis de l'entente - PDC et radicaux libéraux - avec les citoyens. La cacade de la régie publique cantonale a peut-être incité les ultimes électeurs d'un scrutin qui aura duré plus de trois semaines - c'est beaucoup trop long - à sanctionner le Conseil d'Etat et son président Mark Muller, ex secrétaire de la Chambre genevoise immobilière.

En ville de Genève, seuls quatre des dix-sept arrondissements électoraux ont dit oui à l'amnistie fiscale. Le projet clairement rejeté par la gauche et soutenu par toute la droite MCG et UDC compris a sans doute fait l'objet d'un rejet d'honneur et d'humeur de la part de nombreux électeurs de droite, heurtés par la mansuétude à l'égard des fraudeurs du fisc quand en d'autres infractions, la main de la justice est lourde et aveugle.

Pour ne pas l'avoir compris, les libéraux qui avaient connu le succès sur des projets de baisse d'impôts ont conduit leur camp à la déroute. Un échec qui risque de coûter très cher lorsqu'il s'agira de convaincre les Genevois de baisser les impôts des entreprises sous la pression de l'Union européenne.

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