La blessure démocrate-chrétienne

mettan dérouté.JPGCe matin le PDC valaisan Guy Mettan, vice-président du Grand Conseil genevois et récent thuriféraire du CEVA, expliquait à Pascal Décaillet, couchepinolâtre patenté, sur Radio Cité - 92.2 - que la blessure de l'éviction de Ruth Metzler n'était pas refermée. Et que cette accident de la concordance entre partis concordants était à mettre au passif des radicaux qui ont cédé à l'UDC en élisant son leader au Conseil fédéral. La concordance arithmétique avait alors gagné, mais la concordance politique en a fait les frais.

Quatre ans plus tard les PDC associé aux socialistes et à quelques libéraux-radicaux républicains, c'est-à-dire concordants, boutaient le tribun zurichois hors du cénacle exécutif et élisaient une concordante pur sucre UDC, canal démocratique. La concordance politique avait repris ses droits et l'UDC invoquait la concordance arithmétique pour dénoncer le complot qui la privait de ses deux sièges au Conseil fédéral.

Hier, l'on a assisté à la conservation de la concordance politique. N'en déplaise au PDC qui a joué avec le feu. Pour faire valoir à nouveau la concordance arithmétique au sein des partis concordants, il ne suffit pas - la preuve est faite - de rallier quelques égarés évangéliques ou verts libéraux, il faut vaincre devant le peuple. Ou alors il aurait fallu se montrer assez séduisant pour convaincre le parti socialiste et les Verts qu'une autre majorité était possible en Suisse. Ce qui est au fond une fiction de journaliste et de tous ceux qui croient que la Suisse serait mieux gouvernée si le régime parlementaire distinguait clairement une majorité et une opposition comme en France, en Grande-Bretagne ou aux Etats-unis.

C'est bien mal connaître le génie suisse. Pour espérer y parvenir il faudrait supprimer les droits démocratiques, ce qui n'est pas demain la veille.

A moins, à moins que la démocratie participative ne prenne le pas sur la démocratie représentative que l'on le voit à l'oeuvre dans le projet d'agglomération franco-valdo-genevois.

Hier, lors Mark Muller était opposé à Christian Grobet à l'occasion du dixième anniversaire des déjeuners de l'Association professionnelle des gérants et courtiers en immeubles de Genève. A la question pourquoi le Grand Conseil n'a-t-il jamais débattu et exprimé un vote d'orientation sur le projet d'agglo, Mark Muller a répondu: "C'est Berne qui a fixé les règles du jeu et n'exigeait que l'aval des autorités exécutives. Et puis Genève est monté dans le train très tard, le temps a manqué pour en débattre..."

 

A lire encore sur le sujet de l'élection et de la concordance ce billet de Lyonel Kaufmann, socialiste boeland (La Tour-de-Peilz)

Commentaires

  • La concordance, c'est plus simple que cela, et c'est compliquer les choses que de parler de concordance arithmétique et de concordance politique.

    Elle consiste simplement à ce que 90 % des forces politiques du Parlement soient représentées à travers les quatre plus grands partis ; deux sièges pour les trois premiers partis, un siège pour le quatrième.

    Le PDC, quand il est devenu le quatrième parti, n'a pas voulu respecter cette concordance. Il a tenu, durant des années, à conserver ses deux sièges bien qu'il ait perdu les élections de 1999 et 2003 et soit devenu la force la plus faible du parlement.

    L'éviction de Ruth Metzler représentait odnc un retour de la concordance, tout simplement.

    Et vouloir récupérer ce siège auquel il n'a pas droit constitue une attaque permanente du PDC contre la concordance. Comme a constitué une telle attaque le fait d'avoir comploté pour que le premier parti du pays ne dispose plus que d'un siège.

    Le PDC veut créer, à la place d'une concordance représentant 90 % du parlement, une coalition, qui ne regrouperait que 51 % des forces en présence aux Chambres. C'est le seul moyen pour lui de récupérer un deuxième siège. Au prix d'attaques répétées contre nos institutions. C'est une vue à court terme. Le passage à un système de coalition, on le sait, à la place d'un système de concordance anéantit à terme les forces du centre, tant il favorise la bipolarisation.

  • Retour à un monde de "vieux schnocks sans charisme" pour les allumés et illusionnés du bling-bling people, la concordance représentée par des personnalités plus intelligentes que médiatiques est bien plus précieuse que toute la réserve d'or de notre banque nationale. Le Parlement semble revenir à ses amours, les prestations oratoires en cours d'élection de Messieurs Marty et Lüscher qui su passer par-dessus leur ego pour porter la candidature de Didier Burkhalter restera dans les mémoires. Nous avons eu le Sonderbund, et hier, j'insiste, le Wonderbund, le saut merveilleux vers un futur d'une Suisse ouverte mais fidèle à elle-même, généreuse mais sûre dans la défense de ses intérêts, et donc européenne en devenir car ayant enfin fait le deuil de sa solitude outrancière.

  • Lorsque les PDC parlent de concordance, je sors mon crayon ...

  • Mabut a raison, pas de gueule de bois car entre trois maux le pays a choisi le mondre. Nous avons échappé à l'élection du bellâtre arrogant du barreau genevois dont la carrière politique et associative est une succession de naufrages, de redditions en rase campagne et de projets avortés. Nous avons aussi échappé à un politicien issu d'une des régions les plus arriérée de notre pays, la seule probablement où les curés influencent encore le vote de leurs ouailles. Bref nous avons choisi au nom de la Konkordanzzzz, le radical propre sur lui, falot, sans imagination, sans idées, sans conviction sauf celle que pour progresser il ne faut se fâcher avec personne, prendre la voie médiane et avec un peu de chances la plupart des gens prendront cela pour de la sagesse. Voilà, nous avons la classe politique que nous méritons, elle nous correspond, elle traduit nos angoisses, bref elle nous rassure.

  • La démocratie participative permet de travailler à une reformulation de l’offre politique au plus près des besoins de la population en la mettant en mouvement pour lui permettre de mesurer elle-même le chemin à parcourir.

    Comment réussir quand on a 20 ans ? Ii faut passablement d’imagination pour aborder cette question. Voilà un exemple.

    Prendre en compte l’avis des personnes qui ne peuvent pas s’exprimer à travers les urnes. Voilà un exemple d’ascension sociale.

    Développer sa capacité d’indignation pour faire évoluer notre « vivre ensemble ». Voilà un exemple de protestation constructive.

  • La démocratie participative permet de travailler à une reformulation de l’offre politique au plus près des besoins de la population en la mettant en mouvement pour lui permettre de mesurer elle-même le chemin à parcourir.


    Bravo Charly, c'est bien dit, et je serais tenté d'ajouter "inversément ". c'est beauz comme du Décaillet.

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