• Pactole genevois? Tout pour la dette!

    750, 865, un milliard, qu'importe la précision, tant que dure l'ivresse!

    L'annonce ce matin dans la Tribune du résultat du compte de fonctionnement de l'Etat de Genève va déclencher les appétits des partis.

    Et le remboursement de la dette? Ah oui, la dette, combien au fait?

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  • Discrimination positive

    "Imaginez un 100 mètres dans lequel l'un des coureurs auraient les jambes attachées." Le journal La Croix de ce week-end consacre son dossier au quarantième anniversaire de l'assassinat, le 4 avril 1968, de Martin Luther King et cite le discours du président Johnson, le 4 juin 1965, qui donnait un coup d'accélérateur à la discrimination positive.

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  • Le Tibet, la Chine et l'Afrique

    Mon ami Gorgui revient de Taiwan. Comment vas-tu? Il va bien. Les Africains vont toujours bien. 

    - Quelle malheur, me dit-il, cette Chine qui torture les Tibétains, que peut-on faire?

    - Rien, lui dis-je, ou pas grand chose. La Chine est un grand empire et il faut toujours se méfier des grands empires. Russie, Amérique, Chine, l'oppression, le sourire aux lèvres, n'a pas de frontière. L'Afrique devrait d'ailleurs se méfier du grand frère chinois.

    - Les droits de l'homme reculent terriblement.

    - Oui, mais il y a tout de même une bonne nouvelle. Aujourd'hui, partout dans le monde, les gens savent que la Chine opprime le Tibet, comme les gens savent que la Russie opprime les Tchetchènes et les Etats-Unis les Irakiens. C'est une avancée, car les dictateurs n'ont eu de cesse de contrôler ou de manipuler l'information. Ils le font toujours, mais ont toujours plus de peine.

  • Les blogs de la Tribune sur Blogspirit

    Un an après leur lancement, les blogs de la Tribune et de 24 heures changent de plate-forme. Ils tournent désormais sur Blogspirit un moteur de blog français. Les internautes y gagnent tout plein de nouvelles fonctionnalités sympathiques et utiles et quelques soucis d'acclimatation.

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  • Les non-dits des maires de la couronne

    Quatre maires des villes de la couronne frontalière, dont deux fraîchement élus, analysent dans la Tribune du 25 mars les relations Genève-France voisine. Comme toujours dans ce genre d'exercice le non-dit est autant sinon plus révélateur que le dit.

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  • Ces si chers banquiers

    Faut croire que les banquiers suisses ont les j'tons. Swissbanking publie cet après-midi un sondage qui révèle, une fois de plus, qu'un Suisse sur quatre a confiance dans le système bancaire; ça fait tout de même plus d'un sur quatre qui manifeste sa défiance.

     

    Deux remarques à ce propos:

    1. la plupart des Suisses ayant un carnet d'épargne, on ne voit pas comment une majorité d'entre eux pourrait déclarer ne pas ou ne plus avoir confiance
    2. un mois avant le grounding de Swissair, une majorité de Suisse ne pensait pas que la faillite de l'ex-compagnie nationale fût possible.


    En Suisse, comme aux Etats-Unis, comme en Grande-Bretagne, comme à Genève il y a 10 ans, les gouvernements ne laissent pas tomber les banques pivots. Et c'est peut-être bien cette assurance non écrite, cette insolente sécurité dont les riches et les puissants bénéficient malgré tous les discours des libéraux qui les rend si téméraires et si chers à tous...
  • Quel développement durable?

     

    Pick Up? Les Genevois connaissent-il le "Magazine d'actualités agricoles pour les jeunes"? Je ne sais pas si des classes d'école utilisent ce moyen pédagogique coloré plutôt bien fait, qui a vocation de rappeler aux mômes que le lait sort du pi des vaches avant d'être enrichi ou allégé, upérisé, homogénéisé et emballé entre six faces de carton sophistiqué.

     

    Le dernier numéro de cette revue, éditée par L'Union suisse des Paysans et son relais de ce côté-ci de la Sarine l'Agence d'information romande (AGIR) à Lausanne, décline l'incontournable développement durable qui, avec la souveraineté alimentaire, est à l'agriculture moderne ce qu'étaient le labourage et le paturage à la France et le plan Wahlen à la Suisse.

     

    Mais, au fait, c'est quoi le développement durable? Les réponses d'ados citées par la brochure didactique rejaillissent comme une cascade de questionnements:

    • c'est un développement lent
    • c'est la croissance
    • d'est le développement technique
    • c'est un changement à peine perceptible
    • c'est apprendre sur le tard
    • c'est des machines ou des ordinateurs
    • c'est des ados qui mettent plus de temps à se développer...

