• Le réveil du PDC genevois?

    P2260268 WEB.JPGHier soir, ils étaient bien 200 à la salle communale de Bardonnex dans une ambiance chaleureuse et moins ronronnante que d'habitude. Avaient-ils mangé du lion, avaient-ils été drillés préalablement par le showman Philippe Andoque, s'étaient-ils entraînés pour faire bonne figure sur Radio Cité au micro de l'implacable Décaillet? Toujours est-il que la présentation des 44 candidats démo-chrétiens au Grand Conseil (élection le 11 octobre) en a surpris plus d'un par sa dynamique.

    C'est par brochette de cinq qu'ils sont montés sur la scène de Compesières, sous les applaudissements répétés d'un public tout prêt à croire les nombreuses qualités débitées avec force et conviction par des députés vétérans - on se serait presque cru à la Star Academy. Sauf que seuls les députés - à quelques exceptions près - ont pris la parole.

    En fin de soirées, les commentaires hésitaient entre "surpris en bien", "très bien" et même "super". Bref le PDC a réussi son premier meeting électoral en donnant de l'espoir à ses délégués. Des délégués majoritairement grisonnants, bien sages et encore un peu coincés, qui, pour la photo finale, ont tout de même eu un peu de peine à agiter l'écharpe orange désormais signe distinctif des démocrates-chrétiens.

    Quant au programme, il ne sera dévoilé qu'en juin prochain, au cours du nouvelle assemblée.  La liste reste ouverte, car il manque des représentants de deux corporations - les paysans et les artisans - longtemps viviers du PDC, dont les attaches avec les communes réunies restent une constante socioliogique du parti. Beaucoup de fonctionnaires sur la liste et quelques surprises, dont Enza Testa Haegi, femme de l'ancien conseiller d'Etat libéral Claude Haegi.

    A noter que ce même jeudi soir, les Verts ont élu leur deux candidats au Conseil d'Etat. La députée Michèle Künzler a obtenu 119 voix et le ministre des finances David Hiler 124 sur 130 membres présents, indique un communiqué de presse ce matin.

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  • La Cour des comptes est bon. Ah bon!

    dette commune.pngDormez tranquille Genevois, vous êtes de loin les plus endettés de Suisse (40'000 francs par habitant), mais les gérants de vos dettes publiques sont bons. C'est la Cour des comptes qui le dit ce matin dans un bon gros rapport de 105 pages. De qui se moque-t-on?

    Comment peut-on décerner un tel satisfecit au canton, à la Ville, à une commune - pourquoi Plan-les-Ouates? - et à quatre agences publiques en situation de monopole - les TPG, les SIG, l'université, Palexpo -, quand aucune comparaison n'est fait avec d'autres entités comparables en Suisse?

    Comment peut-on prétendre que les collectivités genevoises sont bien gérées, alors que la Cour des comptes elle-même constate que 13 communes ont accumulé des bas de laine pour 155 millions, dont 30 millions rien qu'à Genthod, et qu'une gestion coordonnée de ces montants dans une caisse centrale ferait économiser quelque deux millions de francs par année à l'ensemble? [cliquer sur la carte pour l'agrandir] Sans parler des bas de laine cachés et des dépenses somptuaires de plusieurs communes.

    Comment peut-on se satisfaire d'un calcul de la dette qui ignore les engagements hors bilan, notamment les dettes dues aux rentiers futurs de la fonction publique?

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  • Le monde Arbour et les mots de Bouvard

    arbour.pngbouvard philippe.pngPour commencer, le monde Arbour. Je n'ai pas pu m'empêcher ce calembour en dépouillant tout à l'heure l'invitation de l'Université à sa deuxième des grandes conférences de son 450e anniversaire. Mardi 10 mars - jour de l'égalité des salaires homme femme - L'ex haute- commissaire des Nations unies aux droits des humains Louise Arbour s'exprimera sur le thème "L'état de droit dans un monde en désordre".

    La question est grave et nous promet des lendemains qui déchantent. Non que les peuples, ignorant des droits humains, nous menaceraient, ce que d'aucuns pensent en fermant les frontières assez loin des nôtres pour que nous ne voyions pas la misère des camps et la brutalité de nos gardiens. Non les droits humains commencent à nos portes, en nous-mêmes même et chaque jour l'on voit qu'ils sont mérpisés. Comme ces cyclistes, dont je suis parfois, qui brûlent allègrement les feux ou ces piétons qui déboulent sans crier gare ou ces motos pétaradantes dans la quiétude de la nuit ou de l'après midi, etc. (je n'ajoute pas les voitures ni les déchets ni les tags ni les commentaires idiots ou aggressifs sur lnternet, mais ils y sont)

    Il ne s'agit pas de censurer les vacheries, les pires vacheries peuvent être dites pour autant qu'elles soient dites avec humour ou distinction.

