• "Stop aux loyers abusifs" a abouti

    Pour vous aider à réfléchir à la question posée dans mon dernier billet, la lecture de l'initiative 140  intitulée "Stop aux loyers abusifs et à la pénurie de logements, 10 mesures urgentes" qui a abouti de justesse peut s'avérer utile.

     

     

  • Acheter ou construire?

    Le Conseil d'Etat va racheter 1550 logements à la Fondation chargée de liquider les biens surévalués de la Banque cantonale (héritage de notre crise à nous des subprime, le bada boom immobilier de la findes années 80). Et verser ces appartements dans le stock des logements d'utilité publique. Lire son point de presse de ce jour.

     

    Bonne opération se dit-on de prime abord. Ces logements devraient être acquis à un prix intéressants. Encore que le marché immobilier actuel soit plutôt tendu. C'est aussi oublier que l'Etat et donc les contribuables les ont déjà payés une fois ces appartements. En effet, la reprise par la Fondation de revalorisation des casseroles de la BCGe aura alourdi la dette cantonale de 2,5 à 3 bons milliards de francs.

     

    Les millions que l'Etat va engager ne devrait-il pas être mis à construire des nouveaux logements? Poser la question c'est y répondre.

     

    Qu'en pensez-vous? merci de poster votre avis en cliquant sur le mot commentaire ci-dessous. NB: Les messages trop longs, discourtois, hors sujets ou anonymes pourront être effacés.

  • Pagani ne fait pas la révolution

    Pour construire du logement social, Rémy Pagani veut municipaliser le terrain. Mais le conseiller administratif rouge qui fut en son temps défenseur des quartiers et empêcheur en chef de densifier en rond n'a pas encore (?) l'intention de passer par la case révolution.

     

    Il propose donc à la Ville d'augmenter son budget d'acquisition. A mille francs le mètre carré plus le prix de la villa à la valeur à neuf, il faudra en effet que la Ville augmente sérieusement son budget. Quant à savoir comment on construira du logement vraiment social à ce prix, on peut supputer que le contribuables sera encore une fois inviter à passer à la caisse.

     

    En attendant que la Ville garnisse son portefeuille de terrains à construire, on pourrait déjà lui suggérer d'urbaniser les terrains qu'elles possèdent. Un ami actif dans la construction me signale deux sites de choix, deux friches urbaines de longue date:

     

    • Au 12 rue Lombard, en face de l'hôpital, le pâté de maison appartient à la Ville et est en zone de développement. (images tirées du Système d'information du territoire genevois www.sitg.ch)


    • A la rue du Vuache, les numéros 2, 4, 5, 6 15, 17, 23, 25 appartiennent à l’Etat ou à la Ville de Genève.

  • 97 ans au bio pour faire jeu égal

    Combien faut-il d'année pour que le bio fasse jeu égal avec les produits conventionnels? Au rythme actuel de 4,7% pour le bio et de 2,1% pour le conventionnel et en considérant que le bio ne représente que 10% des denrées vendues, il faudrait 97 ans, comme le montre le graphique ci-dessous.

     

     

    En fait sûrement moins, car il est peu vraisemblable que le conventionnel conserve son rythme de croissance. Il y a un moment où l'effet de substitution va faire baisser le courbe des produits conventionnels.

     

    Mais le passage au bio n'est pas aussi simple. Lire à ce propos le billet ci-dessous.

  • Pourquoi si peu de paysans bio à Genève?

    Bio Suisse se réjouit cette semaine d'une croissance de la consommation de produits bio de 4,7% contre 2,1% pour les produits conventionnels et de la pénurie croissante de produits bio. C'est que faire du bio durable nécessite la réalisation de deux ou trois conditions.

