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  • jecherchedieu.ch et la messe à la cathédrale de Genève

    messe à la cathedrale ecr.jpgLa première messe catholique depuis 1535 dite à la cathédrale Saint-Pierre de Genève le 29 février prochain - en attendant le premier culte protestant à la cathédrale Saint-Pierre de Rome - sera donc annoncée officiellement urbi et orbi le 19 janvier lors de la cérémonie œcuménique qui ouvre la semaine de l'Unité des chrétiens

    Dans ma quête, j'ai adressé une question à jecherchedieu.ch jecroisendieu.ch et ai reçu une réponse rapide et pleine d'intérêt du pasteur Marc Pernot. On lira plus bas notre échange. 

    Que sera cette cérémonie? Et quel sens lui donner. Je suis par hasard tombé sur le mot réforme dont le sens n'a cessé d'évoluer. A méditer.

    Bonjour, J'avais repéré votre bien intéressant site il y a quelque temps. Et je l'ai retrouvé avec plaisir et intérêt ces derniers jours à l'occasion d'une réflexion que je me suis faite à propos de la messe qui sera dite à Saint-Pierre le 29 février prochain. Je me permets donc de vous poser cette question: 

    Croire en Dieu ne suffit pas à créer l'unité, ça se saurait. On a plutôt le sentiment du contraire, la croyance est multiple. N'a-t-elle pas de tout temps généré des divisions, des églises, des chapelles, des sectes, chacun prétendant détenir et imposer la vérité de son Dieu, chacun dessinant en fait Dieu à sa convenance, un Dieu réduit, à l'image de l'hommes, souvent colérique, vengeur, justicier où l'amour déclaré n'est qu'un vernis écaillé. A l'heure où les églises et les temples sont vides et la pratique religieuse résiduelle, quel signe veut-on montrer en invitant les catholiques à dire une messe à Saint-Pierre de Genève? Un signe de réconciliation? Mais alors qu'est-ce qui empêche catholiques et réformés de partager désormais les mêmes lieux de culte et de catéchèse? Un culte à Saint-Pierre de Rome est-il imaginable?

     

    Voici la réponse du pasteur Marc Pernot

     

    Comme toute foi, comme toute croyance, il y a schématiquement deux façons de la vivre :

    1. il y a une façon de la vivre qui pousse à l'ouverture et à se reconnaître frère ou sœur de ceux qui cherchent aussi. 
    2. et il y a une façon de vivre sa foi ou son engagement qui pousse à l'intolérance vis à vis de tout cheminement différent. 

    C'est vrai en religion, en politique, en psychanalyse, sans doute aussi en histoire et pour l'interprétation de la musique baroque ?

    La croyance est multiple, 

    1. il me semble que dans la première façon de vivre sa foi, cela rend justice à la grandeur de Dieu, à sa transcendance qui dépasse tout ce que l'on peut en penser, et donc encore plus en dire. 
    2. il me semble que dans la seconde façon de la vivre, le fidèle ou la communauté réduit Dieu à l'image qu'il s'en fait, et c'est, oui, un dieu riquiqui, enfermé dans l'étroitesse d'un esprit étroit, souvent colérique, vengeur, à l'amour réservé au club de purs.

    Quelle unité ? serait-ce une bonne chose ? 

    Dans le premier cas, c'est l'unité au sens d'une communion qui est visée, c'est à dire une reconnaissance mutuelle des deux églises comme pleinement chrétiennes et valables, et un travail ensemble, comme vous le proposez, avec un partage de certains lieux de culte quand ce serait utile. Cette communion est en certains endroits déjà bien réelle, souvent féconde, par exemple à l'hôpital, entre certains paroisses, et pour la formation théologique. Mais l'unité au sens d'une unicité ne serait pas un avantage. Car la diversité des points de vue, des approches, des rites est une richesse. Dans l'idée de Dieu qu'elle suggère, ainsi que dans la richesse de la relation personnelle avec chaque personne dans la diversité de sa sensibilité, de son histoire. 

