• Perspectives oecuméniques

    Tout de lie de vin vêtue, la dernière brochure de l'Eglise catholique romaine de Genève aborde non sans opportunité la mer des Sargasses (et peut-être aussi celle des sarcasmes), où les navires les mieux pilotés s'encalminent. Ainsi va l'oecumémisme à Genève. 

    A l'heure où Taizé draîne quelque 40'000 jeunes à Genève sur les marges des églises chrétiennes et prouve que la ferveur . Pour l'évêque auxiliaire de Genève, au cœur de l'œcuménisme, il y a l'espérance. Fort bien, force est constater que le vent  

    Pour le jésuite Louis Christianens évoque la question

  • Justice genevoise: triple présage

    Quel est votre premier souhait pour 2008?

     

    Daniel Zappelli procureur général de la République et candidat à sa propre succession en avril prochain répond ce matin à la Tribune: "Etre plus présent pour ma famille." Voilà une sage résolution dont les électeurs risquent de se souvenir. D'autant qu'une deuxième bonne raison vient immédiatement à la lecture du second voeux du PJ: "Arrêter de fumer. J'en suis à trois paquets par jour." A l'évidence les Genevois lui rendraient la santé en sortant cet homme stressé.

     

    Troisième présage servi par les hasards de la mise en page, la photo de son possible successeur François Paychère, socialiste et actuel président du Tribunal administratif est placée juste à côté des confidences du magistrat radical.

     

  • Abraham l'Aid al Kebir et nous

    Mercredi dernier Hani Ramadan a publié dans mon journal préféré une tribune libre à l'occasion de ce que nous appelons en Occident la fête du mouton. L'Aid al Kebir (ou tabaski au Sénégal) rappelle le sacrifice du fils d'Abraham que Dieu exige dit la Bible pour éprouver l'obéissance de son serviteur. Au dernier moment, Dieu envoie un ange lequel félicite le patriarche irakien et lui propose d'immoler un bélier à la place de son fils unique.

     

    Cet épisode m'a toujours impressionné et je me souviens enfant des dessins qui illustraient mon catéchisme. On y voyait le viel Abraham, un grand couteau à la main, prêt à sacrifier son fils unique étendu sans défense sur une pierre et n'opposant aucune résistance au geste fou de son père. Des années lumières nous séparaient déjà de cette histoire.

     

    Sa symbolique reste néanmoins toujours d'actualité. Et creuse certainement encore le fossé qui sépare la tradition chrétienne de la tradition musulmane et nous met au défi de rechercher fraternellement des ponts pour le franchir sinon le combler.

     

    J'ai proposé à Hani Ramadan de publier sa chronique dans un blog, histoire d'ouvrir un dialogue avec les internautes. Qui lui diraient peut-être:
    - que le bélier sacrifié renvoie étrangement à l’agneau immolé
    - que le fils sauvé l’est en effet pour l’éternité
    - que la nation choisie c’est désormais toute l’humanité
    - que le rituel enfin est un compromis pas plus mauvais qu’un autre entre l’enferment que nous réserve le mythe et la liberté
    - que l’Un n’exite pas sans l’autre et que l’autre est mon prochain que je dois aimer comme moi-même.

     

     

     

     

  • Commentaires et anonymat (suite et pas fin)

    Bonjour à tous les commentateurs anonymes qui ont pris la peine de donner leur point de vue sous mon dernier billet. Vos arguments, je dois le confesser, ne manquent pas de pertinence. C'est d'ailleurs la raison qui m'a conduit dès le début de l'édition de ce blog à l'ouvrir largement aux commentaires libres et souvent anonymes des internautes.

     

    Mais je ne suis pas un politicien (je l'ai été), je ne suis pas non plus Madame Egalité. Or leurs blogs sont plus souvent que le mien pollués par des messages dont la courtoisie est très relative et la pertinence parfois fort ténue. D'autant que certains anonymes semblent passer leur temps à envoyer des messages, au point de couvrir de leur bruit intempestif les billets vraiment intéressants.

     

    Sur le fond, ce débat sur l'anonymat renvoie à la vraie nature de notre société occidentale, qui se dit avancée et se targue d'être le berceau de la liberté d'expression. L'argument principal des anonymes est en effet celui-ci: en publiant nos commentaires à visage découvert, nous prenons le risque d'être fiché, mis sur des listes noires, ennuyés par x ou y détenteur d'un pouvoir civil ou professionnel, etc.

