Euthanasie: Exit a gagné

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"Pour moi, que ce soit la personne ou le médecin qui donne le produit, ça ne fait aucune différence." C'est Zass77 qui le dit sur le site de l'émission Infrarouge.

L'émission d'hier soir était excellente, parfaitement animée par Elisabeth Logean, dont la fragilité apparente contraste étonnamment avec la pugnacité agressive d'Esther Mamarbachi. Sans doute le doit-on aussi à la qualité des intervenants - des professionnels du sujet et des témoins remarquables. Ils ont eu le temps d'exposer leur point de vue, sans s'interrompre. Ils l'ont fait avec mesure, conviction laissant à peine percer ce bouleversement que provoque la mort d'un être humain.

Cette sérénité, c'est aussi la victoire d'Exit. L'opinion publique évolue rapidement. Rarement on a eu droit à un débat aussi fort et aussi documenté de témoignages très récents sur ce sujet du suicide assisté. Un grand moment de télévision, hélas diffusé un peu tard.

Si la mort choisie via Exit est en générale douce, c'est que l'événement est affronté depuis longtemps, qu'on a pu en parler et en reparler sereinement, que le processus de deuil comme on dit a eu le temps de se faire. Que l'ultime geste en finit par être anodin, tant il a été intériorisé, déculpabilisé. Or ce geste ultime, s'il est le fait d'un tiers et c'est un meurtre, une euthanasie ou par le souffrant et c'est un suicide assisté. La grande hypocrisie? Sans doute quoi qu'en disent les théologiens et les médecins du plateau de la TSR, dont le pire fut sans doute Nicolas Beticher, un confis de préciosité derrière son col romain.

L'éthicien protestant Denis Müller tentait lui au moins de répondre aux questions, quand le quasi prélat de Fribourg se réfugiait derrière l'agonie de Mgr Genoux.

Entre le meurtre et le suicide, les articles 115 et 114 du code pénal - que la télévision aurait pu projeté plutôt que les dessin de Mix et Remix pas toujours du meilleur tonneau - le point d'inflexion est sans doute cardinal. Je comprend bien le point de vue de Denis Müller. Le théologien dit qu'il ne faut pas remettre en question la législation actuelle, laquelle qualifie donc de meurtre le suicide assisté actif, celui où l'assistant ne fait pas que de tendre le verre au souffrant, mais l'aide à boire ou bascule lui-même l'interrupteur de l'intraveineuse comme dans le cas de Neuchâtel.

Certes mais le Dr Soguel n'a pas tort de plaider pour le modèle néerlandais qui substitue au tribunal une commission de sage qui serait alertée de toute assistance au suicide et devrait a posteriori en examiner les conditions afin de tenir le garde-fou serré, sans passer par un processus judiciaire. Le problème est qu'en Suisse changer la loi expose le pays à une votation populaire. Et alors? Il a bien fallu s'y reprendre à plusieurs fois pour autoriser en droit suisse l'interruption de grossesse, que Jérôme Soguel a citée comme un cas semblable à la phase finale de la vie, au grand scandale du Genevois Gilbert Zolian. Pourquoi donc M. Zolian?

Excellent débat donc, sauf qu'à lire les commentaires, il manquait la réalité vécue par les infirmières et les médecins aux prises tous les jours avec la fin de vie.

La TSR donne des liens utiles sur le sujet

Sur le sujet, j'ai lu trois magnifiques billets dans la blogosphère de la Tribune

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Commentaires

  • c'est un soulagement aussi pour le personnel soignant ,il faut avoir travaillé dans les soins pour se rendre compte de la pression faite aussi à leur encontre,et combien d'entre eux se retrouvent en soins psychiatriques mais comme patients à leur tour,et je pense en particulier à tout le personnel ayant travaillé dans les soins intensifs d'un établissement fermé pour cause de vétusteté,quand à l'hypocrisie,il est temps de cesser. combien d'avortements faits aussi par des médecins,avortements mis sous scellés!et combien de ces médecins payèrent le prix fort aussi ,rien n'est simple en médecine et l'état se pare comme d'habitude du fameux voile de l'innocence comme la balance,mais il faut du rendement ,bien entendu!
    bien à vous et bonne journée

  • Depénaliser l'euthanasis,
    c'est dire oui a la
    mort prédetermineée en psychiatrie.

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