    Dans le second cas, l'unité est une amputation, car elle n'est possible que dans le meurtre de la sensibilité des individus.

    A mon avis, cette invitation lancée par le conseil de la paroisse protestante de Saint-Pierre a plutôt en tête la communion entre nos deux églises. Je ne pense pas que ce soit l'unité au sens d'une seule église, un seul dogme garanti par une hiérarchie. 

    Ensuite , je ne sais encore moins pas ce que le conseil épiscopal du cardinal Koch a en tête en répondant à cette invitation. J'ai entendu parler de symbole, mais vous avez raison : un symbole de quoi ?  J'ai entendu parler de "un pas vers l'unité". Je ne sais pas ce qu'il entend par là ? Unité au sens d'unicité ou unité au sens de pluralité en communion, ce serait alors le premier modèle, et j'en suis ravi. Mais à vrai dire, je serais plus rassuré sur leurs intentions si l'évêque avait accepté en invitant à l'eucharistie, en annonçant "à la ville et au monde", tous les protestants qui le désirent, sans condition. Là, oui, on pourrait voir clairement le sens de ce geste d'aller célébrer une messe dans Saint Pierre de Genève. 

    Je reconnais que votre idée d'une invitation à célébrer un culte avec célébration de la communion dans Saint-Pierre de Rome serait un très beau geste. Cette question est plutôt à poser au cardinal Kurt Koch. 

    pasteur Marc Pernot, jecherchedieu.ch

     

    OUPS rédigé samedi 11 à 9h30: Merci à cette lectrice attentive et bienveillante qui m'a signalé que la première version de ce  blog n'évoquait pas correctement le site du pasteur Pernot https://jecherchedieu.ch/

  • Paix aux hommes de bonne volonté! Une messe chez les parpaillots

    cathédrale St Pierre.png"Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté!" Les anges sont des coquins. Leur chant de la nuit de Noël, rapporté par Luc, signifie-t-elle guerre aux hommes de mauvaise volonté? Je ne saurais dire. Ne retenons que ceci: tous les saints ont renoncé au glaive pour se faire entendre. La non violence n'a pas été inventée par le très vénérable Gandhi. 

    La guerre, comme la violence, comme la souffrance, comme l'injustice ne peuvent être légitimes. Mais combien de canons ont été et sont encore bénis et le seront encore longtemps? 

    Paix aux hommes de bonne volonté! Ce sera peut-être, je l'espère, l' "Ite missa est" de la messe des catholiques genevois en la cathédrale Saint-Pierre de Genève, le samedi 29 février prochain. Une première depuis 1535. Souhaitons a minima que l'événement contredira le dicton du jour:"Quand février prend un jour, souvent de catastrophes il est lourd"

    L'information a percolé une première fois (à ma connaissance) dans le Courrier pastoral de novembre de l'Eglise catholique de Genève, sans faire beaucoup de bruit. La nouvelle a été rendue publique par Darius Rochebin le 22 décembre. Elle est à nouveau évoqué dans le premier Courrier pastorale de cette nouvelle année 2020. Pour Pascal Desthieux, vicaire épiscopal, c'est un geste œcuménique fort.

    "Cet événement nous réjouit profondément, mais n’y voyez aucun triomphalisme, encore moins une quelconque velléité de «reprendre» la cathédrale… Avec nos frères et sœurs protestants qui nous accueillent dans leur cathédrale, nous voulons simplement poser un geste œcuménique fort, signe de tout ce que nous vivons ensemble à Genève. Un geste d’hospitalité, selon les orientations cantonales : nos frères protestants nous accueilleront et nous nous laisserons accueillir. Nous avons choisi de vivre cette messe historique au début du Carême, pour inclure une démarche pénitentielle où nous demanderons pardon pour nos péchés contre l’Unité."

