Ramadan, Mahomet et Calvin

ramadan_02.JPGcalvin.jpgHani Ramadan publie sur son blog le texte que la Tribune a publié hier dans la rubrique l'invité: Obama: émotion et raison.

Le blog est une bonne manière de prolonger la publication d'un texte dans un média, que ce média soit un quotidien grand public comme la Tribune et ses quelque 150'000 lecteurs quotidiens ou une revue plus confidentielle.

Le blog est le moyen d'étendre son audience dans trois dimensions:

  • au-delà du cercle des lecteurs du médias imprimé,
  • dans le temps, car le blog est un bon moyen de conserver les textes au fil des mois et des années et
  • dans l'épaisseur de la blogosphère grâce en particulier aux commentaires postés, qui parfois peuvent donner lieu à des échanges et des débats tout à fait intéressants.

A l'inverse du théâtre classique qui s'imposait l'unité de temps et l'unité de lieu, le blog fonctionne sans entrave ni de temps, ni de lieu. Seule demeure l'unité d'action, en ce sens qu'il convient généralement dans un blog comme pour un journal d'appliquer la règle: un sujet, un article.

Sous le billet précité il y en a donc un autre dont le titre Islam et liberté incline Hani Ramadan dans une interprétation qui m'a fait penser à Calvin. L'"iman" des Eaux-Vives écrit: "Son message (celui de Mahomet) était cependant simple et clair : c’est dans la foi seule que l’homme saisit le sens de sa destinée, et c’est par la piété seule qu’il s’élève à son Créateur, s’imposant une discipline qui lui permet de dominer sa passion et son désir."

Sola fide, disent les protestants!

Commentaires

  • Petite erreur dans le titre... et "las rubirque" dans la première phrase.
    :-)

  • Toutes les religions ne postulent-elles pas que la foi est le moyen par excellence de l'élévation de l'âme à Dieu? La question n'est sans doute pas là, M. Mabut. Le message peut aussi être que que la foi risque de n'être que théorique, si elle n'est nourrie par rien. Calvin s'appuyait beaucoup, à cet égard, sur l'intellect, la pensée: il faut comprendre que pour lui, l'idée de la foi est la seule chose qui vaille. Je pense que l'Islam s'appuie davantage sur les rites.

  • Bonjour, puis-je dire que si les religions sont autant de chemins qui mènent à la même porte, celui qu'on choisira d'emprunter pourra être plus difficile mais plus doré qu'un autre. L'Islam montre une vision divine de notre cosmos, du plus petit au plus gigantesque. A mon sens le catholicisme s'appuie, lui, vraiment sur les rites. Que dire de la liturgie orthoxe alors, qui est encore plus resplendissante dans la célébration dominicale! Je me permets d'ajouter que l'Islam a la plus sobre des pratiques, tant est-il que son rite ne consiste qu'à quelques ablutions avant de prier, qu'à quelques préceptes alimentaires, qu'à quelques règles à l'égard des coreglisionaires et d'autrui et qu'enfin qu'à un accomplissement de pélerinage une fois dans sa vie, si les conditions le permettent.
    Enfin je reprends une phrase dans Narcisse et Goldmund, qui évoque le parcours de Narcisse : " son chemin est plus difficile mais il est plus doré et plus beau ".
    La mortification est-elle indissociable de la Foi?

  • Si la foi n'emmène pas vers quelque chose de plus beau que soi, et donc ne conduit pas à une mortification de ce qui en soi est moins beau que le plus beau que soi, cela a-t-il encore un sens?

    Je pense que le catholicisme s'appuie aussi sur un dogme. Dans le rituel catholique, la pensée a son importance, car l'Eucharistie passe par une idée. La prière au sein de l'Islam est demandée plus fréquemment qu'au sein du catholicisme. Le rite en soi est distinct de la splendeur du rituel, à mon avis. Celle-ci est liée à une démarche de nature artistique, fondée sur l'émotion esthétique, et il faut admettre que Calvin rejetait cet aspect, et que l'Islam ne l'a pas développé. Il est sans doute lié à l'ancien monde grec.

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