• Le CZKS va-t-il manger le CEVA?

    227640944.jpgLe CZKS c'est la liaison directe Cornavin (ou Cointrin) Zurich, Kloten, Saint-Gall. Direct car jusqu'en 2012 (ou plus on verra ci-dessous pourquoi), les trains qui arrivent à Zurich Hauptbahnhof arrivent dans un cul de sac et doivent changer de loco pour repartir. D'où une perte de temps. Intolérable aux yeux des Zurichois et des CFF qui depuis longtemps rêvent d'une gare direct.

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  • Communautés tarifaires, le désert romand

    Le 13 septembre dernier, à Nyon, lors du débat organisé par la Tribune et 24 Heures sur l'insolente question "Genève doit-il absorber Nyon?" (lire aussi "Passons à l'action!") le syndic de la cité vaudoise s'est plaint d'être absent de la communauté tarifaire des transports publics genevois Unireso. "Parce que le gouvernement vaudois n'en veut pas." Ce que n'a pas démenti le ministre des finances Broulis arguant qu'il avait d'autres priorités.

     

    Un petit tour sur le site des CFF nous offre cette image qui en dit long sur le désert qu'est notre grand voisin dans le domaine.

     

    Par parenthèse on voit aussi que pour les CFF la Suisse s'arrête évidemment aux frontières nationales. Au-delà les transports relèvent de la logique floue. Mais pas aux frontières cantonales (les taches rouges marquant les intrusions (modestes) dans un canton voisin).

     

    A Zurich et ailleurs, on en est aux cartes d'abonnement qui relient plusieurs Communautés tarifaires. En Suisse romande, il n'y a qu'une seule solution pour relier le métro lausannois aux trams genevois, l'abonnement général des CFF.

     

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  • Logements: une proposition décoiffante

    Des propositions décoiffantes pour sortir de la crise du logement à Genève (cf mon billet d'hier intitulé "15'000 logements à la trappe? Tant mieux!". En voici une!

     

    Un collègue nous annonce tout fier une hausse de 3% des logements construits à Genève. Discussion animée jusqu'à ce que l'on se rende compte qu'il s'agit d'une augmentation de la croissance sur un trimestre. Résultat + 9 logements. A ce rythme la crise a encore de beau jour devant elle.

     

    Et quel est le taux de logement hébergeant une personne? Et quelle est la surface moyenne des logements logeant une personne? La question reste sans réponse. Peut-être trouve-t-on la réponse à l'OCSTAT. Mais dans le feu de la discussion, du genre caméra café ou café politique, je lance mon idée:

     

    Et si l'Etat offrait aux personnes seules habitant un grand appartement un service clé en main et entièrement financé, consistant

    • à diviser ledit appartement (parfois donc à rétablir deux appartements que des gens aisés ou des grandes familles ont réunis),
    • à assurer le déménagement dans l'appartement devenu plus petit avec à la clé évidemment une baisse du loyer correspondant.

    Aujourd'hui, en effet, nombre de personne âgée n'ont pas le courage de se lancer dans une aventure immobilière aussi compliquées. Elles n'y ont en outre aucun intérêt le plus souvent, car les appartements plus petits disponibles sur le marché sont plus chers que leur grand appartement.

     

    Quel est le potentiel de création de logement avec cette méthode. Cela vaudrait une étude sur un quartier, ne croyez-vous pas?

     

  • 15000 logement à la trappe? Tant mieux!

    Quinze mille logements à la trappe? Croire que le déclassement en bloc de 300 hectares de terre agricole allait régler le problème du logement est une grosse ficelle que seuls quelques pleutres politiciens de droite ont crue solide. Allons donc, c'était une farce!

     

    Le Tribunal fédéral a donc bien fait de leur rappeler que des règles d'urbanisme existent dans ce pays. Et même si, paradoxe, Genève est de loin l'un des meilleurs élèves de la Confédération en matière d'aménagement du territoire, ce n'est justement pas une raison pour oublier que la fabrication de la ville réclame le respect les règles qu'on s'est donnés démocratiquement.