    "Nos péchés contre l'Unité." Tout un programme. Cet édito m'a incité à poser quelques questions à nos autorités ecclésiastiques que je me permets de partager ci-dessous. Pour l'heure, je n'ai trouvé aucune communication ni sur le site de l'Eglise protestante de Genève ni sur celui de la cathédrale ni sur la paroisse Saint-Pierre de Genève, où l'abolition de la messe en 1535 et la dédicace de l'édifice au culte protestant le 21 mai 1536 sont dûment signalés comme autant de marqueurs identitaires. Pour la petite histoire, Epg.ch renvoie sur cette petite perle de Genferei, daté du 24 décembre. 

     

    NB: Les catholiques vaudois disent depuis 15 ans une messe par année en la cathédrale de Lausanne. Pour mémoire, l'église protestante vaudoise comme l'église catholique de ce canton sont reconnus officiellement par l'Etat de Vaud, à charge pour les communes d'entretenir les bâtiments (et donc la cathédrale de Lausanne) et de pourvoir aux besoins des cultes des deux religions  chrétiennes. Rien de tel à Genève qui fait figure d'exception en Suisse. La séparation des Eglises et de l'Etat, consacrée en 1907, ne donne lieu à aucune reconnaissance officielle et a fortiori à aucun soutien. Les bâtiments religieux sont redevenus propriétés des églises et des temples et des presbytères qui en ont la charge et qui ne peuvent les vendre sauf dérogations. La nouvelle loi sur la laïcité, qui a été accouchée dans la douleur, définit une séparation stricte et interdit les processions sur le domaine publique, sauf exception dûment autorisée.

     

    Bonjour

    Très bonne année, paix, santé et amour à vous et à tous ceux et celles qui œuvrent pour l'annonce de la Bonne Nouvelle, qui s'efforcent de la mettre en oeuvre et d'inscrire leurs pas dans ceux du Christ.

    Le courrier pastoral est toujours une source bienvenue d'information. Je vous en remercie.

    J'y lis ce matin en particulier un édito de l'abbé Desthieux sur l'événement de l'année: une messe catholique à Saint-Pierre, une première depuis leur expulsion par les Genevois devenus bon gré mal gré calvinistes, un événement déjà annoncé dans le numéro de novembre. Oui, cette messe marquera l'histoire de la cité. Est-ce une bonne nouvelle? Je fais le pari que oui.

    Le Courrier pastoral de ce début janvier ne dit pas grand-chose de la genèse de cette messe d'entrée en Carême. Mais peut-être ai-je manqué un numéro? Quel est donc le sens de cet événement qui ne manquera pas d'interroger les catholiques et les réformés d'ici et d'ailleurs. En ces temps tiraillés entre les revendications identitaires des uns et le rejet des religions des autres, une messe au cœur de la Rome protestante n'est pas un simple geste d'accueil œcuménique local. Le réseau calviniste et l'aura de la Genève internationale, creuset du multilatéralisme onusien et siège du Conseil œcuménique des Eglises, en font un événement d'une certaine portée.

    Est-ce un chemin de pénitence de l'Eglise catholique qui n'a pas su garder les murs de Saint-Pierre en son sein et Genève dans le giron romain, alors que la messe y a été dite pendant plus de mille ans, du IVe au XVIe siècle?... Ce qui pose une autre question plus redoutable: la Réforme a-t-elle été une révolution religieuse ou une opportunité politique instrumentalisée par des bourgeois désireux de secouer le joug qui freinait la liberté de pensée et de commerce et le prêt à intérêt?  