     

    Des réponses qui valent bien la définition officielle de ce concept valise établie par la Commission Brundtland en 1987:

    "Le développement durable répond aux besoins du présent, sans compromettre la possibilité, pour les générations à venir, de répondre à leurs propres besoins."

     

    Graphiquement, suggère Pick Up, le développement durable serait l'ensemble commun (et donc réduit à peu de chose) des sphères économiques, environnementales et sociétales. Qu'en pensez-vous, chers internautes qu'un froid polaire pourrait faire douter de l'existence du réchauffement climatique?

     

     

     

     

     

     

     

  • Bilan d'un an de blogs (suite)

    Plusieurs internautes ont commenté mon dernier billet. Je les en remercie. Je partage la plupart de leurs remarques et demande leur indulgence à ceux que ma maîtrise parfois défaillante de l'orthographe a réjouis...

     

    Je remercie également André Langaney qui dans son blog revient sur ses expériences d'auteurs dans différents médias. Je lui ai écrit le courriel ci-dessous:

     

    Bonsoir Monsieur Langaney,

     
    Vous me faites trop d'honneur en citant mon nom dans votre blog. Je ne suis que le passionné serviteur d'une nouvelle forme d'expression que je tiens en effet pour révolutionnaire et libertaire. Et pour tout dire, si j’ai été commis d’office il y a un an pour animer ce nouvel espace, j’ai trouvé dans cette aventure un plaisir rare et y ai forgé une vraie, quoiqu'encore modeste, passion éditoriale.

     
    Je me réjouis que vous appréciiez cette blogosphère que la Tribune, après bien d'autres, a largement ouverte au public, et que vous teniez ce nouvel espace éditorial en si haute estime.

     
    Oui, les blogs augmentent la liberté d’expression. Même si, comme le déplorent nombre d’internautes et vous-mêmes, c’est au prix d’une pollution souvent pénible, voire insupportable, due aux commentaires postés par certaines personnes.

     
    Je ne suis pas loin de partager votre point de vue sur cette question de la gestion des commentaires. Les refuser et ne recevoir que des e-mails présentent en effet l'avantage de forcer leur auteur à laisser au moins la trace d'une adresse électronique. A défaut d'une signature. Il est vrai que le courage n'est pas la principale vertu des anonymes.

     
    Malgré ces vicissitudes – le débat politique n’a-t-il pas mis des décennies, voire des siècles, à s’organiser sans armes? Et sous nos cieux seulement? - merci de souhaiter longue vie aux blog.tdg.ch.

     
    JFM

  • Un an de blogs à la Tribune

    Une blogueuse genevoise en voyage en Thaïlande me demande: "Au fait que faites-vous à la Tribune?" Bonne question qui tombe bien. ça fera exactement un an le 21 mars que www.tdg.ch navigue dans la blogosphère.

     

    Je suis donc depuis un an animateur des blogs sur le site de la Tribune et producteur d'un blog perso (318 billets et 521 commentaires à ce jour), mais aussi sur http://constitution.blog.ch et http://metropolegeneve.blog.ch. deux blogs publics dont je voudrais qu'ils deviennent la gazette en ligne de la Constituante et un espace d'information et de débat du projet de l'agglomération franco-valdo-genevois.

     

    J’écris animateur car le mot responsable sous-entendrait que je serais responsable des blogs et de leur contenu, ce qui n’est pas tout à fait exacte, même si je supervise leur contenu et peux [et non "peut" comme écrit dans une première version fautive] effacer un billet ou un commentaire qui violerait la loi. Notre Charte des blogs précise en effet que les blogueurs sont responsables des messages et des commentaires publiés sur leur blog. Notez que cette question de la responsabilité éditoriale est régulièrement débattue. Et que les avis sont partagés. Cette semaine encore des poursuites vaines ont été intentées à des sites du web 2.0 (les sites qui accueillent et relayent les écrits et productions multimédia des internautes). Lire ici et ici.

     

     

    Malgré une plate-forme un peu spartiate et peu performante, nous avons attiré entre cent et deux cents blogueurs de l’arc lémanique (nous partageons la même plate-forme que 24 Heures). Un score modeste en regard de nos ambitions initiales. C’est que de nombreux obstacles retiennent les quidams de relever ce défi éditorial que je tiens pour révolutionnaire, au même titre que la mise au point des caractères mobiles d'imprimerie, le PC ou l’Internet. C’est en effet la première fois dans l’histoire que tout un chacun peut publier dans le monde entier ses opinions quasiment sans frais, sans délais et sans relais. Vertigineux non ?