     

    C'est la méthode donc que le TF a condamné pas l'objectif. Car il demeure vrai que des dizaines d'hectares, y compris des hameaux et des villages, sont toujours officiellement classé en zone agricole, alors que ces terrains sont parfaitement impropres à une exploitation agricole rationnelle à vocation alimentaire.

     

    Le courage commande donc de dresser l'inventaire de ces parcelles et de les déclasser selon les procédures en vigueur. ça prend certes plus de temps, mais cela respecte les droits populaires des communes et de riverains.

     

     

    En politique, l'urgence est souvent un cache-sex. A Genève, la pénurie de logements est l'histoire d'une génération égoïste qui défend becs et ongles ses droits acquis. Un cocktail où l'on retrouvent pêle-mêle les écologistes, déclarés ou non, qui n'ont pas abandonné leur credo de "Halte à la croissance", les propriétaires de villa en zone de développement, sourds à la volonté populaire et au bon sens qu'une ville se construit d'abord en ville - c'est aussi à eux que s'adresse le TF- , les propriétaires tout court qui profitent de la pénurie et voit la valeur des biens immobiliers s'envoler, l'Etat qui profite aussi de la hausse via les impôts immobiliers, sur la fortune et sur la valeur locative. Les paysans qui longtemps ont refusé le déclassement des terres agricoles. Les voisins et certaines communes qui refusent la densification des quartiers. Sans oublier, toute la cohorte des conseillers, notaires, architectes, urbanistes, avocats qui profitent de la complexité démentielle de la législation genevoise qui leur donne pas mal de boulot.

     

    L'initiative de déclassement de la zone agricole est morte. Passons donc à quelques propositions décoiffantes:

     

     

     

     

     

  • Hiler va-t-il proposer une baisse d'impôt en 2008?

    En football, comme en Formule 1 ou encore en comptabilité, une des règle d'or est de ne pas changer les règles du jeu à tout bout de champ. A peine d'y perdre son latin et d'alimenter toutes les rumeurs. Or c'est bien ce qui arrive régulièrement au budget du canton Genève.

     

    Le ministre écologiste qualifie d'ailleurs son budget d'"incomparable". Il faut l'entendre au sens propre du terme. Bien malin en effet celui qui est capable de suivre la jonglerie des comptes, à laquelle le locataire du 26, rue du Stand semble vouloir nous accoutumer depuis son arrivée à la Tour Baudet.

     

    A peine élu, le nouveau Conseil d'Etat a bouleversé la géographie des départements et des services. Résultat un travail de titan pour remettre les perles des comptes dans le bon sens (et pour quel effet?), mais aussi une perte sérieuse dans la qualité de l'analyse des chiffres, notamment au niveau de l'évolution des dépenses.

     

    Calmy-Rey nous avait déjà fait le coup des normes IPSAS pour expliquer l'inexplicable. David Hiler remet l'argument sur le métier et nous vend pour 2008 un déficit de 121 millions, quand, à règles comptables constantes, c'est un bénéfice qu'il aurait dû annoncer. Dans l'état actuel des données disponibles sur le site de l'Etat de Genève, il est toutefois difficile de le dire avec précision.

     

     

    On notera encore deux chiffres étonnants.

     

    1. Les recettes fiscales n'augmenteraient selon notre grand argentier que de 1,8% de 2006 (comptes connus) à 2008 (projet de budget). Dans le même temps, de 2006 à 2008, la richesse cantonale devrait augmenter de près de 7%!

    2. Les recettes fiscales prévues en 2008 atteindraient 5,207 milliards de francs. Or les recettes attendues pour 2007, selon la prévision des comptes rendue publique la semaine passée, font état d'une recettes de 5,253 milliards!


    Certes une partie des bonnes surprises en 2006 et en 2007 est dû à des reliquats d'impôts des années antérieures qui ne devraient pas se répéter indéfiniment (?). N'empêche, ce budget nous paraît en l'état prudentissime côtés recettes. A moins que David Hiler ne prépare une baisse des impôts pour 2008?

