• Suisse: vengeance éternelle

    Ainsi les Suisses ont-ils dit oui à l'initiative pour que les actes de pornographie enfantine puissent être poursuivis sans relâche jusqu'à la mort de l'accusé présumé innocent. Belle avancée de la démocratie qui en dit long sur la méconnaissance du peuple des conditions dans lesquelles la justice est rendue. La faute aux juges peut-être qui pourraient être plus pédagogues. La faute à l'air du temps bien sûr qui alourdit la loi dans la croyance vaine que tout malheur peut trouver sa rédemption devant un tribunal. Genève fait bande à part dans ce concert. Tant mieux, même si ce n'est pas de beaucoup. A noter le oui des Avanchets où sévit le virulent comité Alerte.

     

     

  • Genève: deux votes pour rien et trois votes à refaire

    30 nov geneve.pngDeux votes pour rien et trois votes à refaire. Sur six objets genevois, le bilan des urnes de ce 30 novembre n'est pas brillant. Le premier vote pour rien c'est celui que Christian Grobet impose désormais aux Genevois*, dès lors qu'ils touchent à un cheveu des lois sur le logement. Le second vote pour rien c'est celui du contre-projet à l'initiative anti-dette. A voir comment les politiciens genevois se sont fichés depuis des décennies de dispositions semblables, on peut douter que ce remède fonctionne mieux qu'un placebo.

    Les trois votes à refaire portent sur la question d'une plus grande sélection des élèves du Cycle d'orientation. Les Genevois ont été empêchés de s'exprimer sur le sujet en raison d'un recours gagné par les partisans de l'initiative 134 et d'une décision rigoureuse du Tribunal administratif qui a renvoyé le scrutin au 27 mai 2009. Cette péripétie n'a semble-t-il pas eu d'effet sur la loi sur l'Université qui passe sans problème. [cliquer sur l'image pour l'agrandir]

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  • Le "gauchiste" Broulis dégomme le projet du vert Hiler

    Boites-de-conserve.jpgDernier petit tour sur le budget de l'Etat par prestations promis par le conseiller d'Etat écologiste David Hiler. Hier matin, sur Radio Cité, Décaillet qui avait invité sa copine Géraldine Savary en fil rouge - la Lausannoise s'ennuie un peu au Conseil des Etat - a eu la bonne idée de demander à Pascal Broulis son avis sur le budget par prestations rendu public la veille par son collègue genevois. Surprise le radical président pour cinq du canton de Vaud a tenu un discours que nos gauchistes d'ici n'auraient pas renié.

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  • Hiler ne casse pas (encore) la baraque

    cervin_hornli_petit.jpgDavid Hiler est donc sorti du bois. Son budget par prestations 2009 est plutôt modeste, pour ne pas dire sans ambition. Il faudra attendre la prochaine législature pour espérer voir la révolution culturelle se mettre en marche. En fait, pour 2009, il ne met guère plus en oeuvre que la classification fonctionnelle des charges et des revenus, laquelle est proposée par le modèle comptable depuis son introduction à Genève en 1982, classification largement restée en friche depuis lors.

    La classification fonctionnelle est une troisième dimension qui permet de ventiler les charges et les revenus par groupes de prestations. Elle donne du relief au budget. Elle vient pertinemment compléter les deux dimensions habituelles, celle des subdivisions administratives et celle des natures économiques. 

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  • Nos politiciens sont formidables

    décaillet 7-8.jpgPascal Décaillet dégaine plus vite que Lucky Luke. A peine avais-je hier posté ma note sur Hiler et la révolution du budget par prestations que le journaliste vedette de la politique genevoise m'envoyait un courriel me convoquant à son 7-8 sur Radio Cité. Laurent Keller, son fidèle assistant, a réussi à me convaincre de participer à ce talk show matinal. [Show, c'est sûrement pour bientôt! Il ne devrait pas être difficile, comme le fait One FM, de planter deux webcams dans le studio de l'immeuble industriel de la rue Baylon pour transformer Radio Cité en WebTV.]


    Autour du micro, il y avait le libéral et éditeur Yvan Slatkine...
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  • La réforme Hiler 2010 est en place à Berne depuis 2005

    berne budget 2009 formation professionnelle.pdfimage rapports 2007.pngGenève doit rester modeste. Le budget par programmes et prestations que le canton s'apprête à lancer, sous la férule du bon géant blond, selon la formule de Pierre Losio, n'est pas une nouveauté dans le monde complexe des financiers publics. Le canton de Berne est pionnier en la matière. Confronté à des déficits aussi abyssaux que ceux de Genève, il a également dû assainir sa banque cantonale plombée notamment par la déconfiture de Werner K Rey.

    D'autres cantons, tels que Zurich et Lucerne ont également quelques longueurs d'avance sur la cité de Calvin. Même la France s'est lancée dans la révolution culturelle d'une budgétisation axée sur les résultats. La Lolf règne désormais depuis 2006 sur le débat budgétaire hexagonal. La Confédération mène depuis 1997 le projet GMEB auquel 23 agences ont désormais adhéré de gré ou de force (et ici).

