Révolte paysanne: Emile Battiaz solidaire des laitiers

Vendredi matin, Emile Battiaz était encore là à midi devant la Migros de la place du Cirque, solidaire des laitiers comme il dit qui n'arrive plus à nouer les deux bouts. Je lui ai donc demandé ce qui le motivait à interrompre les vendanges pour manifester en pleine ville.


A 60 centimes le litre, le prix du lait n'est plus réménérateur. La jacquerie court dans toute l'Europe où des milliers de petites exploitations sont menacées de disparition car leur prix de revient est trop élevé par rapport aux usines à lait automatisées des grandes plaines.
En Suisse, c'est Uniterre l'ex-syndicat - minoritaire - de Fernand Cuche qui mène le bal. Il réclame que les gros distributeurs - Coop et Migros en tête - paient le lait un franc le litre au producteur. Illusoire. A moins

 

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Un franc le litre, la revendication est évidemment excessive. Sauf à revenir au contingenement, que Berne a abandonné le 1er mai dernier après plus de trente ans de plus ou moins bons et loyaux services, mais au prix du maintien de nombreuses exploitations trop petites et d'une situation de monopole qui ne favorise les rentes de situation sur le dos des consommateurs.

Or, tous les gouvernements du monde n'ont qu'un objectif en matière alimentaire: nourrir les populations urbaines à des prix aussi bas que possibles pour que les plus pauvres ne soient pas exclus de la consommation et vienne à déclencher des émeutes de la faim. On n'en est évidemment pas là en Suisse, mais la pression à la baisse des prix dans le monde se répercute nécessairement sur le marché indigène.

Un franc le litre de lait, un franc le kilo de froment , c'est le prix qui était obtenu peu ou prou par les paysans jusqu'à la chute du bloc communiste à la fin des années 80. Alors l'argument de l'autarcie alimentaire relevait de la défense nationale. Et le lobby paysan savait parfaitement en jouer. Depuis on parle de souveraineté alimentaire sous prétexte que consommer local serait plus vertueux que consommer global. Plus vertueux peut-être - et encore ça se discute, mais économiquement non optimal.

Un franc le litre de lait, un franc le kilo de froment: qu'en penses-tu ai-je demandé samedi matin à Luc Barthassat. Le conseiller national PDC est plutôt ouvert à la revendication mais hésite quant à la réintroduction d'un contingentement. Officiellement les paysans suisses ne veulent plus de la tutelle de l'Etat. Ils veulent pouvoir contrôler la quantité de lait mise sur le marché eux-même sur une base privée. En clair cela veut dire dicter à chaque producteurs un quota tel que l'équilibre entre l'offre et la demande s'établisse lorsque le prix atteint un franc.

Cela paraît d'un certain point de vue pertinent. Les verts nous expliqueront qu'à ce prix les paysans produiront du lait bio et que les vaches ne seront pas transformées en objet technique de haute performance. Voire. A moins d'interdire les championnes de la lactation en Suisse capables de produire 15'000 kilos par an. Fixer des quotas, c'est créer des rentes de situation en faveur des agriculteurs dont les coûts de production sont les plus bas, sans assurer que les plus petits survivront.

 

Commentaires

  • Il s'agit d'un problème de sur-production, ceci spécialement depuis vous croyez voir des vaches de race fribourgeoise alors qu'il s'agit de hollstein.
    Il y a moins de 5 ans, la suisse à racheter au Pérou une vingtaines de vaches et les a fait venir par avion.
    Ils c'étaient rendu compte, qu'il n'y avait plus une seule vache de race fribourgeoise dans le pays, dans le continent !
    Comme quoi, l'avidité aveugle les fonctionnaires allouant des subventions et voulant contrôler tout, tout, tout, sauf nos légendaires vaches !
    Une hollstein produit 4 à 6 fois plus de lait qu'une fribourgeoise, nous ne mangeons plus vraiment de la fondue fribourgeoise, mais plutôt hollandaise !

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