     

    A suivre.

     

    PS: Genève, qui passe déjà pour un canton à part, ne va pas améliorer son image nationale à continuer à se plaindre de l'effort de solidarité confédérale que lui "coûte" son insolente prospérité. Mettre en exergue, comme le fait David Hiler, les 108 millions de la péréquation (la fameuse RPT) et expliquer que cette dépense annoncée depuis trois ans est cause du déficit 2008 est tout simplement indigne.

     

     

     

     

     

  • Le Conseil fédéral censuré!?

    On a beaucoup glosé sur l'insuffisante séparation des pouvoirs en Suisse entre le Conseil fédéral et le Ministère public. Ce dernier déclaré indépendant est en effet dirigé par le Procureur général de la Confédération, lequel est un haut foncitonnaire nommé par le ministre de la Justice, le ci-devant Christoph Blocher. Et donc révocable par lui. (Par parnethèse, on notera que si Blocher était français, il serait certainement un secrétaire d'Etat ou un conseiller clé du gouvernement Sarkozy, qui, en matière d'indépendance de la Justice ou de politique à l'égard des réfugiés ou des criminels incurables, mène une politique UDC).

     

    Il n'y a pas que Blocher qui a une interprétation populiste du pouvoir (en français on utilise aussi le mot démocratique). Le Parlement s'apprête à voter une loi qui interdirait au Conseil fédéral d'emboucher une autre trompette que celle de la majorité des députés lors de votations fédérales. Voilà nos ministres censurés ou transformés en porte-parole bêlant du Parlement!

     

    Encore un effort Messieurs les députés, l'anarchie est bientôt de retour. A propos l'anarchie n'est-elle pas un autre mot pour désigner la démocratie intégrale, celle qui se passe du Parlement et donne la parole au peuple. Le pouvoir est dans la rue! C'est ainsi que d'autres peuples avant nous on fait le lit du fascisme.

  • Nyon - Genève: passons à l'action!

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    Autoroutière ou ferroviaire, la troisième voie s'impose de Genève à Lausanne, comme s'impose aussi pour Genève l'obligation de désengorger l'autoroute de contournement en lançant un pont par dessus la rade et en raccordant la voie express du Pays de Gex à l'autoroute à la hauteur de Bellevue. L'évidence n'en fut hélas qu'esquissée hier à Nyon au cour du débat lancé par la Tribune et 24 heures sur la question provocatrice: Genève doit-il annexé le district de Nyon? [Lire aussi les trois notes ci-dessous]

     

    De tels chantiers dépendent évidemment de la planification fédérale, mais peut-être que Genève et Vaud pourraient innover et manifeste autrement que par un lobbying balbutiant et des pleurnicheries indignes leur volonté d'ancrer la région dans le XXIe siècle. L'Europe nous montre l'exemple. Tant Genève que Vaud font usage des fonds européens Interreg. Ils ne sont pas gigantesques mais fonctionnent néanmoins souvent comme des catalyseurs. Genève connaît un fonds d'équipement communal qui paie les charges d'intérêt des investissement des communes à faible capacité financière.

     

    Pourquoi ne pas lancer un Fonds d'équipement régional. Ce fonds pourrait être alimenté par une partie de l'impôt auto, une partie des impôts payés par les entreprises, ainsi que par des mise de fonds des communes inversément proportionnel à leur capacité financière.

     

    L'idée d'un tel fonds a été lancé par l'ancien député Pierre Milleret, président de la bientôt défunte Association genevoise pour le développement franco-valdo-genevois.

     

    Plusieurs fonds pourraient être lancés.

     

    Sur l'axe Genève Nyon, un fonds pourrait participer au financement de l'extension de la communauté tarifaire genevoise Unireso que réclame le district de Nyon et initier peut-être une prise de conscience des communes du district qu'elles doivent aussi financer l'offre culturel du chef-lieu.

     

    Sur l'axe Genève-Chablais-Vallée de l'Arve, un fonds pourrait participer au financement du grand théâtre d'Annemasse Maison Rouge, des parkings d'échange et des lignes de gigabus direct vers le centre ville de Genève en attendant l'hypothétique et dispendieux CEVA.