    Dans la dernière livraison de la revue genevoise des salles d'attente L'information immobilière, Philipe Bouvard en décoche quelques-unes sur le monde du bâtiment - quelle audace! - dans une chronique intitulée "L'immobilier passe en hautes définitions". Je vous en livre trois:

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  • Réveille toi Europe! Tu risques de rater le siècle de l'Asie

    mahbobani singapour.pngeurope's world.pngRarement lu une critique aussi précise et aussi virulente de l'Europe. Elle est signée par Kishore Ahbubani, professeur à l'Université de Singapour. Les vertus de l'Europe tiennent en un paragraphe et deux atouts: sa capacité à avoir mis un terme à la folie guerrière entre ses composantes nationales sa réussite économique due à l'élimination des frontières internes aux biens et aux personnes. Pour le reste le réquisitoire est sévère mais pas sans pertinence.

    "Durant des siècles, les nations européennes ont dominé le monde. Aujourd'hui, la région fait preuve d'un incompétence géopolitique extrême. Malheureusement", écrit l'auteur du Nouvel hémisphère asiatique dans Europe'sWorld, une revue tri-annuelle soutenue par Friends of Europe, le gouvernement de Catalogue et Gallup.

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  • Le 12 décembre ne sera pas férié et l'ICF ne sera pas réformé

    Le Grand Conseil est débordé. Le GPL (Grand Pierre Losio), député vert, indiens des Pâquis et excellent blogueur tient régulièrement la chronique des piles et des propos sans fin de nos députés beaux parleurs.

    Ce n'est donc pas ce soir, sauf surprise, que nos élus refuseront le projet de loi 10156 du MCG déclarant le 12 décembre jour férié. Telle est du moins la décision, prise à l'unanimité moins la voix d'Eric Stauffer, par la commission des droits politiques en février 2008. [ il suffit de cliquer sur le mot projet de loi pour connaître les raisons de ce refus net]

    Ce n'est pas non plus ce soir, sauf surprise, qu'ils refuseront le projet de loi 10126 du Conseil d'Etat sur le mandat de l'Inspectorat cantonal des finances. Le sujet est un poil plus complexe que la férie opportuniste de l'Escalade. Et il est plutôt rare qu'une commission - la commission de contrôle de gestion en l'occurrence - refuse purement et simplement un projet de loi du gouvernement. Certes les commissaires assortissent leur refus d'une motion qui demande au Conseil d'Etat de commander une étude d'impact de la Cour des comptes en 2011, au terme de laquelle il sera temps de clarifier les rôles et responsabilités respectifs des organes de contrôle de l'Etat.

    Les députés de la Commission de contrôle de gestion n'ont en fait guère digérer l'attitude du Conseil d'Etat dans cette affaire. Le gouvernement s'est en effet fait tirer les oreilles pour avoir tardé à nommer un nouveau directeur à la tête de cet organe de révision interne et pour avoir tenté de priver les députés du droit de recevoir les rapports de l'ICF et la CCG de son droit de saisine.

    La Constituante aura sans doute son mot à dire sur ce sujet. D'ici là les députés de la CCG pourraient peut-être plancher sur cette idée: pourquoi ne pas créer un corps romand voire suisse d'inspecteurs des finances? De quoi favoriser l'indépendance de ces agents et offrir une carrière nationale, mais non fédérale (en attendant l'Europe) à une petite partie des fonctionnaires cantonaux.

     

  • C'est qui qui dirige? C'est Finma

    pelli Fulvio photo.jpgPathétique d'entendre Fulvio Pelli ce matin sur Radio Cité se plaindre comme un gamin cabossé: "M'sieur le grand gros balaise là-bas, y respecte pas les règles du jeu!..." C'est la ligne de défense des défenseurs du secret bancaire, du président du parti radical suisse à l'avocat d'affaires genevois Carlo Lombardini hier soir au 19:30 de la TSR. Que répètent-ils tous? La Suisse ne défend pas les escrocs. Elle est prête à collaborer si on lui prouve qu'il y en a. Et voilà. On ne vous aidera évidemment surtout pas pour prouver qu'il y en a.

