Echec aux blogs: J'ai un petit problème du côté de ma déontologie

edito impressum nov.jpgC'est un grand mot, je sais, voire un gros mot. Un peu comme le respect. Tu me dois le respect n'a pas toujours, dans la bouche d'un ado, le même sens que le fameux slogan inventé par l'ancien maire d'Avusy, devenu Monsieur intégration à Genève: "Le respect ça change la vie", qu'on entend peu dans cette campagne des minarets.

C'est en lisant un article publié dans la dernière livraison d'Edito, le magazine des médias, édité par Impressum (les journalistes suisses), le syndicat corporatiste des journalistes suisses, que la question de la déontologie m'est apparu à deux vitesses (au moins). Que vous soyez journaliste justement ou simple quidam et le silence de la presse ne s'exprime pas de la même manière. Je m'explique.

Il s'agit de l'affaire des otages suisses en Libye dont la presse parle énormément. Et bien, j'apprends en lisant l'article "Echec aux blogs"... [cliquez sur le lien pour lire l'article entier]

que la presse s'est tue tant que le journaliste David Rhode est resté prisonnier en Afghanistan. L'enlèvement en novembre 2008 de ce reporter du New York Times à qui ses pairs ont décerné le prix Pulitzer en avril dernier est resté secret jusqu'à sa récente évasion, par la volonté de la presse qui craignait qu'une surenchère et notamment la publication quotidienne de sa photo dans les journaux n'excitent ses ravisseurs et lui promettent une fin tragique.

Même les blogs se sont tus, écrit Guillaume Henchoz. "Seules quelques agences de presse afghanes et pakistanaises semblent avoir diffusé des informations sur cet enlèvement. Pas suffisant pour remonter jusqu'à l'opinion publique publique occidentale."

Un premier constat dès lors s'impose poursuit le journaliste indépendant qui signe l'article d'Edito: il est certes difficile mais encore possible d'organiser un blocus efficace autour de l'information.

Que ne l'a-t-on pas fait dans l'affaire libyenne? je vais interpeller mon médiateur préféré Daniel Cornu et le président du Conseil suisse de la presse Dominique von Burg à ce sujet, tous deux anciens rédacteurs en chef de la Tribune.

edito rhode.jpg

Commentaires

  • "e fameux slogan inventé par l'ancien maire d'Avusy, devenu Monsieur intégration à Genève: "Le respect ça change la vie", qu'on entend peu dans cette campagne des minarets."
    => C'est sans compter sur la campagne d'affichage des Verts: "Respectez, Votez - Non à l'initiative anti-minarets"

  • Bonjour à toutes et à tous,

    Bonjour Jean-François,

    eh oui, il y a trois sortes de Suisses, voir quatres :

    1) Les humanitaires : payés pour aller dans les coins "chauds du monde" et qui se font enlevés régulièrement... ils signent d'ailleurs des décharges... mais on mobilisera le monde entier...

    2) les journalistes : payés pour aller dans les coins "chauds du monde" et qui se font enlevés régulièrement... ils signent d'ailleurs des décharges... mais on mobilisera le monde entier..

    3) les touristes imprudents : malgré les avertissements du DFAE, décident d'aller dans les coins chauds du monde... le DFAE intervient et paye les rançons... la presse se mobilise... et on fait tout pour eux...

    4) les employés d'entreprises suisses en Libye : là, ni avertissement, ni annonce. Les autorités d'un pays kdnappent deux ressortissants... et là la les médias se taisent parce qu'au fond.. deux mecs partis pour "s'en mettre plein les poches" ça n'intéresse personne.

    Eh oui, Jean-François, j'ai aussi un problème avec la déontologie de certains de vos confrères... heureusement pas tous, il y a de très bons journalistes, et d'autres...

    Bien à vous et merci encore pour m'avoir toujours permis de publier mes billets pour soutenir nos otages... et appeler à l'action.

    Stéphane

  • Le problème est que certaines personnes en croyant bien agir (alors que l'on peut aussi légitimement s'interroger sur leurs motivations politiques - rien de tel pour se faire mousser et se placer sur le devant de la scène) permettent à la partie adverse de faire monter les enchères. Ce qui n'a pas manquer et à conduit à l'impasse que l'on connaît.

    Toutes les insultes (textes et images) publiées notamment sur ces blogs, c'est sûr qu'elles ont dû faire très plaisir en Libye. Juste des "vauriens" qui se défoulaient sans avoir pris la peine de réfléchir.

    Quant à la TdG qui a publié les photos que l'on sait, il est bien temps de venir parler de "déontologie".

    C'est à ABB de se décarcasser pour trouver une solution.
    Quant à la seconde personne, il a la double nationalité et les Tunisiens n'ont pas besoin de visa pour entrer en Libye.

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