     

    Sur l'axe Genève-canton de Saint-Julien, un tel fonds pourrait participer au financement de meilleurs accès à l'autoroute A41 en étendant l'échangeur d'Archamps et en créant de nouveaux échangeurs à Vallery et à Bossey.

     

    Sur l'axe Genève Pays de Gex, un tel fonds pourrait participer au financement du raccordement de la voie express à l'autoroute, à l'assainissement des eaux, au développement d'une offre culturelle régionale, etc.

     

    Et pour satisfaire le déficit démocratique dénoncée hier par le conseiller d'Etat Longchamp, chacun de ses fonds pourraient être surveillé par des Conseils élus au suffrage universel.

  • Débat Nyon Genève: où étaient les pendulaires?

    Où étaient les pendulaires hier soir au débat Tribune 24 heures sur le thème Le district de Nyon doit-il convoler avec le canton de Genève? (lire aussi les deux notes ci-dessous) Dame, à 17 heures, heure de la convocation à la salle Perdtemps, les quelque 60'000 travailleurs vaudois travaillant à Genève pendulaient...

     

    Leur absence est-il donc à l'origine de ce sentiment d'inconfort que j'ai ressenti au cours de ce débat trop policé par rapport à son enjeu? Si les pendulaires avaient envahi la salle communale de Nyon, peut-être auraient-ils plus fortement soutenu l'idée de ce regroupement institutionnel, poser le problème des accès à Genève, de l'harmonisation scolaire, de l'accès aux hôpitaux, etc. Mais aurait-il reçu une réponse convaincante. Rien n'est moins sûr et c'est là la seconde raison de mon inconfort.

     

    En fait, tant les deux syndics Poitry et Romanens que les deux conseillers d'Etat Longchamp et Broulis étaient à contre-emploi. Aucun ne se soucie réellement du sort des pendulaires, car aucune autorité ne recouvre la totalité des problèmes qu'ils rencontrent. Aucun syndic ou maire ne peut être réélu et refuser longtemps un gendarme couché à sa population, laquelle par ailleurs dénonce aussitôt la multiplication des obstacles sur sa route et réclame des accès plus rapide à son lieu de travail. Or ni le canton de Vaud, ni le canton de Genève ne se sont senti jusqu'à présent responsables de l'infrastructure intercantonale, par définition une affaire des CFF et de la Direction des routes nationales. Absentes hier soir à Nyon. Leur directeur aurait-il été là qu'ils auraient expliquer combien leur planification est dépendante de choix politiques nationaux et de subtiles arbitrages régionaux. Ce n'est pas la réponse qu'attend la population.

     

    Cette incurie des autorités à inventer et à faire fonctionner des structures de dialogue et de collaboration durable et démocratique est un des échecs majeurs du fédéralisme helvétique.

     

    "La fusion Nyon Genève, mais c'était une évidence pour moi, quand j'ai émigré de Genève ici il y a 35 ans, me confie un voisin au fond de la salle. Mais je dois dire qu'aujourd'hui à la retraite, j'ai un peu changé d'avis. J'apprécie l'autonomie des communes vaudoises et ne voudrait pour rien au monde voir La République du bout du lac mettre le grappin sur nos compétences."

     

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  • Vaud-Genève: le pataquès Calmy-Rey enterrré?

    Pas un mot ou presque hier soir à Nyon sur l'émigration en terre vaudoise des meilleurs contribuables fiscaux genevois. Lors du débat organisé par la Tribune et 24 Heures sur la question de l'annexion de Nyon à Genève, François Longchamp ne s'est pas mis dans les pas de Micheline Calmy-Rey qui avait mis le feu aux poudres en adressant des bordereaux d'impôt à des cadres genevois "émigrés" hors du canton pendant la nuit. L'ancien maire de Cologny Cuendet, Vaudois d'origine, a peu donc se féliciter d'une bonne entente retrouvée.