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  • Hiler va révolutionner la manière de faire le budget

    hiler derrière la paperasse abensur.jpgGE-pilote n'est pas mort, me signalait un des pères du projet "Refonte du budget de l'Etat de Genève" dans un courriel reçu en août dernier à la suite d'un billet publié sous le titre g[e]'avance et GE-pilote. Sur le fond, Olivier Fiumelli, haut-fonctionnaire au Département des finances et conseiller municipal radical en Ville de Genève, n'avait pas tort, le projet continue: "Le catalogue des prestations de l'Etat de Genève - en cours d'élaboration depuis 2004 - sera d'ailleurs publié d'ici la fin de l'année," m'assurait-il. C'était une bonne nouvelle. J'attendais donc l'heureux événement.

    Il semble que l'enfantement soit imminent. David Hiler devrait faire avaliser ce mercredi par ses collègues du Conseil d'Etat le vaste projet qui promet rien moins que de révolutionner la manière pour les députés de débattre du budget et des comptes de l'Etat de Genève. Point encore de catalogue détaillé et chiffré, mais un budget 2009 organisé par politiques publiques.

    L'entrée en vigueur de cette nouvelle comptabilité publique est promise pour l'exercice 2010, en même temps que la loi sur les aides et subventions qui occupe la Commission des finances depuis longtemps et consacre la généralisation des contrats de prestations entre l'Etat et les mille et une associations à qui l'Etat sous-traite la production de nombre de services et prestations publiques.

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  • Roche renonce à sa tour

    tour roche bâles.jpgRoche ne construira pas au bord du Rhin sa tour de 163 mètres imaginée par les célèbres architectes bâlois Herzog et de Meuron. L'entreprise pharmaceutique fait état ce matin dans un communiqué repris par le site internet du Tages Anzeiger de raisons techniques à l'origine de sa décision. La tour - un investissement d'un demi-milliard de francs - devait accueillir quelque 2400 employés à l'horizon 2012: trop chère pour Roche, insuffisamment fonctionnelle et coûteuse à l'usage. De quoi faire réfléchir les investisseurs genevois.

  • A quoi sert le maire de Genève?

    tornare duplicité.jpgA quoi sert le maire de Genève? A rien. Il n'a aucun pouvoir sur ses collègues. L'affaire de la réforme du statut du personnel de la Ville le prouve à l'envi. Manuel Tornare a cru devoir/pouvoir intervenir pour calmer la tempête que la publication intempestive (?) des "propositions abouties" du Conseil administratif le 13 novembre avait soulevée. Mal lui en a pris, le maire de Genève n'est pas le syndic de Lausanne. Il n'est que le président du Conseil administratif, juste bon à passer la parole dans les séances de l'exécutif et à serrer les mains des hôtes de la Ville internationale.

    Mis au pilori vendredi par ses collègues pour avoir outrepassé les prérogatives de sa modeste charge, le maire rentre dans le rang. Meurtri, un peu aigri. Ne devrait-il pas démissionner? Tels ne sont pas les us et coutumes sous nos cieux helvétiques.  L'avenir du maire de Genève sera assurément un des plats de résistance de la Constituante.

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  • Le mea culpa de Charles Beer et la leçon de journalisme

    Beer co arle reel.pngAvez-vous écouté le mea culpa de Charles Beer? Non? Cliquez ici pour voir la vidéo réalisée hier par ma consoeur Anne-Elisabeth Celton. Le ministre genevois des écoles y fait son mea culpa à propos de la fameuse page 18 de la brochure des votations du 30 novembre, relative au retour ou non des sections pures et dures au Cycle d'Orientation. Enfin!

    Dommage que ces excuses, prononcées du bout des lèvres par un élève emprunté mais encore vindicatif, ne soient pas tombées plus tôt. Charles Beer plaide la bonne foi et veut convaincre que cette fameuse page 18 n'a pas été rédigée dans l'intention de nuire à l'initiative 134. D'aucuns n'en croient rien. Je suis enclin à lui accorder le bénéfice du doute. Car la lecture des autres textes publiés sous le titre L'essentiel en bref dans la même brochure montre une similitude de ton et de propos et à proprement parler la même dérive et confusion des genres que celles que les militants de l'ARLE et de REEL ont dénoncées avec succès. Les opposants à la loi sur l'Université s'en sont d'ailleurs rendus compte trop tard pour intenter la même action en justice.

    Le pataquès qui a fait passer le gouvernement genevois pour une bande de manches met en cause un principe et une forme.

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  • Ceva: au tour du gouvernement de voir la vie en rose!

    ceva et ceva sud.jpgLa liaison ferroviaire Cornavin Eaux-Vives Annemasse (CEVA) que les Genevois attendent depuis 1912 n’est pas sortie des complexes aiguillages juridiques dans lesquels les recours des opposants l’ont précipitée. Deux décisions donnent coup sur coup cette semaine raison aux autorités et aux opposants. Du côté des CFF, on compte les points. Et on n'est pas pressé de se mettre à l'heure du CEVA, du moins sur le site internet de la régie très en retard sur l'actualité du projet. Mais peut-être que le lien que je vous propose ne soit qu'une voie de garage.

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  • Votations du 30 novembre: remboursez!

    votation brochure.pngL'annulation de trois des onze objets soumis au peuple le 30 novembre est certes une péripétie clochemerlesque dû à la plume un peu leste d'un chargé de com dont le genre pullule autour des conseillers d'Etat. En ces temps, où la presse joue sa survie, jamais l'Etat n'a autant employé de communicateurs. Un peu comme le monde paysan qui se délite au même rythme que gonflent les effectifs des spécialistes en environnement cultivé et sauvage.

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