Défense aérienne: PPP ou ALEA?

gripen.jpgEn regardant hier soir au 19:30 l'ancien commandant de corps Fernand Carrel expliquer à un Darius Rochebin incrédule que la Suisse avait besoin d'avions de guerre pour exercer sa mission de police du ciel et surveiller l'espace aérien de Davos, où se réunit une fois l'an le Forum privé éponyme, on mesurait combien la Suisse a changé. J'ai compris les hésitations de Maurer et me suis dit:

"Remisez rapidement les vieux, cantonnez les à leurs parties de jass, ils sont devenus les meilleurs agents du GSSA!"

Oui la Suisse et le monde ont changé et l'armée n'échappera pas à sa fin dans sa forme actuelle en tout cas.

Et s'il faut peut-être garder la conscription obligatoire et l'étendre même aux filles, exceptionnellement désormais pour porter les armes, mais surtout pour éprouver un service obligatoire d'utilité publique et éprouver dans le mélange des langues et des origines les élans de solidarités et d'entraide sans lesquels une société n'est pas, il faut sans doute sérieusement se demander si la Suisse a encore besoin d'avions de guerre.

Et corollairement évaluer les solutions de rechange: PPP ou ALEA.

Le PPP, c'est le partenariat public privé. Peut-il s'appliquer en matière de garde aérienne? Peut-être.

L'ALEA c'est l'acronyme d'Accord de libre échange agricole que Doris Leuthard souhaite conclure avec l'Union européenne au grand dam des moyens paysans suisses qui craignent d'y laisser leur peau. ALEA pourrait aussi signifier Accord de libre engagement armé que le ministre Maurer pourrait négocier avec l'Allemagne, l'Italie et/ou la France, c'est-à-dire avec l'OTAN, en attendant une police du ciel ou une défense européenne.

Les Genevois ont bien sollicité des policiers d'autres cantons et même des policiers allemands pour défendre les rues de Genève lors du G8. D'autres cantons le font. Nombre d'entreprises confient leur sécurité à des tiers. Pourquoi ne pourrait-on pas conclure des accords similaires avec nos voisins en matière de police aérienne? On pourrait aussi si l'on craint la mainmise française allemande ou italienne conclure un ALEA avec les petites nations du continent: les Autrichiens, les Suédois qui construisent le Gripen ou les Hongrois qui l'ont acheté.

Commentaires

  • Bonjour M. Mabut,

    On ne peut imaginer un partage de la défense aérienne, avec le prêt d'escadrilles, les raisons en sont simples, en ce qui concerne l'Autriche, ses 15 Eurofighter ne lui suffisent déjà pas pour sa propre surveillance en temps de paix. L'OTAN organise d'ailleurs régulièrement une surveillance imposée de celle-ci.

    De plus, il faut savoir que la surveillance d’un espace aérien s’organise déjà avec des interceptions transfrontalières et ceci grâce aux systèmes de communication électronique (Link16) qui font cependant défaut sur les F-5 ainsi qu’en ce qui concerne un radar « tout temps ». Mais il faut comprendre également qu’en cas de mise en alerte de long terme chaque pays se doit de tenir son espace aérien, par conséquent il serait difficile pour nos voisins de compenser ce que nous ne pouvons pas faire et ceci simplement car eux ont les mêmes obligations.

    Bien à vous !

Les commentaires sont fermés.