     

    Moi je dis que notre société méritera ses lauriers de patrie des droits de l'homme lorsqu'elle défendra la liberté d'expression pour tous. C'est un combat que l'on ne peut conduire qu'à visage découvert.

     

    J'arrête ma réflexion là, faute de temps aujourd'hui, mais je ne doute pas que vous allez continuer de l'alimenter. Bonnes fêtes à toutes et à tous.

     

  • Commentaires et anonymat: les points sur les "i"

    Je viens d'effacer les commentaires de deux internautes. Le premier signe son commentaire Albert Taux, mais ne m'a pas laissé d'adresse e-mail. Le second signe d'un pseudo, mais m'a laissé son adresse.



    Hier soir donc à 18h29 Albert Taux a écrit: "Je constate que certains blogueurs bloquent systématiquement tous les commentaires et nous assènent leur seule vérité. En fait l'espace blog, c'est leur PRAVDA à eux." Suit un texte un peu amer mettant en cause des politiciens, grands défenseurs de la liberté d'expression, mais qui refuseraient le dialogue qu'offre le jeu des commentaires. Géo affirme pour sa part que je serais le grand censeur des blogs et des commentaires.



    Voilà ma réponse.

    Trois précisions tout d'abord:

    • Un blog est un carnet de bord personnel qui a vocation de publier des articles d'information et d'opinion. Les blogeurs sont responsables des billets qu’ils publient et des commentaires qui y sont publiés.
    • La Tribune est un hébergeur qui met tout en œuvre pour que les règles de civilité soient respectées sur les blogs qu’elles hébergent.. (Les internautes sont d'ailleurs invités à alerter l’hébergeur en cliquant sur les mots «Signaler un abus»).
    • S’agissant des commentaires, les blogueurs ont trois possibilités de les gérer: refuser les commentaires, ne publier les commentaires qu’après les avoir validés, publier tous les commentaires aussitôt postés. Malheureusement lorsqu’un blogueur choisit de refuser les commentaires (ce qui est son droit), notre plate-forme actuelle de blogs ne permet pas de signaler clairement ce choix aux internautes. La solution que nous préconisons (déclarer ce choix dans la rubrique «A mon sujet» ou dans un billet rangé dans une rubrique mode d’emploi ou à propos de ce blog) est un pis-aller insuffisant.


    Cela dit, le commentaire de M. Taux ne manque pas de pertinence. En effet, tous les blogueurs ne jouent pas le jeu de l'interactivité. A leur décharge, reconnaissons que certains commentaires ne présentent guère d'intérêt, que d'autres sont hosr sujet ou par trop discourtois et que la plupart restent anonymes.

     

    Or, contre vents et marées, je lutterai tant que je suis responsable de ce service pour des blogs dont les usagers (auteurs et lecteurs) adoptent cette règle simple mais primodiale en démocratie:

    Courtoisie, pertinence, concision et déclaration exacte de son identité
    dans les blogs Tribune, à défaut de quoi les internautes sont pleinement légitimés à effacer les textes publiés.

     

    En espérant que chacune et chacun pourra faire sien cette recommandation, je souhaite à toutes et tous de joyeuses fêtes.

     

     

    Jean-François Mabut
    Blogs et wikis sur www.tribune.ch
    T: +4122 322 37 10
    M: +4179 400 11 18
    C: Jf.mabut@edipresse.ch
    B: http://jfmabut.blog.tdg.ch

     

    11, rue des Rois,

    cp 5115, 1211 Genève 11

     

  • Comme des petits enfants

    Bernadette me demande dimanche à la sortie de la messe:

    - "Dis moi, Jean-François, ne pourrais-tu pas t'entretenir avec un groupe de jeunes de Taizé le 31 Décembre au matin?" Taizé, j'y suis allé, comme beaucoup de Genevois, une ou deux fois gamin, en course d'enfants de choeur notamment, puis adolescent avec mes parents militants alors dans les foyers chrétiens. J'en garde un souvenir enfoui mais lumineux.

    - Hmmm, que je réponds en forçant mon enthousiasme, c'est à quelle heure?

    - De 9h à 11h, me répond mon ancienne institutrice qui a gardé une espérance juvénile, mais tu peux venir aussi dès 8h30 pour la prière....

    -rehmmm. Et voilà le piège s'est refermé. Faisons donc contre mauvaise (!?) fortune bon coeur. Que vais-je donc leur raconter?

    - Il suffit que tu répondes à leurs questions. Le but de leur rassemblement à Genève est d'entrer en contact avec des Genevois.

    - Histoire de nous sonner les cloches en silence, me dis-je in petto.