     

    Comment expliquer cette soudaine volte-face dans la politique genevoise. Longchamp a-t-il désavoué son ex-collègue socialiste ministre des finances devenue depuis présidente de la Confédération? "Il faut pacifier pour reconstruire" a dit Pascal Broulis. Comme dans toute bonne thérapie de groupe, on commence par évoquer ce qui va bien avant de mettre sur la table ce qui fâche. En outre, l'embellie des finances cantonales, à Genève comme à Lausanne, rend le statut fiscal des pendulaires vaudois moins ardent. Enfin, Longchamp a besoin des Vaudois pour défendre et développer l'aéroport dont il est le président.

     

    Il a révélé hier soir une sombre histoire au terme de laquelle Unique, l'aéroport de Zurich, voudrait faire payer à tous les cantons aéroportuaires le coût de l'indemnisation des riverains. Or s'emporte Longchamp, Genève a déjà indemnisé tous ses riverains et Zurich n'en a indemnisé aucun. Du coup les Genevois seraient appelés à payer les nuisances de Kloten. Affaire à suivre.

     

     

     

     

  • Nyon genevois? Non!

    Qualifiée d'emblée de délire par François Longchamp, l'idée d'élargir les frontières genevoises au district de Nyon n'a recueilli que bien peu de soutien ce soir à Nyon où la Tribune et 24 Heures avaient convié les élus et la population à un débat sur la question un brin provocatrice: Genève doit il annexer Nyon? Une grosse centaine de personnes essentiellement masculines a sagement écouté une série de considérations polies et politiquement corrects du conseiller d'Etat genevois chargé des affaires sociales et de l'aéroport et de son collègue ministre des finances Pascal Broulis, deux radicaux bon teint.

     

    "Les autorités vaudoises et genevoises se parlent", a déclaré le président du Conseil d'Etat vaudois. Ne riez pas, c'est un progrès. Le pataquès créé par Micheline Calmy-Rey qui avait envoyé des bordereau d'impôt à des cadres travaillant à Genève et habitant la région nyonnaise et le niet des Genevois au Rhuso (la collaboration des hôpitaux) ont mis du temps à être digéré.

     

    De quoi parlent-ils nos gouvernants? De l'aéroport, dont Genève veut élargir l'actionnariat public, de l'harmonisation des programmes scolaires désormais imposée par Berne, des hautes écoles, sous la férule également de la Confédération, des hôpitaux sous la pression des assureurs et de la 3e voie CFF, pour laquelle chacun fait son mea culpa et jure que le lobbying va se professionnaliser.

     

    Pas un mot sur la culture, pas un mot sur la concurrence en matière d'implantation des entreprises, pas un mot sur l'hospitalisation des Vaudois à Genève, pas un mot non plus ou très peu sur la fiscalité. Sinon pour entendre pleurnicher le syndic de Nyon que le canton affame avec la facture sociale (les communes vaudoises paient la moitié du budget de l'assistance sociale) et la nouvelle péréquation intercommunale. Ce qui lui a valu une remontée de bretelles de la part de Pascal Broulis un rien agacé par l'égoïsme récurrent des gens du district et de leurs autorités.

     

    Ce syndic de Nyon, Alain-Valéry Poitry, et son compère Pierre André Romanens, président du disctrict ,ont heureusement jeté quelques pavés dans la mare. Du style: quand est-ce que Vaud travaillera au rattachement de la communauté tarifaire genevoise unireso jusqu'à Rolle? Pascal Broulis déclare ne pas savoir, avoir d'autres priorités et finit pas renvoyer la balle: "J'attends un projet avec son financement." Ce qui lui vaut cette réponse du municipal: "Je vous l'envoie dans la semaine. Aurais-je une réponse dans les huit jours?"