     

    Ce vertige nourrit d’ailleurs des angoisses qui freinent certains blogueurs, persuadés qu’ils n’ont rien à dire et encore moins à écrire (scripta manent) qui puissent intéresser leurs contemporains. C’est fou comment des adolescents à l’imagination foisonnante voient avec l’âge s’installer tout plein de préventions et barrières à la créativité et à la liberté d’expression. D’autres au contraire prennent prétexte de la faible audience des blogs pour renoncer à éditer leurs textes. Il est vrai que l’audience reste pour beaucoup confidentielle. Cependant, nos meilleurs blogueurs cumulent plusieurs milliers de visiteurs uniques par mois. Il n’y a pas beaucoup de livres qui atteignent ces scores.

     

    Mais les principaux obstacles sont le temps et le risque. Le temps qui dans notre monde semble être la seule chose qui n’augmente pas. 24 heures par jour, pas une seconde de plus (sauf les années bissextiles et une fois par siècle). Encore que la voiture, le TGV, Easy jet, l’internet et le speed dating nous font gagner du temps. Ou en perdre. C’est une question de point de vue

     

    Le risque met le doigt sur un paradoxe magistral de notre société libérale dite avancée. A Genève en particulier, où l’esprit est sensé souffler en tempête, la plupart des blogueurs potentiels, qui déclinent poliment notre offre, invoquent le risque des ennuis potentiels que pourraient déclencher la diffusion de leur prose dans la blogosphère. Sous couvert de devoir de réserve, de loyalisme, de politiquement correct et de « je-ne-veux-surtout-pas-d’emmerdes », le principe de précaution marche à fond.

     

    Derniers obstacles enfin à la prolifération des blogueuses et des blogueurs, la gestion des commentaires et la maîtrise de l’expression écrite. Les blogs, il faut bien le reconnaître, sont truffés de commentaires abscons, triviaux, anonymes. Eradiquer cette pollution, trier les messages prend un temps fou. Un véritable travail de Sisyphe. Et pose d’innombrables et délicates questions sur les limites au-delà desquelles les règles de courtoisie ou de pertinence sont considérées comme bafouées. Un sacré défi posé aux concepteurs de blogs convoqués pour inventer des filtres intelligents.

     

    En allemand comme en français, rares sont nos concitoyens, dans ce pays de sept millions d'habitants, qui maîtrisent correctement leur langue maternelle. Héritage sans doute d’une culture taiseuse et d’une école publique qui n’est pas encore parvenue à corriger des siècles de mutisme institutionnalisé. Plus grave, cette école publique n’est même pas parvenue à transmettre tout simplement les outils de la narration, de l’humeur, de l’information ou de la poésie. Rares sont donc les internautes à la plume déliée, plus rares encore ceux qui savent exploiter toute la richesse des liens hypertextes et importer des images et de textes pour enrichir leurs billets.

     

    Au terme de ce billet trop long - la concision est aussi un art du blog - je me console en pendant que la blogosphère est encore en phase d’apprentissage. Il me faut donc laisser le temps au temps et multiplier la promotion des blogs.

     

  • Que cache la gaze?

     

    Un voile, une gaze pour mieux cacher le gaz? C'est réussi on ne parle plus que de la gaze et plus du gaz. Si c'est voulu de la part de Calmy-Rey alors elle dépasse Sarkozy dans l'art de détourner le peuple du vrai débat.

     

    Si Paris vaut bien une messe, l'énergie vaut bien une une gaze, disent les pragmatiques. La Suisse comme l'Occident n'a pas le choix que de faire patte de velour en présence de ceux qui ont la main sur le robinet. Et peut-être, m'explique un ancien rédacteur en chef de la Tribune, que la Suisse y trouvera une nouvelle occasion de jouer les médiateurs entre l'oncle Sam et les Ayatollahs.

     

    N'empêche que cette concession est plus que malvenue, à l'heure où, à l'ONU, d'aucuns bataillent ferme pour supprimer leur universalité aux droits de l'homme. Qui sont en l'occurrence les droits de la femme. Mme Calmy-Rey n'était pas l'invitée d'un dignitaire religieux. Elle ne pénétrait pas dans un temple ou une mosquée. Qu'on le veuille ou non, le voile est dans la majorité des cas un signe de soumission.

     

    C'est donc une faute qu'a commise notre ministre.

