Schwaller victime du Kultukampf?

levrat 19.30 15 sept 09.jpg"Ite missa est!" comme dirait Pascal Décaillet. Vingt-cinq socialistes voteront pour le PDC Schwaller, une quinzaine pour le radical Burkhalter. Les jeux sont-ils faits? On peut penser en effet que la messe est dite.

Ce qui laisse songeur, mais en dit long sur la Suisse profonde, c'est l'argument évoqué ce soir au 19:30 par le président fribourgeois du Parti socialiste suisse. Certains socialistes- a-t-il dit en substance, voteront contre Urs Schwaller en "raison de convictions profondes qui datent du Kulturkampf". Le Kulturkampf? L'événement remonte aux années 1870.

Une génération après la crise du Sonderbund qui faillit se transformer en guere civile entre les cantons montagnards catholiques, conservateurs et les cantons urbains, radicaux et républicains et se termina par la prise du pouvoir des radicaux à Berne et dans plusieurs cantons, la déclaration de l'infaillibilité pontificale au Concile Vatican I provoque la rupture avec Rome des catholiques chrétiens. Politiquement les radicaux enfoncent le clou dans la chair des papistes. Là où le Freisinn est majoritaire, comme à Genève, il soutient la dissidence des catholiques libéraux. Rome se raidit alors dans une position très opposée au modernisme, aux régimes républicains démocratique, volontiers anticléricaux, à l'émergence du socialisme et de la pensée marxiste.

Cet anticléricalisme plus ou moins combatif est au coeur du Kultukampf.

Il s'agit pour les libéraux de soustraire les catholiques à l'influence vaticane et à supprimer la tutelle religieuse sur la politique. Les tensions s'apaiseront avec la séparation des Eglises et de l'Etat en 1905 en France en 1907 à Genève.

Plus d'un siècle plus tard, Rome n'a plus autant de puissance sur les âmes, mais l'anticléricalisme n'est pas mort, toujours prompt à se mobiliser. Avec vigueur parfois, comme à Genève, lorsque l'Eglise catholique a voulu in ériger à nouveau un évêché.

Et bien, à en croire Christian Levrat, cette vieille querelle fera peut-être demain matin la différence entre le protestant radical Burkhalter et le catholique PDC Schwaller. Il est vrai qu'à part ce détail, pas grand chose d'autres ne sépare le Fribourgeois du Neuchâtelois.

Commentaires

  • Monsieur Mabut,

    " Il est vrai qu'à part ce détail, pas grand chose d'autres ne sépare le Fribourgeois du Neuchâtelois. "

    Erreur !

    Et la culture latine ainsi que la langue maternelle, qu'en faites-vous ?

    Cet aspect est loin d'être anodin, même si Urs Schwaller parle parfaitement le français. Pour avoir vécu durant plusieurs années en Suisse alémanique j'en sais quelque chose et ceci n'a rien à voir avec un jugement de valeur.

    Vous êtes-vous déjà intéressé à la langue maternelle des fonctionnaires fédéraux à Berne, tout particulièrement dans les hautes sphères de la hiérarchie ? A l'exception peut-être du DFAE (?), vous y constaterez que les latins n'y sont pas nombreux, ils sont sous-représentés ...

    Alors si Urs Schwaller devait être élu, la participation et l'influence latine au sein de l'administration fédérale ne s'en trouverait que plus affaiblie encore !

    Actuellement l'immense majorité des textes législatifs sont rédigés en allemand avant d'être traduits ensuite en français et en italien. Le concepteur et rédacteur du texte est donc germanophone dans l'immense majorité des cas et les traducteurs francophone et italophone et vous avez là un exemple hiérarchique typique de l'administration fédérale.

    Je ne parlerai même pas de l'usage omniprésent du dialecte suisse-alémanique dans cette même administration, et ceci sans aucun égard pour les minorités linguistiques. Si Urs Schwaller était élu, pensez-vous qu'il s'exprimerait en français, voire en "Hochdeutsch" devant les chambres parlementaires ? Bien évidemment non, il s'exprimerait en dialecte !

    Cordialement !

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