Des tours vertes à deux pas du centre de Genève

building rotatif.pngToutes les villes qui manquent d'espace construisent en hauteur. Construire la ville en ville offre des gains écologiques évidents, ne serait-ce qu'en réduisant les temps de tranpsort, mais aussi économiques - les habitants peuvent se passer de voitures - et culturelles.

  • Pour n'avoir pas sur proposer des solutions de délocalisation aux habitants des villas de la zone de développement  3 dans des villages existants ou à créer,
  • pour n'avoir pa su proposer une urbanisation en grande hauteur dans ces quartiers - quelques gratte-ciel locatifs et maraîchers, sis aux carrefours, permettraient de densifier la zone sans obliger toutes les villas à disparaître,
  • pour n'avoir pas su mettre en oeuvre une politique foncière d'acquisition des terrains en zone agricole - l'Etat pourrait lancer une offre publique d'achat limitée dans le temps. Je suis sûr que nombre d'entre eux seraient prêts à céder des parcelles à 100 francs le mètre carré. De quoi créer un fonds d'échange,
  • pour n'avoir pas tempéré la sacro-sainte garantie de la propriété privée à l'aune du bien commun  -il n'est pas tolérable que les propriétaires encaissent seuls ou presque la plus-value foncière que génèrent l'activité de tous,

Genève en est réduit à entamer sa zone agricole. Il est vraisemblable que les 58 hectares sis le long de la route de Base sur les communes de Plan-les-ouates et de Confignon seront déclassés.

Cherpines plo.pngMark Muller qui a accepté de renégocier le projet de loi de déclassement du PAV avec Grobet et les syndicats à la suite du préavis négatif de la Ville va sans doute jouer son va tout sur le dossier des Cherpines [cliquer sur l'image pour l'agrandir]. Il devrait l'emporter. On délocalisera plus facilement les cardons épineux de Plainpalais que les villas de la ceinture urbaine.

En trois siècles, les cardons ont déjà migré deux fois: de Plainpalais à La Praille et de La Praille - où l'on a fait descendre le train dans l'illusoire idée de créer un port fluvial à la queue d'Arve - à la plaine de l'Aire. A moins que l'Asloca ou l'AVIVO ne bascule dans le camp des jardiniers des Charrottons et des paysans fermiers.

Que le fleuron des maraîchers genevois poussent à Lully ou à Viry et même à Chambéry ou ailleurs n'a aucune importance. Il vaut sans doute mieux, en attendant la densification de la couronne urbaine de Genève, planter des immeubles aux Cherpines, aux Esserts à Veyrier, aux communaux d'Ambilly, en face de Balexert, qu'en France voisine. Ce sera toujours ça de gagner en réduction du trafic des voitures.

Commentaires

  • Hello Jean-François,
    Voilà quelques questions qui redonne un coup de fouet au débat sur les stratégies d'aménagement du territoire, dont le projet d'agglo s'y est fortement employé et impliqué comme tu le sais. Les réponses sont multiples, et donc les contradictions aussi. Dans le cas des Cherpines les verts et les autres partenaires du référendum n'entendent pas cette contradiction: Genève draine 75% des emplois mais n'assume pas sa part (50%) à laquelle elle s'est engagée en 2007 lors de la signature de la charte du projet d'agglo. Ce référendum est dangereux car il peut faire basculer le début de confiance que nous avions commencé à construire avec nos amis français et vaudois. Si d'aventure la majorité des genevois refuse le déclassement des Cherpines (prévu dans la mise à jour 2009 du plan directeur cantonal 2001) on peu tout ranger dans les tiroirs, et, "vu du Salève", on pourra observer le scénario le plus négatif : le laisser faire !
    Je reste convaincu qu'il y avait d'autre manière de discuter du projet lui-même que par le jeu politique traditionnel genevois. Mais cette culture est malheureusement pas à l'ordre du jour. Et les choses vont encore se compliquer, car le projet choisi lors de la procédure MEP ne concorde pas avec les postulats du plan paysage du projet d'agglo (voir Cahier N° 3 le projet d'agglo et ses mesures (www.projet-agglo.org). Le projet qui postulait sur une coexistance entre urbanisme et agriculture a été écarté à la finale... (voir le rapport du collège d'expert accessible sur la plateforme du DCTI).
    On dira que pour l'instant il s'agit du principe de déclassement, certes, mais peut-être que le Grand Conseil aurait du attendre l'élaboration du Plan directeur de quartier (PDQ) pour justifier du dit déclassement. Ca semble être l'argument des vert. J'ai effectivement des doutes sur leur argument, (le discours anti croissance refait surface... et une politique protectionniste qui va avec). Peut-être que cette crise du logement arrange finalement beaucoup de monde, non ? Dans l'intervalle on surélève la ville et on bourre les cours faute de place ailleurs. Si c'est cela faire de la ville il y a de quoi s'inquiéter.
    Il nous faut donc reprendre la plume, l'argument, le verbe, le dessin peut-être et expliquer comment aujourd'hui on peut organiser spatialement la densité (le nombre) et connecter les espaces ouvert de la ville et sa périphérie avec les pénétrantes de verdure du Rhône, de l'Arve, de l'Aire et bien d'autre encore.
    Une suggestion peut-être, demander au Conseil d'Etat de négocier avec les référendaires un projet autrement (il y en a quatre sur la table) et revisiter les critères dans le cadre de l'élaboration du PDQ. Mais ne rêvons pas, la machine politique est lancée... le problème est de savoir comment il faudra l'arrêter pour répondre à ce nouveau défi qu'est la construction de 50'000 logements à Genève à l'horizon 2030.
    A bientôt pour en reparler, certainement. Avec mes cordiaux messages

