Une heure par semaine pour la République! Décaillet président

décaillet 7-8 titre.pngCe matin, sur Radio Cité, Pascal Décaillet a réuni une brochette de constituants, comme avant chaque session plénière de la noble assemblée. Ils ont débattu - sous la pression du temps - de l'augmentation ou de l'abaissement du nombre de signatures nécessaires à la libre expression de la volonté du peuple souverain grâce aux instruments du référendum et de l'initiative populaire.

Personne n'a évoqué le républicain James Fazy, qui a instauré à Genève, en 1847, un régime parlementaire représentatif et un exécutif fort. Le grand radical aurait sans doute été effrayé par les propos de la majorité actuelle d'augmenter le recours au référendum et aux initiatives. Ce n'est pas encore le gouvernement par la rue, mais peut paraître comme un risque de blocage des institutions, à Genève en particulier, où les petits partis minoritaires n'hésitent pas à recourir à la démocratie directe pour faire entendre leur voix voire pour renverser un vote de la majorité. Deux remarques à ce sujet:

  1. Pourquoi réunir 80 élus en plénière chaque semaine de 14h à 23h, si le débat des chefs au micro d'un journaliste évoque, au fond, l'essentiel des arguments et permet sans peine de deviner l'issue du vote, cela dans une enceinte, un studio de radio en zone industrielle, dont l'audience est sans commune mesure avec celle de la salle du Grand Conseil même relayée en différé par les caméras de Léman Bleu? Une question que les élus de tout bord et les démocrates du XIXe siècle rejetteront sans doute sans débat.
  2. Quelle est cette maladie qui semble affecter la majeure partie du corps social qui veut tenir les élus par une bride courte et donner au peuple souverain, ultime recours, omniscient, sage toujours, le dernier mot, sur tout, dans l'instant? Le populisme sans doute. Mais aussi l'utopie d'une Landsgemeinde virtuelle. Chacun avec son smartphone en train de voter chaque fin de semaine. Une procédure de vote obligatoire. Une heure citoyenne pour la démocratie populaire. Une constituante, un Grand Conseil, un Conseil municipal enfin en prise directe avec le peuple. L'assurance du bien commun?

A noter qu'aucune proposition de cette nature n'est sortie de la commission des droits politiques de la Constituante pour moderniser le débat civique, augmenter la participation populaire, exploiter les nouveaux modes de communication et de traitement de l'information dans le but d'améliorer la formation de l'opinion publique et la capacité du peuple souverain de s'insérer dans la gouvernance commune.

Le recours à l'internet, aux forums citoyens, à la démocratie participative électronique, aux procédures de consultation en ligne (une heure par semaine pour la République), aux sondages, toutes formes parmi d'autres qui permettraient l'accélération des processus politiques et le raccourcissement des délais parlementaires et populaires.

La politique suisse et genevoise prend parfois des lustres pour élaborer et faire adopter une politique.

 

 

 

 

 

 

Commentaires

  • La politique prend des lustres mais la société civile politicienne prend aussi des lustres pour refaire la Constitution à grand frais pour finalement déboucher sur le changement de 4 lignes et une votation populaire par gagnée d'avance. Internet aurait été beaucoup efficace. Une Constitution en ligne avec inscription des citoyens qui voteraient aux questions dans le style QCM : voulez-vous changer, ajouter ou effacer ceci ou cela ? OUI-NON et ainsi de suite et le plus nombre de réponses acceptées l'emporterait.

  • La morale de tout cela, est-ce que c'est que Radio Cité donne un meilleur aperçu des idées galopant dans la tête des élus-constitués-sénateurs Dimier, car elle les prend à froid au matin ? Il est en tout cas très intéressant d'écouter l'émission du susqualifié dans un embouteillage et de jurer voire pester sur les propos de certains, plutôt que s'endormir sur les images télévisées des sessions du Grand Conseil sur Léman Bleu. Zapper sur la télé, c'est facile. Se détacher de l'écoute d'interviews bien menées, c'est difficile. Vive les podcasts, pour tout re-écouter!

  • Decaillet est sans doute le plus mauvais journaliste de sa génération. La prose enflée et approximative (pense qu'utiliser des métaphores grandioses renforce son propos), le verbe accusateur, la complaisance pour les partis de la droite dure, la propension communautariste grégaire (Oh mon valais..), la servilité devant le pouvoir bref le microcosme de radio cité est un royaume à sa mesure ou son pédantisme et son absence de culture historique font merveille. Pascal Descaillet c'est le michel Dénériaz de l'actu. Lourdingue et d'une fatuité sans concurrence.Que l'on congédie bien vite ce sinistre représentant du PAR.

  • anastase

    je suis desole pour vous , vous me faites de la peine......

    peut on vous aider ??

  • je vois que nous avons ici un fervent suporter de notre imprécateur radiophonique. Merci René de votre bienveillant soutien.

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