    Leur courroux effarouché fait peine à voir. Et signale une carence essentielle. Les défenseurs du secret bancaire n'ont plus d'arguments pour le défendre. Surtout lorsque que le secret bancaire consiste à échapper au fisc d'un pays démocratique. En ces temps étranges, où Dieu n'est toléré dans la cité que sous les traits muséographiques, éditoriaux ou théâtrales du jubilé Calvin, il est un peu piquant de voir la Suisse épinglée pour deux péchés capitaux: l'avarice et l'orgueil.

    L'avarice du capitaliste qui protège son bien d'un fisc diabolisé alors qu'il est l'expression (certes parfois dévoyée) du peuple souverain plutôt que de le partager.

    L'orgueil d'un pays, dont les élites, toutes pétries de protestantisme, sont convaincues que leur richesse et leur intelligence sont un don de Dieu.

    Certes, personne ne fera des Américains des parangons de vertu. L'Amérique serait plutôt le scorie d'un vieux monde qui n'hésite pas à inverser la célèbre formule du général Clausewitz «La guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens.» Pour les Etats-Unis, la politique est la continuation de la guerre par d'autre moyens. N'est-ce pas déjà sous la pression de ses amis que la Suisse a dû modifier dare dare sa législation sur les délits d'initiés et sur les fonds juifs?

    Quant à la Finma...

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  • Médecins: ça rue dans les brancards

    coût de la santé 06.pngMa dernière note sur les coûts de la santé a suscité quelques réactions, moins vives pour la plupart que mes propos. Pour l'objectivité du débat, je donne ci-contre (cliquer sur l'image pour l'agrandire) et ci-après le coût du système de santé suisse. Ce sont les chiffres de l'Office suisse de la statistique, tels qu'ils ressortent de la brochure 2009 de huit pages, six à parler des bons points du système et une à évoquer les coûts.

    On découvre que le système de santé coûte 6'983 francs par habitant, soit 27'932 francs par année pour une famille de quatre personnes. C'est évidemment une moyenne. Et chacun sait que les dernières années, voire les derniers mois de la vie, sont hors de prix (je sais que je vais à nouveau m'attirer des commentaires).

    Néanmoins, il est légitime et nécessaire que les responsables du système de santé cherchent les moyens de réduire ces coûts.

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  • Un PDC bavard contre trois libéraux quasi cois

    horlogerie.pngPrésident de Léman Bleu, mais aussi de la Fondation pour l'aide aux entreprises, Philippe Lathion n'a pas sa langue dans sa poche. Hier soir, au cours d'une conversation privée dans les studios de Léman Bleu, il a tout de go dénoncé l'attentisme des banques, UBS en particulier, riche des milliards des contribuables suisses, qui se permettrait de refuser des lignes de crédit à des PME pourtant cautionnées par l'Etat de Genève. C'est un comble! Un scandale, clame le bouillant Valaisan. Et d'énumérer les conditions d'une politique de sauvetage du tissu économique genevois.

    1) Le gouvernement doit d'urgence prendre langue avec les banques commerciales pour desserrer les conditions du crédit aux PME, notamment aux sous-traitants de l'horlogerie qui voient leurs carnets de commande se vider et les délais de paiement s'allonger. Sans quoi la liste des faillites va exploser ces prochains mois.

    2) L'Etat doit commencer par montrer l'exemple et payer ses factures à 30 jours et non à 120 comme c'est enconre trop souvent le cas.

    3) La FAE doit assurer une aide à la facturation pour aider les PME dont les créanciers se font tirer l'oreille.

    4) La FAE doit obtenir des moyens de l'Etat pour augmenter son volant de cautionnement et cas échéant pouvoir prendre des participations minoritaires.

    En face, trois libéraux un peu ébahis et presque cois.

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  • Les médecins genevois en grève. Gage de meilleure santé!

    labo médical.jpgLes médecins genevois préparent une grève et vont lancer une initiative, annonce Bertrand Buchs sur son blog. La décision formelle sera prise mercredi soir. La nouvelle n'est pas nouvelle, puisque le conseiller municipal démocrate-chrétien de Carouge l'a annoncée jeudi dernier sur Radio Cité.

    Cette grève démontrera peut-être que moins de médecine, c'est plus de santé. Comme lorsque les feux rouges s'éteignent et qu'on découvre un peu surpris que la circulation s'écoule mieux, parce ce que les conducteurs sont plus attentifs. Combien de milliards la sécu économiserait-elle si les patients étaient moins inattentifs à leur santé? Et si, plutôt que d'emprunter l'ascenseur pour monter et même descendre quelques étages, ils empruntaient l'escalier?

