Cycle: d'orientation, de sélection ou de promotion?

classe d'école africaine rooms_building.jpgHier soir à Uni Dufour, les discours des partisans de l'initiative 134 (plus de sélection, plus de discipline), comme ceux du contre-projet ont enterré un peu plus l'objectif soixante-huitard de porter 80% des élèves à la maturité. Le grand idéal d'un cycle capable de promouvoir la grande majorité des élèves vers des études longues, prometteuses de perspectives professionnelles diversifiées et d'une rémunération supérieure a vécu. Il est vrai que les partisans de l'initiative 138 ("Tous ensembe, tous ensemble!") n'avaient pas été invités au débat, puisque ce n'est qu'en septembre qu'on votera sur leur proposition d'élargir l'hétérogénéïté des classes jusqu'en 9e du Cycle.

Ce qui au passage démontre l'absurdité du mode de scrutin proposé, qui empêche les Genevois de trancher directement entre deux initiatives aux antipodes l'une de l'autre. Comme si nous n'étions pas capable de voter en même temps sur trois sujets et de choisir ensuite dans une question subsidiaire lequel nous préférons au cas où deux voire trois auraient été accepté au premier tour. Manifestement, il n'y a pas que le Cycle à réformer, avis à la Constituante.

L'heure est donc à l'effort et à la revalorisation des filières professionnelles. Et sur ce point l'école genevoise n'est qu'au tout début d'une révolution qui sera autrement plus douloureuse à faire passer que celle du binôme sections ou pas sections au CO. Charles Beer a rappelé en toute fin de débat qu'il manquait deux ans (!) de formation en français à un élève genevois par rapport à un élèves valaisans. On mesure le fossé. Les gamins peuvent donc dire adieu à la grasse matinée du mercredi.

Ce matin sur France culture, une sociologue de l'éducation rappelle quelques statistiques et politiques de l'éducation en Afrique. Où la démonstration faite aux parents que l'enseignement vaut la chandelle - fréquenter l'école permet de gagner plus - a incité nombre de parents pauvres à faire un effort. Nourrir les pauvres et leur enlever les vers qui les parasitent aussi. Payer l'uniforme et décerner des récompenses au mérite aussi.

A l'heure où le ministre des finances allemands comparent le paradis fiscal suisse à Ouagadougou, l'adoption à Genève de quelques recettes de politique scolaire du pays des hommes intègres serait de bon aloi.

 

PS: merci aux personnes qui ont commenté mon billet d'hier soir. Pour leur information, j'étais plutôt pour l'initiative 134 avant le débat. Et je me suis finalement dit qu'un compromis qui n'est pas une panacée mais a été adopté par une large majorité des forces politiques du canton a aussi ses vertus.

Commentaires

  • Cher Monsieur Mabut,

    Vous le savez, un débat est un débat...le sujet de l'école est chargé d'émotivité et souvent les paroles peuvent dépasser les réalités (de la part des deux protagonistes!)
    Je ne crois pas judicieux de fonder son avis sur un seul élément. Ce sont les textes qui comptent en priorité.
    Relisez bien ceux qui décrivent chacun des deux projets et alors....votez en pleine connaissance de cause.

  • Un compromis n'est pas de la pédagogie...

    en fait, seul compte pour améliorer les choses la note de comportement, le reste est secondaire...

    parole de prof

  • Un compromis n'est pas de la pédagogie...

    en fait, seul compte pour améliorer les choses la note de comportement, le reste est secondaire...

    parole de prof

  • Cher Monsieur Mabut,

    Désolé, vraiment, de vous avoir effarouché...

    Mais de là à préférer finalement la "continuation du même" défendue par des Tartuffes qui recommenceront à se tomber dessus dès qu'il s'agira de parler du budget des passerelles et des autocars de psychologues que prévoit le contre-projet (relisez les PV des séances du Grand Conseil à ce sujet, très instructif), il y a loin du manche à la cuillère, comme disait Albert Mégevand !

    En réalité c'est on ne peut plus simple : si notre initiative 134 ne passe pas le 17, le Cycle genevois est reparti pour un marasme de 30 ans...

    A chacun de prendre ses responsabilités.

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