    Est-ce un chemin d'humilité qui dit qu'aujourd'hui encore que Saint-Pierre de Genève, c'est "leur" cathédrale et que les catholiques n'y célébreront "leur" culte au mieux que tous les 29 février (au fait pourquoi un 29 février, qui tombe cette année un samedi, le jour saint pour le juif Jésus? Pourquoi pas le dimanche 1er mars à 10h )? Un chemin d'humilité qui dit que les divorces, erreurs, ruptures, schismes et autres hérésies qui ont émaillé la longue histoire de la chrétienté - au fait dans quelle catégorie l'Eglise catholique place-t-elle la Réforme? -  sont des blessures que des hommes (gouvernés par le malin?) ont infligées à eux-mêmes et à l'humanité - comme un péché originel, ontologique -, et qu'il serait bien présomptueux de vouloir guérir, effacer ou oublier, mais que le pardon reste la voie royale de la réconciliation et des prés d'herbe fraîche où l'amour pourra refleurir?... 

    Est-ce un chemin prophétique, le geste qu'il faut parfois oser? Bravo et merci aux dirigeants de l'Eglise protestantes qui ouvrent "leur" cathédrale  au culte catholique. A quand un culte protestant à la basilique Notre-Dame de Genève ou à la cathédrale Saint-Nicolas de Fribourg? Et pourquoi cet événement n'a-t-il pas fait jusqu'à présent (à ma connaissance) l'objet d'une information commune, œcuménique?

    Est-ce donc un chemin de réconciliation, qui ne sera pas d'unité - ce qu'a pu faussement laisser croire le mouvement de l’œcuménisme,  très court et  très récent en regard des 2000 ans qui nous séparent de la brève histoire du Christ - , alors qu'il ne s'agissait et il ne s'agit toujours que de dire le plus grand dénominateur commun capable de rassembler tous les chrétiens, un credo, dans lequel chacun puisse se reconnaître tout en demeurant sous son clocher, et qui obligera, heureusement, catholiques et protestants à interroger leurs spécificités comme de possibles facteurs de division: chez les premier, le culte des saints, celui de Marie, Mère de Dieu - Notre-Dame de Genève -, le primat papal en matière doctrinale, le sacrement de la prêtrise, la présence réelle du Christ dans le pain et le vin, la réalité des miracles dans ce monde et, chez les seconds, les 5 soli de la Réforme comme seul chemin élitaire vers Christ (à propos de sola gracia cette réflexion du pasteur Pernot), la relecture parfois audacieuse de la Bible à l'aune du temps présent au risque de nourrir les divisions et les chapelles? 

    Quel est donc ce chemin que les catholiques de Genève sont invités à emprunter, sous l’œil des caméras du monde entier et les rebonds des réseaux sociaux, en convergeant le samedi 29 février vingt-vingt vers la cathédrale Saint-Pierre? 

    Au fait, le pasteur Menu, modérateur de la Compagnie des pasteurs, qui nous invite et nous accueille, concélébrera-t-il la messe? Et  les responsables des autres communautés chrétiennes de Genève seront-ils autour de l'autel de l'ultime sacrifice?

    Merci de votre prochaine réponse. 

  • ”Les Huguenots” et la messe à Saint-Pierre de Genève

    pain et eau.jpgCe mercredi commence le "Ramadan chrétien", le Carême, un temps de frugalité - c'est très à la mode -, de réconciliation - ça l'est un peu moins - , de pardon - évoque-t-on ce mot libérateur dans l'école genevoise?

    A Genève justement, où la pensée dominante impose une stricte et parfois sourcilleuse séparation des églises et de l'Etat, l'événement prend une tournure historique. Ce mercredi des cendres, selon le rite catholique, où les croyants se souviennent qu'ils sont poussière, de cette poussière que le Créateur a façonnée avec l'eau et le souffle pour faire l'Adam, l'humain premier, homme et femme confondu.e.s, jusqu'à ce que Dieu personnifie le masculin et le féminin, et sans doute tous les genres...

    Ce 26 février, mercredi des cendres, donc, Les Huguenots, le maxi opéra de Meyerbeer, est donné sur la scène du Grand Théâtre de Genève. Un événement. Au Ve acte, ont entend le chœur des meurtriers: « Abjurez, huguenots, le ciel l’ordonne!» C'est le massacre de la Saint-Barthélémy, le 24 août 1572. 