     

    Me revient alors cette chronique de l'ancien chancelier d'Etat du canton de Genève que j'ai lu dans l'édition de cet été de la revue "itinéraires": "Devenir comme des petits enfants". Dominique Haenni qui, ayant quitté le service de l'Etat et la Mairie de Carouge, est devenu théologien revient sur son catéchisme: "Si nous ne devenons pas comme ces petits enfants, nous n'entrerons pas dans le Royaume des cieux. Mais cela veut dire quoi exactement?"

     

    Pas question évidemment comme le pense le sage juif intéressé par l'enseignement de Jésus de retourner dans le sein de sa mère. "Plusieurs passages des Ecritures nous proposent d'aller plus loin, écrit Dominique Haenni. le plus bouleversant est peut-être celui où Dieu envoie son Esprit pour devenir lui-même un enfant. Il naît ainsi d'une femme, comme le constate saint Paul. par amour, lui Dieu, commence par se mettre dansla totale dépendance de parents dont la fragilité humaine nous consterne." Tout est dit, non! Lire aussi ici.

  • Le barème fiscal obwaldien reste progressif

    "Steueurprogression ade" (Progression de l'impôt adieu) titre ce matin toute la presse suisse à l'exemple de la Baslerzeitung. Après avoir tenté d'imposer le barème dégressif et s'être fait siffler par le juge arbitre du Tribunal fédéral pour hors jeu, le petit canton d'Obwald (à peine plus peuplé que la commune de Vernier) est entré hier dans l'histoire suisse en votant à 90,7% et tous partis confondus, excusez du peu, un barème linéaire, appelé pour faire bien flat tax.

     

    En fait la flat tax d'obwald n'a de flat que le titre. En effet, en n'imposant pas les dix mille premiers francs du revenu imposable, et chaque francs suivant avec un taux fixe à 12%, Obwald fabrique de facto un barème progressif comme le montre le graphique publié le 17 août dans ce blog. Voir aussi ici. On lira aussi le très éclairant billet publié par François Brutsch très, très tôt ce matin.

     

    Le barème à taux unique est sensé simplifié l'impôt. C'est là une autre illusion propagée par le marketing politique libéral. En effet, ce qui complique le calcul de l'impôt ce n'est pas le barème, mais le nombre et la complexité des déductions possibles qui permettent de passer du revenu brut ou revenu imposable.

     

    Pour mémoire, la TVA est une sorte de flat tax à deux taux, que Merz voudrait simplifier en introduisant un seul taux et l'assurance maladie est un impôt dégressif qui frappe proportionnellement beaucoup plus les pauvres que les riches.

  • Les Genevois votent comme les partis

    Oui, oui oui, oui, oui, oui, non, non! Pas un parti n'a donné le résultat gagnant des votations de ce dimanche. L'UDC, les radicaux, le MCG et le parti social démocrate sont à un point du but. Un signe de maturité de l'électorat et d'indépendance par rapport aux partis? Sûrement pas. Je me suis amusé à faire le rapport des mots d'ordre des huit partis ayant des élus à Genève. Et bien le résultat des urnes sort exactement comme le montre le tableau ci-dessous!

     

     

     

     


  • Moutinot cultive le mythe

    Laurent Moutinot, président du Conseil d'Etat, n'a évidemment pas manqué de fêter le 405e anniversaire de l'Escalade avec la société des Vieux-Grenadiers.

     

    On sait que le costume de la vénérable compagnie a pris quelques libertés avec l'histoire, mais qu'importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse. Il en va de même de Genève aujourd'hui dont la majeure partie des habitants ne sont pas du cru.

     

    Et il en allait de même déjà en 1602. Dans sa livraison du 13 décembre, l'hebdomadaire Le Messager de Thonon écrit: "L'étude des protagonistes de cette nuit de l'Escalade montre qu'iln'y avait que peu de "vrais" Genevois parmi les héros et que les assaillants savoyards ne l'étaient pas vraiment!" Et le journaliste Dominique Ernst de poursuivre:

     

    "Du côté des Genevois, la mère Royaume était d'origine lyonnaise alors que Dame Piaget venait de Présilly. Huit des dix-huit 2morts pour Genève" venaient de Savoie voisine (Andilly, Viuz Saint-Jeoire) ou du Piémont et de l'Ain! quant à la troupes des "Savoyards", elle était essentiellement composée de soldats piémontais, napolitains et espagnols, auxquels s'étaient joints des anciens ligueurs français."