     

    Romanens tente une percée en direction de la 3e voie autoroutière. Sans plus de succès. "C'est Berne qui finance et donc qui décide." Broulis qui répète qu'il ne fait pas de promesses ce qu'il ne peut pas tenir a réponse à tout. Et d'enchaîner à l'attention des Genevois et des 377 syndics vaudois: Ne cassez pas la dynamique du nouveau découpage territorial vaudois. Vaud passera en effet de 19 à 10 districts au 1er janvier prochain. Ce n'est pas le moment de rattacher le plus riche d'entre eux à l'opulente Genève. [cliquer sur l'image pour l'agrandir]

     

     

    Les conseillers d'Etat se parlent donc. Ce sera l'enseignement majeur de la soirée. Mais le dialogue institutionnel n'est pas encore entré dans les mœurs des autorités communales. Le maire de Versoix n'imagine pas, lui non plus, que la frontière cantonale saute de la Versoix à l'Aubonne. Patrick Malek-Asghar (encore un radical) se plaint du poids de la ville de Genève. Et laisse entendre qu'au fond, il ne serait peut-être pas mécontent de voir sa commune passer sous la coupe lausannoise. Comme nombre de maires genevois, il envie ses voisins syndics et les compétences qui sont les leur en matière notamment d'aménagement du territoire.

     

    Deux grands absents auront marqué la soirée. Les Français et la Confédération. Les premiers sont les partenaires incontournable du grand Genève, que l'Etat français a érigé au rang de l'une des 19 métropoles européennes de l'Hexagone (un million d'habitants en 2025) et Berne qui promet de répartir 3.5 milliards dès 2010 pour améliorer le trafic au sein des 35 agglomérations qui doivent rendre leur copie d'ici la fin de l'année.

     

  • Exercice 2007: députés muets?

    David Hiler, comme Micheline Calmy-Rey et Robert Ducret en leur temps, a de la chance (il en faut en politique).

     

    Tous trois sont ou ont été ministres des finances en période de haute conjoncture. Et peuvent avec toute la prudence requise à la fonction annoncer, le sourire aux lèvres, des bénéfices (que techniquement les comptables appelles excédent de revenus mais jamais insuffisance de charges...).

     

    L'écart au 31 décembre prochain entre les revenus (7,048 milliards) et les charges (6,889 milliards) sera-t-il bien de 189,6 millions? Nul n'est capable de le dire avec précision aujourd'hui. Mais l'envolée conjoncturelle des recettes est nettes et peut-être encore sous-estimée. L'Etat n'a-t-il pas comptabilisé des revenus pour 7,14 milliards en 2006. Son résultat 2007 sera-t-il inférieur à ce record?

     

    Le problème pour David Hiler est de cacher autant que possible le bénéfice. Car il sait combien les appétits sont voraces pour se l'approprier . Les syndicats vont réclamer leur dû, les socialistes vont réclamer un desserment de la politique sociale, les libéraux vont demander une baisse d'impôt. (La première à réagir. Genève place financière s'oppose à pudiquement à toutes hausses d'impôt. Avis à la commission fiscale!).

     

    David Hiler a déjà anticipé en amortissant ici et là quelques queues de crédit, divers dettes et engagements de l'Etat et en provisionnant des dépenses futures comme les frais de décontamination des anciens terrains des SIG à la Jonction. D'où en partie l'augmentation attendue des charges en 2007 par rapport au budget.

     

    Notre ministre des finances devrait franchir un pas de plus dans la transparence et ne pas se contenter d'un effet d'annonce. Mais proposer au Grand Conseil une loi de révision du budget où il pourrait, sans attendre le traditionnel rapport des comptes en avril 2008, clarifier sa politique de provisions et affecter le bénéfice attendu à l'amortissement de la dette, en l'inscrivant d'ores et déjà en charges.

     

    Quel parti, quel député va le lui proposer?

     

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  • Nyon genevois? Deux une qui disent tout

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    Fabriquer la métropole Genève! Il faut bien commencer par un bout. Pourquoi pas Nyon donc?

     

    L’arrondissement du canton au district de Nyon et à ses confins jurassiens nous invitent à rêver à une Genève élargie à ses frontières naturelles, idée que nos ancêtres ont repoussé au sortir de l’aventure napoléonienne de peur de devoir accueillir trop de catholiques. Imaginez un canton dont les frontières seraient les sommets du Jura au nord, du Vuache et du Mont-de-Sion au sud-ouest, du Salève au sud et des Voirons à l'est?