    Samedi 29 février, une messe catholique sera dite en la cathédrale Saint-Pierre de Genève, une première depuis 1535, un "signe de bonne santé œcuménique", lit-on sur le site cath.ch, "ni une défaite ni un triomphe" écrit le professeur Grandjean dans la Tribune.

    Que de chemin parcouru en cinq siècles!


    Lire aussi: Les paradoxes de l'évêques de Genève, Le pape est-il trop protestant?, #oecuménisme: je te prête ma maison pour faire la fête


    Mais pourquoi donc, la Genève laïque tolère-t-elle que sur la scène de Neuve, on commémore cette tuerie dont les ressorts sont bien davantage la conséquence meurtrière d'une lutte politique, une lutte de clans mafieux, que religieuse * ? Qu'en dit le socialiste Sami Kanaan, le ministre de la culture de la Ville de Genève, à moins que le ministre ne soit désormais son collègue de parti, le conseiller d'Etat Thierry Apothéloz, depuis que les Genevois ont commandé aux autorités cantonales, par leur vote l'an dernier, de coordonner dorénavant les politiques et les budgets culturels des communes?

    La messe de samedi est pour cath.ch l'occasion de rappeler que la cathédrale de Genève fut chrétienne depuis les années 300 après Jésus-Christ, le temple d'une église unie (enfin presque), et, depuis 1535 (seulement?), le temple d'un des nombreux - et le plus radical - courants réformés.

    500 ans après, qui a raison, qui dit la vérité de Dieu, à défaut de dire la vérité sur Dieu? Au moins on ne s’entre-tue plus, mieux on inter-communie, une manière de dire que les gloses pluriséculaires des théologiens, des papes et des pasteurs sur la nature du pain et du vin partagés ne sont pas l'alpha et l'omega. Désormais, on capitalise sur le "faites ceci en mémoire de moi" qui consacre l'accueil et le partage comme les valeurs cardinales des filles et fils de Dieu du temps présent.

    Reste le droit canon et le catéchisme de l'église catholique. Qui dit au numéro 1457: "Celui qui a conscience d’avoir commis un péché mortel ne doit pas recevoir la Sainte Communion, même s’il éprouve une grande contrition, sans avoir préalablement reçu l’absolution sacramentelle, à moins qu’il n’ait un motif grave pour communier et qu’il ne lui soit possible d’accéder à un confesseur."

    L'église catholique a une longue expérience de la confession personnelle et secrète. Le procédé est-il si différent d'une psychanalyse? La question est plus ancienne que cette pseudoscience. Le prêtre n'est pas un psychologue, mais un instrument de Dieu, dit JP II. La confession catholique vaut mieux et est sans commune mesure avec les confessions publiques extorquées par intimidation et torture, dont Arte nous donne ce soir une effrayante illustration. 

    Outre les propositions de confession traditionnelle qui fleurissent dans les églises depuis l'abandon de la réconciliation collective, l'église catholique propose un quiz bien dans l'air du temps, quoique un peu simpliste. De quelles mauvaises habitudes pourriez-vous vous libérer pendant le Carême ? Faites le test !

    Perso, je suis accro au smartphone... Quelle sera ma pénitence?

    "Nous avons choisi de vivre cette messe historique au début du Carême, a écrit Pascal Desthieux, pour inclure une démarche pénitentielle où nous demanderons pardon pour nos péchés contre l’Unité."

    Quels sont donc ces péchés exactement et quelle est la pénitence? Une confession publique?

     

    * Jouer Les Huguenots est un hommage à l’histoire de Genève et à son passé de ville d’accueil, lit-on sur le site du Grand Théâtre. Actuellement, les menaces entre les différents groupes religieux prennent des dimensions de plus en plus radicales. Quelle est la place réservée encore à l’accueil à Genève et quel dialogue est possible ou nécessaire entre les schismes qui se creusent?