     

    La première est d'élever du bétail sur le domaine. Car sans bétail pas de fumure, et sans engrais, la productivité du sol chute petit à petit bien au-dessous de celle d'une culture normalement fumée. La fumure animale ou le compost ont de toute façon leur limite, car, toutes choses égales par ailleurs, comme disent les économistes, c'est l'engrais azoté qui détermine in fine la productivité d'une culture.

     

    Deuxième condition, le bio est évidemment peu compatible avec les exploitations intensives où l'on produit 5 à 8 tonnes de blé par hectare (jusqu'à 10 tonnes dans les meilleures régions en France) ou 12 à 15 tonnes de lait par an et par vache. De telles performances sont impossibles sans l'application raisonnée d'une chimie pointue et l'apport d'aliments énergétiques importés. Conséquence, il est bien plus facile et moins risqué économiquement pour une grande exploitation extensive de faire du bio.

     

    Résultat, Genève et Vaud sont en queue de liste des cantons bio, comme le montre la statistique publiée par Bio Suisse en avril 2007. Il est en effet beaucoup plus facile d'être bio en montagne qu'en plaine. D'autant que le revenu des paysans de montagne dépend pour plus de 60% des paiements directs de la Confédération, lesquels sont indépendants des quantités et des qualités produites.

    [cliquez sur le tableau pour l'agrandir]

     

    D'autres éléments freinent le développement du bio. Les produits bio réclament évidemment des filières séparées et contrôlées. Et, comme les volumes produits et commercialisés sont encore très petits, chaque kilo ou litre coûte forcément plus cher. Or le prix reste un facteur déterminent dans l'acte d'achat des consommateurs.

  • Que coûte votre maire?

    Coup de chapeau à Bilan qui nous livre dans son dernier numéro du 24 octobre les indemnités et/ou salaires versés aux exécutifs des communes genevoises de plus de 2000 habitants. Jean-Raphaël Fontannaz a dû batailler ferme pour obtenir ces chiffres. La loi sur l'information du public et l'accès aux documents du 1er mars 2002 a été une arme bien utile.

     

    Chaque citoyen peut désormais évaluer si le rapport coût/prestations est à la hauteur des montants divulgués. Il faut savoir qu'à Genève, les communes ne constituent que 18% des dépenses totales du canton et des communes alors qu'ailleurs le rapport peut aller jusqu'à 60% et est en moyenne de 40%. Les responsabilités de nos magistrats communaux sont donc bien moindres que celles de la plupart de leurs homologues suisses.

    [cliquer sur l'image pour l'agrandir]

  • Le marché bio croît deux fois plus vite...

    Les consommateurs aiment les produits bio.

     

    Selon Bio Suisse ce marché croît plus de deux fois plus vite que le marché des produits conventionnels, soit respectivement 4,7% et 2,1%.

     

    Question: à ce rythme, dans combien d'années les produits bio feront-ils jeu égal avec les produits conventionnels?

     

    • Vos réponses en cliquant sur commentaires ci-dessous. Et ma réponse demain matin. A+

    Réponse : 97 ans. Lire ci-dessus


  • L'irréprochable République

    Le parlementarisme reprend ses droits en France, là où la Constitution lui ménage un petit peu de pouvoir, à savoir dans la révision de la Constitution. Ailleurs, partout ailleurs, c'est le gouvernement qui dispose. Et, depuis que le gouvernement c'est le président,...

     

    Après un Grenelle de l'environnement, qui n'a fait que remettre la France au milieu du peloton des pays en voie d'ou"vert"ure (les PVV) ou des pays en voie de gouvernance écologique (les PGE), mais qui a transformé le Parlement en Chambre d'enregistrement, celui-ci se rebiffe. Il a fait comprendre au président gouverneur qu'il était urgent d'attendre les Municipales pour avancer sur la route de la révision constitutionnelle. Et le président gouverneur de s'incliner, car, pour réviser la Constitution, il lui faut obtenir trois cinquièmes des votes des députés.