     

    Par parenthèse, ce vaste bassin correspond exactement au projet d'agglomération que Robert Cramer doit absolument boucler avant la fin de l'année, au risque de rater le train des 3,5 milliards de francs que Berne a promis de distribuer dès 2010 aux quelque 35 pôles urbains suisse de plus de 100'000 habitants pour y améliorer le trafic.

     

    Mais restons un instant à cette médiatique idée du mariage de Nyon et de Genève, comme "premier pas d'une région franco-valdo genevoise qui comptera un million d'habitants en 2025, dont l'union seule nous garantit d'exister dans l'Europe de demain".

     

    L'observation côte à côte (c'est le cas de le dire) des une de 24 heures et de la Tribune est ce matin 12 septembre fort instructive du regard que les uns portent sur les autres et réciproquement. La condescendance tout genevoise du dessin d'Herrmann en dit long sur ce rien de dédain dans lequel les Genevois tiennent au fond leur arrière pays.

     

    Rassurez-vous amis "vaudois", la capitale du bout du lac entretient avec ses voisins français, savoyards et gessiens, les mêmes rapports de vassalité. . (Je mets des guillemets à vaudois car, dans le district de Nyon, comme à Genève, les natifs sont depuis belle lurette majorisés par les confédérés et les étrangers.) Perché sur sa colline, enserrée dans ses murailles, puis dans ses frontières exiguës, Genève a de tout temps privilégié les relations avec le vaste monde, via notamment la diaspora protestante qu’avec son arrière pays

     

    Longtemps pourtant, dans les campagnes genevoises et vaudoise (qui furent, ne l'oublions pas, avant l'invasion bernoise un pays savoyard), les mariages et les migrations économiques ont tissé des réseaux familiaux et d'intérêt entre les deux rives du Léman. Aujourd'hui, à l'heure de l'Europe et excepté la transhumance économique quotidienne des travailleurs frontaliers et celle hebdomadaire des clients suisses des supermarchés français, jamais la frontière nationale n'a été aussi étanche. Les anciens liens familiaux se sont distendus. De part et d'autre de la frontière, on ne se connaît plus.

     

    Les mots mêmes de la vie en commun, les mots de la politique, au sens antique de la gestion de la cité, ne désignent pas la même réalité. Voyez l'école, la santé, la sécurité, l'administration territoriale. Un maire genevois, n'a pas grand chose de commun avec un maire français ou un syndic vaudois. Un préfet, fonction inconnue à Genève, n'est, en Pays de Vaud, que le représentant du pouvoir lausannois (40 km), quand, en France, il est le bras agissant de Paris (500 km). L'intercommunalité prend des formes diverses dans les trois régions. Et, cerise sur le gâteau, la fiscalité est ici plus qu’ailleurs mère de bien des conflits et chamailleries locales.

     

    Bref, la construction "d'une métropole européenne centrée sur Genève" a tout d'un travail de Sysiphe. Pour advenir, il lui faut un projet qui la transcende qui la porte au zénith de la mondialisation. La Genève internationale est notre capital commun, mais la Genève internationale n'est pas glamour pour deux ronds. Encore que quelques vedettes peaufinent leur image en parrainant le HCR, la Croix-Rouge ou l’OMS. Paillettes et petits fours. Genève et sa région ont besoin d’un événement fédérateur sinon fondateur plus populaire.

     

    En coinçant son stade à la Praille, Genève a raté le virage de la région. Il fallait le construire à Saint-Julien ou à Annemasse. On n'a pas fini de payer cette aberration urbanistique et sportive - Servette dans le championnat de France aurait attiré les sponsors.

     

    Pour créer l'électrochoc nécessaire à l'abandon des égoïsmes locaux et au nouveau partage des ressources, l'organisation… de Jeux Olympiques d'hiver ou d'été s'impose (dans le premier cas il faut y associer le Valais et Chamonix, dans le second Lausanne et Annecy).

     

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