  • Les messe d'après... comme le monde d'avant?

    compesieres colza vu de chez Thabuis.jpeg

    Alléluia, sonnez trompettes, jouez musettes, messes et cultes vont reprendre en Suisse dès le 28 mai, veille de la Pentecôte, la fête de l'Esprit saint. Ça tombe bien! Des esprits saints, c'est bien ce qui manque le plus en ce temps où la peur de la maladie érode le bon sens - je ne dis même pas la peur de la mort car le covir-19 ne peut frapper fatalement que les gens déjà affaiblis. *

    Dans la culture dominante qui est celle de la Suisse, les annonceurs de la "bonne nouvelle", simplifient le message et négligent la communauté musulmane, qui fête, confinée, ce samedi 23 mai, la fin du Ramadan, ou la communauté juive, qui ne (re)connaît ni Jésus ni Mahomet et leur image de Dieu, malgré des millénaires de recherche et de lecture attentive des textes sacrés.

    Au fait, la première messe à la cathédrale de Genève depuis 1535 aura-t-elle lieu? Initialement prévue le 29 février, elle est tombée victime de l'interdiction des rassemblements de plus de mille personnes et avait été reportée au 30 mai. Même à deux tiers vide, comme un stade de football, la retransmission en mondiovision pourrait dire que la messe d'après ne sera pas comme la messe d'avant.

    Hélas, je ne crois pas les humains et leurs représentants capables d'une telle révolution.

    Et pourtant elle tourne, la révolution vers un monde meilleur. Pour paraphraser Galilée, forcé par l'église catholique de renoncer à la connaissance acquise que la terre tournait bien autour du soleil, le fait est et que la charité visibles est moins celles des chrétiens (qui font encore énormément) que celles de toutes sortes de gens et courants, y compris ceux qui nient activement l'existence de Dieu et traitent les croyants d'opiomanes consentants (selon la formule de Marx que la religion est l'opium du peuple, ce qui n'était pas faux en son temps et encore en bien des contrées. Qui peut se dire non aliéné?). 

    La solidarité institutionnalisée et laïcisée, délivrée sans conditions de couleur, d'origine, de nationalité, de croyance est une droit humain. C'est même un devoir au sens où la non assistance à personne en danger l'imposerait. Le conditionnel est de mise en Suisse car, comme l'explique François Charlet, dans son excellent site: La notion de "non-assistance à personne en danger" n'existe pas en droit suisse

    La file d'attente des 10'000 (?) clandestins, que notre canton abrite et que ses organisateurs savent médiatiser avec la participation assez peu critique de mes confrères (pourquoi n'y a-t-il pas de queue des clandestins à Zurich?), témoigne néanmoins que partout, y compris à Genève, des milliers de personnes peuvent d'un jour à l'autre  basculer dans la détresse. Ce n'est en soi pas un aveu de dysfonctionnement d'une société. Sauf celui de ne pas avoir anticiper le fait que le confinement allait mettre en danger de survie des milliers de gens dont le mode de vie est l'illustration du "Notre Père", celle d'une vie qui ne tient qu'au pain qu'on nous donnera ou qu'on pourra gagner aujourd’hui. Sans jamais pouvoir créer des réserves, des stocks, détenir un capital, une assurance.

    Qu'en disent les fonctionnaires de Dieu? 

    Que Dieu existe ou pas dans les termes que nous ont livrés les grands textes et les traditions et l'imagination de chacun est au fond secondaire. On peut même penser que Dieu, victime des errances et des dogmes de ses églises, de ses clercs et de leurs adeptes, est assez puissant et ironique pour laisser agir les humains de bonne volonté, désaliénés des rites, en dehors de ses temples et même en brandissant des calicots annonçant sa mort. 