     

    Le président gouverneur reculera-t-il semblablement face à la rue dans le dossier des retraites? On peut le craindre. En ayant accepté durant l'été d'édulcorer le principe du service minimum qui devait permettre aux Français de se rendre à leur travail malgré la grève, il a permis aux syndicats de la fonction publique de continuer à peser outrageusement sur le cours de la politique en prenant les usagers en otage?

     

    Reste le rôle du Parlement. Nombreux sont les analystes à se féliciter de la méthode Grenelle. Cinq mois de débat ont effectivement mis les nombreux intervenants associations, syndicats, patronat, institutions en situation de rechercher des compromis plutôt qu'à ferrailler les uns contre les autres. Le débat a été riche de pédagogie et d'enseignement. N'empêche que sa conclusion impériale a passablement vidé l'exercice de son sens.

     

    Pourquoi n'avoir pas confié à une Commission parlementaire le relais de ces débats citoyens? Elle aurait pu entendre les différents rapports dans des auditions publiques retransmises par des télévisions et sur le net (des hearings à l'américaine) et auditionner d'autres personnes encore. Bref de quoi permettre au Parlement français de s'approprier le projet environnemental, de le faire sien jusque dans les circonscriptions électorales et de le transformer naturellement et de manière transparente en loi.

     

    En ayant court-circuité les députés, Sarkozy s'en est fait des ennemis. Eux aussi sont pourtant élus au suffrage universel!

  • Karol, un homme devenu pape

    Quatre fois une heure et demie pour résumer quatre-vingt-cinq ans d'une vie exceptionnelle, fascinante, tonitruante, foisonnante, planétaire, qui aura marqué l'histoire de la fin du deuxième millénaire peut-être autant sinon plus que celle d'un Lénine ou d'un Staline, deux de ses adversaires irréductibles. Une mission impossible! Un défi insurmontable! Une pure folie!

     

    Camilla Nesbitt et Pietro Valsecchi, les deux producteurs de "Karol, un homme devenu pape" ont tenté l'aventure. Résultat, le réalisateur, Giacomo Battiato, non croyant mais éduqué dans la tradition catholique, nous livre un roman vidéos de 360 minutes, une reconstitution hagiographique et linéaire d'un pape quelque peu réduit au rôle d'un Tintin en soutane. Un film catéchétique d'un pape globe-trotter, qui a évidemment remporté un immense succès dans le monde catholique dès sa sortie en 2005. Arte l'a diffusé en prime time cette fin de semaine.

     

    Comment en effet rester insensible face au destin extraordinaire de ce Polonais?

     

    Pas facile de représenter Karol. L'acteur Piotr Adamczyk s'en tire pas trop mal. Il campe un Karol au sourire un peu niais, pétri de bonnes intentions, un rien boy-scout, ayant réponse à tout: un prêtre sans doutes, un professeur de morale adulé, un évêque combattif et sans concessions, un pape infatigable, imprécateur et jusqu'au bout(iste).

     

    «Si seulement je pouvais être le pape d’ici, et non pas du Vatican». C'est cette phrase prononcée en Inde qui a motivé le cinéaste italien à raconter toute la vie de Jean-Paul II, de ses années estudiantines, dans la Pologne occupée par les nazis, à son agonie la veille de Pâques 2005.

     

    Que n'a-t-il pas rompu avec les ors de Saint-Pierre, se dit-on? Le film ne répond pas. En fait il ne pose même pas la question. Un oubli parmi de nombreux autres. Le pape était-il plus prisonnier de son rôle et peut-être de la Curie que ne le montre le film?

     

     

     

  • La souveraineté alimentaire boudée par les paysans

    En marge du Grenelle de l'environnement, qui tient le devant de la scène médiatique, Uniterre, l'association de gauche des paysans suisses publie la liste des nouveaux élus romands à Berne défenseurs de la souveraineté alimentaire.

