L'iPad, Alain Jeannet et Charles Beer

c'est la rentrée.jpgAlain Janet, le réd en chef de l'Hebdo, signe son édito de rentrée du 26 août: "Cette semaine, l'Hebdo lance son application iPad". Un édito pour une ardoise électronique, titré "Changement d'ère". Rien que ça!

On n'image pas que le réd chef a reçu la bête gratos. La raison tient à cette phrase: "Il suffit de l'avoir utilisé pendant quelques jours (et se l'être fait constamment chouraver par sa descendance) pour se convaincre qu'on ne tient pas dans la main n'importe quel jouet informatique." Je peut en témoigner, mais prétend que c'est justement le côté ludique et relativement spontané qui fait reculer la frontière de la technopathie ou -phobie.

Ce lundi, c'est la rentrée des classes à Genève, un canton dont les résultats au test PISA - tient ça fait quelque temps qu'on n'en parle pas - ne sont pas renversants. Le patron des maîtres d'école, Charles Beer, a tenu sa traditionnelle conférence de presse de rentrée jeudi 26 août.

Pas un mot sur l'iPad, pas un mot non plus sur l'accès à internet de chaque élève, ni sur l'équipement des écoles en PC, ni sur les didacticiels et autres TICE (et ). L'école genevoise comme beaucoup d'écoles publiques continue de vivre en dehors du monde. Pour un canton qui, il n'y a pas si longtemps, accueillait le Sommet mondial de la société de l'information et son Fonds munérique pour l'équipement des pays du sud...

"Le papier est irremplaçable", écrit Janet, qui s'y connaît. "Il faut voir l'iPad comme un complément des médias imprimés."  On en reparlera dans cinq ans quand seront largement diffusées si l'on en croit un récent papier d'El Pais reproduit via Courrier international par l'édition actuelle de Bilan, les feuilles en graphène, un matérieau souple qui devrait renvoyer nos écrans plats à l'âge de la pierre, pardon du silicium. (lire aussi ici et ).

Mais revenons à notre DIP chéri.

Par les hasards des rencontres, j'ai demandé à un prof d'informatique ce qu'il enseignait aux jeunes du Cycle et de l'Ecole de commerce et quel était le socle des connaissances que devait avoir acquis un ado en matière informatique au sortir de l'enseignement obligatoire. La réponse m'a laissé songeur. Le socle de connaissances n'est pas clairement défini. Elles sont comparables à celles qu'on demandait naguère aux élèves conducteurs quand l'électronique n'avait pas encore pris le contrôle de leur voiture. Bref, on connaît vaguement quelques règles de conduite, mais tant qu'on n'est pas au volant. Même topo avec l'informatique, il faut équiper chaque élève du canton d'un ordineur.

Quel est le plan à cet effet? Piqué au vif, mon enseignant tapota quelques questions sur mon iPad et sorti à ma grande surprise ce rapport du Conseil d'Etat sur le sujet.

Le rapport 1157 B

informatique école motion 1157.jpgIl s'agit d'une réponse datée du 10 janvier 2007, signée par Charles Beer. Le magistrat répond à une question de deux députés remontant à... l'an 2000. Hervé Dessimoz et John Dupraz demandaient au Conseil d'Etat de définir une politique claire en matière d'enseignement de l'informatique à tous les échelons de la scolarité. [cliquez sur la vingette à droite pour lire leur motion et sur le sous-titre ci-dessus pour accéder au rapport]

Treize pages de verbiage plus loin, on peut lire cette conclusion, qui renvoie à une question: où en est-on quatre ans plus tard?Un plan d'action a-t-il été défini? Des moyens dégagés? En tapant Mitic Dip sur Google on obtient ceci. Pas très encourageant!

En début d'année, une vaste enquête a eu lieu dans les Cycles. Aujourd'hui, il suffirait de deux ou trois cents francs pour équiper les élèves.

Mais le monstre nous a habitué à résister aux nouvelles technologies. Souvenez-vous de la guerre du stylo bille contre la plume à encre, de la calculatrice électronique contre la règle à calcul. L'ordinateur n'est pas la panacée, mais s'en passer aujourd'hui revient à fabriquer des chômeurs.

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Commentaires

  • Eh oui mon cher Mabut, pendant que vous vous démenez pour faire entrer le canton de Genève dans l'ère de la communication numérique. une nouvelle est tombée hier sur la RSR : la commune de Fish désespérée par la fonte du glaciera a demandé à Benedikt 13 et 3 de pouvoir inverser les voeux initiés au 17ème siècle qui demandaient à ce que l'Aletsch recule.Car non contents de prier ils leur fallaient encore l'aval du St.Siège pour sans doute garantir l'effet de cette suplique. Non cette histoire ne se passe pas dans les contrées reculées du Yemen ou au fin fond de Khorassan iranien mais à 180 Km du CERN. Aucun commentaire dans la presse ou sur ce blog pour se demander si le catholicisme est compatible avec le modernité ou la démocratie, aucun pasteur indien pour mettre au défis les évèques de prouver leur attachement à la science, aucune fatwa du grand mamumuchi PDC belgo--vaudois pour condamner de pareilles âneries, aucun pesudo-philosophe pour en appeler au catholicisme des Lumières. j'imagine que notre provincial et plumitf Descaillet depuis les tréfonds de sa misère intellectuelle nous assènera encore ses "réflexions" sur l'ivresse sublime des cimes sur les esprits terriens et la coulée incandescente de l'esprit saint sur l'âme tourmentée des pêcheurs granitiques. Alors voyez-vous mon cher Mabut, si l'Ipad sert à propager des dispenses et des bulles papales, je préfère autant le papier, on peut y emballer le poisson.

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