     

    "Une chose est sûre, ajoute Le Messager, les population savoyardes limitophes de la ciét de Calvin ont fêté dans la joie la victoire des Genevois. On dit même qu'un grand feu de joi fut allumé à Saint Julien, où six mois plus tard, le 21 juillet 1603 fut signé la paix sous les auspices des puissances de l'époque.

     

    Laurent Moutinot n'a rien dit de tout cela dans son discours. Il s'est contenté de ressassé le mythe de la cité injustement attaquée qui se délivre sans même qu'un chef ne dirige la milice bourgeoise. Que pensait Robert Cramer qui était à ses côté lui qui venait de signer le projet d'agglomération franco-valdo-genevos? N'est-il pas temps, Monsieur le président du Conseil d'Etat de changer de discours?

     

  • Décaillet pouvait-il résister?

    Décaillet a craqué. Il n'a pas résisté au plaisir d'avoir Blocher sur son plateau de Léman Bleu, enfin presque puisque le tribun zurichois a été interviewé hier soir depuis Berne en duplex.

     

    Genève à chaud s'est donc délocalisé sur les bords de l'Aar pour dérouler un tapis rouge à un ex qui a cru pouvoir impunément fouler aux pieds les règles de la collégialité gouvernementale et entend continuer à imposer sa politique au Parlement par un usage abusif des droits démocratiques.

     

     

    J'hésite entre tirer un coup de chapeau au meilleur journaliste de Suisse romande ou crier haro sur le baudet. Question: cette invitation par une télévision locale relève-t-elle de l'info-show ou de l'info chaude?

     

    Tendre le micro à un homme politique n'est jamais innocent. Le pari de Pascal est donc risqué. Mais il l'est pour nous tous journalistes. Les rédactions vont-elles traiter Blocher en victime. Réagiront-elles à chacune de ses actions? Le solliciteront-elles à tout bout de champ comme s'il était le 9e conseiller fédéral?

     

    Comme le Parlement, qui peut faire et désormais défaire un ministre, la presse peut être complice de faire et de défaire des réputations.

  • Les députés genevois votent le budget

    Les députés genevois votent le budget 2008. Un acte majeur de l'année parlementaire, encore que, à l'exception des impôts et des emprunts, la loi budgétaire soit la seule qui ne puisse pas être contestée par le peuple par un référendum. La raison de cette exception: la loi budgétaire, qui autorise tout de même le Conseil d'Etat à dépenser plus de 7 milliards de francs l'an prochain, est le réceptacle et l'expression en francs et centimes de la mise en œuvre de toutes les autres lois et règlements de la République.

     

    Les députés vont donc chipoter ici et là, passer un coup de rabot général ou même réduire une subvention à telle ou telle association, mais pour les grandes réformes, il leur faudrait s'attaquer au corps des lois. Et là le Parlement a encore des efforts à faire.

     

    En attendant un nouvel audit général de l'Etat - le dernier a été imposé par une initiative cantonale du groupement Halte aux déficits - ce à quoi semble s'appliquer la France, je livre à la réflexion générale cette brève histoire des finances publiques genevoises en deux graphiques.

     

    Le premier montre les résultats du compte de fonctionnement de 1970 à aujourd'hui. Les bâtonnets rouges illustrent l'excédent annuel de charges ou l'excédent annuel de revenus (déficit ou bénéfice). Les bâtonnets verts indiquent le cumul des déficits du compte de fonctionnement au fil des ans, réduits quelquefois des bénéfices, comme dans les années 80 en l'an 2000 ou aujourd'hui. Au total une dette de 4 milliards de francs cumulée en 30 ans. Une dette de consommation seulement, car ces graphiques ne montrent pas la dette résultant des investissements, ni les 2,5 milliards que le canton a engagé pour renflouer sa Banque cantonale.

     

    Le deuxième graphique est une simple projection d'une opération de remboursement de cette dette de consommation. En clair pendant combien d'années le canton de Genève devrait-il dégager des bénéfices (de l'ordre de 300 millions de francs par année...) pour éponger cette dette?

     

    Conclusion: quand on sait les appétits à droite comme à gauche que déclenchent les bénéfices, autant dire que tous les discours réclamant le remboursement de la dette sont vides de sens, s'ils n'indiquent pas comment faire.

     

    [cliquer sur les graphiques pour les agrandir]

     

     

  • Sagesse d'Escalade

    Scorie de marmite: "

    Tout le monde veut sauver la planète, mais personne veut descendre les poubelles."

    Une pensée de l'inénarable et regretté Jean Yanne trouvée dans un pétard d'Escalade.