     

     

  • 18'506 Suisses sondés par internet

    Ils ont l'allure de jeunes cadres dynamiques bien sous tous rapports et se passionnent pour la politique. Ils ont entre 21 et 26 ans, sont étudiants en sciences économiques et politiques des universités de Saint-Gall et de l'EPF de Zurich et ont créé l'association Vernunft Schweiz dont le site internet n'est disponible qu'en allemend. Qu'importe, leur enthousiasme juvénile semble avoir conquis l'intérêt des plus hautes personnalités du pays (dont Doris Leuthard, Ueli Maurer, Fulvio Pelli, Hans-Jurg Fehr et Ruth Genner) et de quelques riches sponsors (dont UBS) qu'ils affichent en tout transparence.

     

    L'automne dernier, ce think tank basé à Saint-Gall a lancé un maxi-sondage internet sur l'ensemble du pays. Il en livre le résultat ce matin. 18'506 personnes ont répondu à un questionnaires de 51 questions. L'image qu'il livre des Suisses est assez conservatrice. Jugez-en par vous-même. Leur rapport est ici. (cliquez sur le mot ici et sur le tableau ci-dessous pour l'agrandir)

     

  • Dix ans pour réformer l'Etat. Vous rêvez!

     

    L'examen attentif de cette page est un joli rébus. Un choix de photos qui n'a rien d'aléatoire, mais qui dit tout de l'orientation un peu bobo de la rédaction de notre confrère. Pas une photo de migrants africains, pas une femme voilée, pas un pauvre, pas un vieux, un enfant non plus. Est-ce que ça ne collerait pas avec les pleines pages de pub high tech?

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Les rétrospectives sont toujours pleines d'enseignements. Celle du journal Le Temps, qui fêtait hier les 10 ans, n'exhalait toutefois pas à ce tendre parfum de nostalgie souvent associé à ce genre d'exercice. Dix ans, en cette année 2008, où nous allons fêter les 40 ans de Mai 68, c'était hier.

     

    Un hier certes encore installé dans le siècle dernier. Dix ans qui ont apporté leur lot de percées technologiques: les clones, les OGM, les embryons éprouvettes. Le mp3 qui tue l'industrie du disque traditionnelle, comme l'écran à encre électronique tuera d'ici dix ans au plus le quotidien papier.

     

    Dix ans qui nous ont familiarisé avec la téléprésence (on ne dit plustéléconférence, nous dit le Temps), désormais à la portée de tout un chacun grâce à Skype, un pionnier. Le globe qui nous sert de monde s'en trouve un peu plus rétrécit. L'internet à haut débit et les voyages low cost (Easy Jet a remis Cointrin sur les rails) nous donnent presque le sens de l'ubiquité. Les blogs démocratisent l'édition pour trois fois rien et projette la liberté d'expression dans une jungle bruyante qui cherche ses lois. Trois fois rien. Cette décennie a aussi consacré l'ère de la gratuité. Le triomphe des commerçants qui tiennent les producteurs dans la main et font valser les consommateurs comme les étiquettes. Et ce n'est pas fini.

     

     

     

    Dans dix ans quoi? Au plan politique, la prospective est tout entière contenu dans le dessin de Chappate. Un résumé saisissant, qui fait sourire mais qui devrait faire pleurer.En Suisse, un seul monstre n'a pas changé ou si peu. La Suisse est un puzzle institutionnel dont chaque pièce fait office de verrou.

     

    A l'Est, les Etats changent et s'adaptent à grande vitesse aux normes européennes. En Russie, la reconstruction de l'Etat est une question de survie de la nation. En Espagne, les grandes régions s'inscrivent dans une compétition positive. L'Allemagne a réformé ses communes et dotée ses villes d'institutions à la dimension de leur géographie explosive.

     

    La Suisse est restée figée dans ses 26 cantons et les villes dans leurs petites communes. Certes les intercantonalités (la gestion des HES par exemple) et les intercommunalités (le parascolaire) ont gagné quelques parts de marché, mais au prix d'une perte grave de gouvernance démocratique. Ces voies sont sans issue et se heurtent toujours davantage aux droits de veto que possède constitutionnellement le plus petit des morceaux du puzzle (fusion de communes).

     

    Dans dix ans, nous serons donc encore un peu plus ficelé dans le lacis des communes et des cantons. Genève aura-t-elle une assemblée de gestion de son agglomération franco-valdo-genevoise? On peut toujours rêver. Même si le processus constitutionnel qui va s'ouvrir qui nous y invite.