  • Une précision encore: la répartition des emplois sur l'agglomération FVG est de 75% sur territoire suisse contre 25% sur France. Pour le logement c'est l'inverse 25% de logement sur Genève 75% sur France.
    Vous pouvez télécharger le Cahier N° 3 sur le projet d'agglo et ses mesures : www.projet-agglo.com (et non sur projet-agglo.org comme indiqué ci-dessus)

  • Cher Marcellin, merci de ton long et bien intéressant commentaire. Rassure-toi, après bien des hésitations, j'ai basculé dans le camp des pro-déclassement aux Cherpines pour les raisons que tu dis, mais aussi parce qu'il est urgent et indispensable de réduire la pénurie de logements, pénurie qui fait le beurre des rentiers et des propriétaires sur le dos des nouveaux acquéreurs et des locataires.
    Nous devrions pour cette seule raison retrouver le courage et l'audace de ceux qui ont bâti les cités satellites dans les années 50 et 60. Le temps c'est de l'argent. Cependant malgré les efforts de Marc Muller personne n'est vraiment prêt à faire les concessions et les sacrifices qui s'imposent: les verts, les voisins, les communes, les promoteurs, la SIA (qui ne réforme pas ses normes), les propriétaires et les financiers, tous restent accrochés à leurs intérêts.

  • Bonjour,

    Je me permets de commettre quelques lignes pour pimenter un débat dont la fadeur vient peut-être du fait que vous êtes les deux du même avis...
    - Effectivement, le projet d'agglo (même si lien proposé ne fonctionne pas) cherche logiquement à augmenter les emplois en France. Or, même si les médias "oublient" souvent de le mentionner, il faut rappeler que le déclassement des Cherpines réserve 23% de zone agricole, c'est à dire presque autant que la zone de logement présumée, vu qu'il semble y avoir unanimité pour utiliser la partie orientale pour construire un grand centre sportif... Cela est en contradiction flagrante avec le projet d'agglo, et est d'autant plus grave que la zone industrielle genevoise est très peu dense (immenses parkings vides, parcelles en friche...)
    - En ce qui concerne les "concessions et les sacrifices qui s'imposent". Là aussi, je suis d'accord sur le principe. Mais vous êtes bien obligés de reconnaître que jusqu'à maintenant, ce ne sont QUE les agriculteurs qui ont cédé, vu qu'aucun déclassement jusqu'ici n'a été contesté par référendum. Les blocages sont en aval, pour des raisons rarement glorieuses, qui sont le plus souvent le fait de symapthisants des idées de Mark Müller (milieux immobiliers, municipalités de droite,...)
    - Quand on accuse les gens d'être accrochés à leurs "intérêts", il faut s'entendre sur le sens du mot. A titre personnel j'ai de l'intérêt pour l'agriculture de proximité et, mais je n'ai pas "des intérêts" dans ce domaine (Je n'habite pas sur la zone et n'ai aucun revenu lié à cette activité). Mes partenaires et moi-même agissons bénévolement pour défendre des valeurs dont la prétention altruiste est difficilement contestable (Nous estimons en effet qu'il est immoral de se nourrir grâce à des produits dont l'impact social et écologique est de l'avis de chacun terrible). Nous comparer aux propriétaires de villa qui craignent de devoir côtoyer des plus pauvres qu'eux n'est pas très sérieux.

    Merci à Jean-François Mabut de générer le débat, même s'il n'est pas (encore...?) convaincu de la pertinence de nos arguments et merci d'avance à tous ceux qui l'alimenteront intelligemment, quelle que soit leur position, au cours des mois à venir !

    Cordialement.

    Julien Nicolet

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