g[e]'avance et GE-pilote

ge.ch bandeau.pngTombant sur le dernier billet que j'ai posté sur le blog de la Gazette de la Constituante, un internaute, qui malheureusement reste anonyme, demande: "Que devient GE-Pilote?" GE-Pilote dont la tâche principale était le recensement des prestations de l'Etat (étonnant tout de même d'imaginer que l'Etat de Genève ne dispose pas d'un catalogue de ses prestations), Ge-pilote donc est mort en 2006, après deux ans de bons et loyaux services. David Hiler, nouveau patron des finances, a jugé en effet nécessaire de donner un tour plus opérationnel à la réforme du budget de l'Etat, dont l'ambition était de présenter un budget 2008 par prestations et par politiques comme en France. Las, aux dernières nouvelles, l'affaire semble manquer de conduite politique et l'administration centrale s'accroche à ses milliers de lignes budgétaires si commodes pour noyer les députés.

Le budget par prestations verra-t-il le jour en 2010? L'arlésienne servira-t-elle en automne 2009 d'argument électoral opportun au ministre vert des finances genevoises, dont on attend toujours les réformes marquantes? Notez que si David Hiller parvient à réaliser cette réforme, il aura droit à une statue et à une avenue.

Car le budget par prestations ne serait rien moins qu'une révolution culturelle. Plutôt que de voter des crédits pour les salaires, les gommes et les crayons, et autres "menus" dépenses nécessaires au bon fonctionnement de la machine étatique, les députés devraient voter des crédits par politique, tant pour l'enseignement primaire, tant pour la justice civile, tant pour la renaturation des cours d'eau. Evident me direz-vous. Oui lorsque la prestation correspond à une structure administrative. Mais lorsque plusieurs services sont impliqués dans la fabrication d'une politique ou qu'un service produit plusieurs types de prestations, alors il faut mettre les mains dans le cambouis de la comptabilité analytique, commencer à penser en terme d'unité d'oeuvre et de prix de revient. Toute chose banale pour une entreprise privée, mais qui relève du tour de force dans le secteur public. Le Cartel intersyndical ne s'y est pas trompé et a d'emblée manifesté ses réserves.

Quant à savoir comme le suggère l'internaute Ken si les milieux économiques se sont souvenus de GE-Pilote pour baptiser leur liste g[e]'avance, la question reste ouverte. 

 

Commentaires

  • très bon papier

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