    Merci donc aux médecins de faire grève de temps en temps, tout le monde s'en portera mieux. Sauf bien sûr les pharmas qui finances les congrès des médecins, les laboratoires et centre de radiographies en tout genre qui doivent faire du chiffres pour satisfaire leurs actionnaires, dont des médecins mais aussi des caisses de retaite. Rein de nouveau sous le soleil, la vie et la mort ont toujours été des commerces lucratifs.

    La grève des médecins n'a pas, on s'en doute, pour première motivation la santé des malades. Pas plus que la grèves des enseignants défend la qualité de l'enseignement, ni celle des policiers la sécurité des citoyens. En premier lieu, il s'agit de maintenir voire d'améliorer sa position dans le grand découpage du gâteau financier que représente le budget de la santé 52 milliards de francs par année dont 43% passent par l'assurance maladie de base selon la statistique de la santé édition 2009. Combien pour les toubibs?

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  • Men made crisis

    geyser.jpg"Un surplus de testostérone serait donc à l'origine du surendettement massif de l'Islande." C'est ce qu'on apprend à la lecture de l'excellent reportage de Caroline Stevan paru dans Le Temps de vendredi. "La faillite du pays des geysers serait le fait des "nouveaux vikings", une trentaine d'hommes et trois femmes amis, du pouvoir et détenteurs des banques islandaises qu'ils ont hypertrophiés." Place aux femmes donc et à leur casseroles que les manifestants frappent chaque samedi depuis octobre devant le Parlement pour demander des comptes aux mâlesfaisants.

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  • Tornare, Arthur et les femmes

    tornare Guiraud déc 08.jpg"Tornare, les femmes et la danse du pouvoir", le commentaire publié par mon confrère Arthur Grosjean dans la Tribune de ce matin, a été longuement cité à Radio cité. On a appris que l’abonné du micro Velasco penchait pour sa camarade Véronique Purro et que l’abonné Longet, ci-devant président du GPS (Grand parti socialiste selon l'appellation du député Losio), penchait pour personne et qu’il se demandait même si son rôle ne lui imposait pas de taire son choix...

    L’abonné Jornot (ex président du parti libéral et ex-candidat au Conseil d'Etat), que Décaillet ne cesse de titiller, car le faiseur de roi le veut voir siéger à la Tour Baudet, nous a assuré qu’il n’avait pas d’amertume d'avoir été évincé par la maire de Thônex Isabel Rochat. Et tout ce petit monde de se taper sur la bedaine, ouspillant au passage l'attelage des Verts qui ont choisi leur deux champions sans débat interne, ce qui n’est pas joli joli, car le débat interne c’est la vie des partis, a dit le petit Longet.

    Heureusement que le grand Jornot a ramené sa science. Toute cette valse hésitation, a-t-il dit, est due au principe de la majorité relative qui s’applique à Genève pour les élections à l’exécutif. Bien dit Olivier! Il suffit en effet d’obtenir 33% au moins des suffrages et d’arriver dans les sept premiers pour être élu ou réélu au Conseil d’Etat. Ce qui fait que les faiseurs de rois à Genève, ce sont les partis politiques.

    Les libéraux ont appliqué la règle en exécutant Haegi et Spoerri. Le PDC Joye. Les socialistes l'avaient fait avant eux en tuer le père Grobet. Ce qui leur a coûté cher. Au fait, reviendra-t-il au pouvoir cet automne sous les couleurs de l'AVIVO?

    La barre des 33 % a assuré la réélection de nombreux conseillers d’Etat. Et continuera, sauf coup de théâtre, d’assurer celle des sortants actuels qui n’ont pourtant pas particulièrement brillé : Beer, Muller, Unger. Ce que personne n'a dit évidemment. Alberto a eu tout de même de la peine à balbutier des arguments pour sauver son camarade Charles.

    De tout cela, la Constituante devra faire son beurre.

  • Sacrées frontières!

    Ge en 1851.jpgTrois petites histoires parmi des milliers d'autres - je ne doute pas que vous alimenterez cette rubrique - pour illustrer l'anachronisme de la frontière genevoise. Elle concerne une école à Nyon, un parking à Bardonnex, et des vignerons à Soral et Dardagny. Fut un temps béni (?) où une zone franche entourait Genève. Elle fut à géométrie variable. La France voulu l'abolir dans les années 20. Un tribunal international la rétablit dans les années 30. Finalement la Communauté européenne eut raison de cette particuliarité historico-économico-géographique. La zone était un régime douanier qui permettait de nourrir Genève aux temps pas si anciens, où Genève ressemblait -on était en 1851 - à l'illustration ci-contre [cliquer sur l'image pour l'agrandir]

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