     

    Ils sont 13. Mais on n'y trouve pas un paysans! Curieux non! Pour Genève on y trouve les députés Roth-Bernarsconi, Rielle, Cramer, Hodgers et Leuenberger.


    Le Pacte « pour une agriculture citoyenne basée sur la souveraineté alimentaire » lancé par Uniterre cet été a été signé par plus de 128 candidats de tendances et de milieux divers (agricole ou non). Au menu, les OGM et les brevets sur les plantes et les animaux, des prix équitables (liés aux coûts de production) pour des conditions sociales et salariales correctes pour la famille paysanne et les ouvriers, la priorité à la production locale et contractualisée et finalement la souveraineté alimentaire en Suisse mais également en Europe.

  • La démocratie v(i)olée

    Comment qualifier le sommet de l'environnement que la France nous offre en direct ces jours? De parodie démocratique?

     

    Sous les lustres de cristal brillants de lumière de l'Elysée, le Grenelle de l'environnement - en référence au accords signés après les événements de mai 68 au Ministère du travail sis rue de Grenelle - a largement accouché de quelques souris sans grands impacts à court terme. Grand pape de la France moderne, Sardozy, entouré des cardinaux hors sol de la nouvelle Curie climatique - tiens il n'y avait pas Hulot - a rendu ses arbitrages.

     

    Oui la France s'engagera dans le cadre de l'Europe sur la voie de la taxation du CO2, mais à pas compté et dûment étudiés (autant dire aux Calendes grecques).

     

    Oui la France taxera le trafic poids lourds et relancera le chemin de fer et le ferroutage. Difficile de croire la mesure possible à l'heure ou l'industrie lourde est largement délocalisée.

     

    Oui la France va (enfin) rattraper son retard en matière d'énergies douces et de constructions écologiques, tout en continuant à miser sur l'énergie nucléaire. La France épandera moins de pesticides dans ses champs, mais elle n'enterre pas les OGM. Les principaux points de la déclaration présidentielle sont ici.

     

    De ce one-man show cathodique, le pire est sûrement le court-circuit géant, le black-out total qui frappe le Parlement français. Disqualifiés, tenus pour quantité négligeable, réduits à une simple chambre d'enregistrement des volontés présidentielles, les députés français n'ont même pas été conviés, ne serait-ce qu'une délégation d'entre eux, à la grand messe élyséenne.

     

    Dommage, vraiment dommage, cette présidentialisation extrême et conclusive d'un débat orginal. Car le Grenelle de l'environnement a été riche d'une réflexion très intense, d'une véritable prise de conscience du gaspillage des ressources énergétiques et de la pression polluante que l'homme exerce sur la nature.

     

    Mais peut-être que la réponse à notre question initiale est dans l'affiche ci-dessous. L'urgence commanderait donc de se passer du droit de vote! 

     

  • Les Béninois et la Californie

    La Californie est souvent sous les feux de la rampe. la voilà en feu, elle fait la Une. Les médias gavées d'images spectaculaires en rajoutent. Hier soir au TJ, Darius Rochebin s'est inquiété pour les séries américaines tournées dans la région. On a donc appris que que quelques-unes avaient déjà perdu deux jours de tournage et des centaines de milliers de dollars.

     

    Ce matin, je lis en page 9 de mon quotidien préféré, qui ouvre lui sur la piste de ski de la Treille et la virtuosité de nos édiles à brasser l'écume des jours, ce titre: " "Deux cent mille esclaves parmi les enfants béninois." Comment se fait-il que cette actualité durable émerge sur le front de l'actualité brûlante? C'est qu'il existe encore quelques idéalistes dans notre cité qui travaillent à améliorer la condition de leurs semblables. Terre des hommes en l'occurrence. Qui espère arracher dans les deux ans à venir mille petits Béninois de moins de 14 ans des carrières nigériannes. A ce rythme, il n'y aura plus d'enfants esclaves dans 200 ans... [cliquez sur l'image pour l'agrandir]