Kafka tambourine à Carouge

tambourine.pngPost Tenebras Lux! La Constituante va-t-elle changer la devise de Genève? Le débat fera sans doute couler beaucoup d'encre et de salive du côté de l'Hôtel-de-Ville.

L'histoire du quartier de la Tambourine que relate ce matin mon confrère Marc Moulin dans la Tribune dépasse l'entendement et devrait être afficher dans les bureaux de notre noble assemblée. Les murs du 2, Henri Fazy, où elle a prit ses quartiers, sont encore vierges de tous tags et décorations. Proposition: y afficher des articles de journaux, notamment celui qui s'intitule ce matin "La Tambourine fait sa propre voirie" qui démontre que Kafka a pris ses quartiers à Carouge.

Il faut  lire l'article pour mesurer jusqu'où l'absurdité administrative peut se nicher et conclure que K rouge comme Jeune Eve ne sont plus correctement gouvernées. Cela dit il n'est peut-être pas inutile d'ajouter que la loi prescrit aux propriéraires de balayer ou de faire balayer le trottoir qui borde leur maison.

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La Tambourine fait sa propre voirie

tambourine plan sitg.png«C’est kafkaïen!» Membre de l’Association du quartier de La Tambourine, sur les hauts de Carouge, Armin Murmann résume ainsi les multiples contrariétés qui s’abattent sur ce secteur qui s’est urbanisé densément au fil de la décennie. Dernier épisode en date: les habitants ont nettoyé eux-mêmes samedi leurs rues, où aucune collectivité publique n’assure le balayage. «On a rempli une benne entière, témoigne Armin Murmann. Nombre de déchets proviennent des bâtiments universitaires voisins, qui n’ont plus de service de conciergerie. On a même retrouvé du mobilier scolaire dans les buissons.»

Le problème de fond de La Tambourine est son statut foncier. «Mis à part quelques droits de superficie et propriétés, le périmètre, rues comprises, relève du domaine privé cantonal, explique Marc Nobs, magistrat carougeois chargé de l’Urbanisme. S’agissant d’une propriété privée de l’Etat, la loi ne nous autorise pas à y intervenir avec nos agents municipaux ou notre Voirie. A terme, cette parcelle passera du domaine privé cantonal à notre domaine public communal. Mais nous voulons d’abord que le canton répare les quelque 70 dysfonctionnements que nous avons repérés dans la conception des lieux. En l’attente, nous sommes prêts à fournir certaines prestations contre paiement du canton. On l’a fait récemment en améliorant l’éclairage public.» Les habitants notent au passage que c’est bien sur Carouge qu’ils paient leurs impôts…

Danger devant l’école

Faute de cantonniers communaux, les résidents ont tambouriné aux portes du propriétaire, l’Etat. «On a fini par comprendre que l’interlocuteur compétent était l’Office des bâtiments, au Département des constructions, raconte Margarita Ortiz, chargée des démarches. On nous a dit qu’il n’y avait pas de budget puis qu’on viendrait constater la situation sur place. Depuis, on attend.» «Nous n’avons pas entretenu aussi bien qu’il l’aurait fallu, admet le porte-parole du département, Laurent Forestier. On va y remédier! Quant au problème de fond, celui du transfert du terrain à Carouge, on espère qu’il sera réglé cet été.»

Les problèmes sont légion dans ce quartier où ont été inaugurés en septembre les premiers logements d’utilité publique construits à Genève (les LUP, ces logements sociaux pérennes qui succèdent au système HLM). Les parents d’élèves se plaignent aussi des problèmes de sécurité routière devant l’école: la faute à une signalisation absente et au parking sauvage non réprimé. L’Exécutif carougeois s’est déplacé en bloc hier pour déposer une pétition de 500 signatures au Grand Conseil. Et les choses semblent commencer à bouger de ce côté: la Feuille d’Avis Officielle annonce la pose prochaine d’un stop au débouché de la rue de la Tambourine sur la route de Troinex. L’avis parle d’urgence et de danger.

Marc Moulin

Source des images et du plan (cliquer dessus pour agrandir les images): Etat de Genève, SITG

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