    Ce n'est pas pour rien que Jésus est monté au ciel. C'est pour libérer la terre d'une présence trop directe de Dieu et laisser aux humains la peine et le soin de prendre sa place. 

    Alors que seront les messes d'après? Sans changement par rapport aux messes d'avant?

    Bonne fête de l'Ascension!

     

    * A noter que l'annonce du Conseil fédéral coïncide avec l'autorisation du système de traçage électronique des gens et l'obligation de déposer son nom et son numéro de téléphone en certains lieux pour faciliter l'extinction à la source d'une nouvelle flambée du virus corona.

     

  • Darwin s'invite à la messe de Pâques

    creation-homme.jpgTrois choses à noter en cette fête de Pâques. Darwin s'est invité à la messe de la nuit de Pâques à Veyrier. Un pasteur donne la communion. Et cette tribune libre publié par Le Monde: "le discours de Benoît XVI sur le préservatif est tout simplement réaliste".

    Introduisant la lecture canonique du Livre de la Genèse, qui raconte comment Dieu fit le monde et les créatures en six jours, le curé Truong expliqua que Darwin apportait une science du monde naturel et que la Bible offrait la science du monde surnaturel. J'en ai déduit que j'étais  naturellement darwinien et surnaturellement créationniste. Je ne suis pas sûr que Vatican partage la même logique. J'ai appris plus tard que ce raccourci théologico-scientifique avait été exigé par la femme chargée de la lecture du livre de la Genèse, qui considérait nécessaire l'éclaircissement des foules, des fois que certains prissent le récit biblique au premier degré...

    Voulant peut-être se racheter, l'officiant invita plus tard le pasteur Michel Schach à introduire le Notre Père et à donner avec lui la communion. Un geste et un moment forts en cette nuit pascale, 500 ans après la naissance de Calvin. Que dirait d'ailleurs le théologien genevois de l'unité des Eglises?

    Quant au discours du pape sur le préservatif, il est tout simplement réaliste. Ce point de vue fort argumenté est publiée dans une demi-page du quotidien Le Monde daté du samedi 11 avril. Quatre médecins, psychanalyste, épidémiologiste, gynéco-obstétricien et le président de la Fédération africaine d'action familiale signent une tribune libre. Ils reviennent sur la fameuse phrase de Benoît XVI qui a enflammé les docteurs de la pensée juste et leurs affidés lors de son dernier voyage en Afrique: "le préservatif,  cela risque d'augmenter le problème du SIDA".

    Les cinq experts défendent dans l'article qu'en effet la seule utilisation du préservatif n'a pas fait reculer l'épidémie du VIH en Afrique. Au contraire de la méthode ABC, A pour abstinence, B pour Be faithful - sois fidèle et C pour condom, qui elle aurait connu quelques succès. Un texte à lire qui ne clot certes pas le débat, mais lui apporte un éclairage pour le moins intéressant.

  • Messes de Noël à Compesières, Veyrier, Ashbourne-Donaghmore, Rome

    IMG_9219 (2).JPGL'église de Compesières était bien pleine hier soir sur le coup de 17h, plus de 300 personnes dont de très nombreux enfants. C'était la messe des familles des paroisses de Veyrier, Troinex et Compeisières, quelque 15'000 âmes.

    Plein de gens qu'on ne voit jamais ou qu'épisodiquement. Quels sont leurs rapports avec la religion? Pourquoi viennent-ils encore à la messe*? La cérémonie est classique pas très bien adaptée à l'assemblée, hormis un conte, dit sans mise en scène au début la cérémonie. Le jeune prêtre surprend par sa joie mais n'est pas encore à l'aise. Son prêche est trop compliqué. 

    A 22h30, rebelote à Veyrier.

    Une petite centaine de personnes plutôt âgées qui ont vécu le temps des messes de minuit quand les églises étaient pleines à craquer. La chorale s'en donne à coeur joie. Le prêtre, un Congolais de la RDC qui a bourlingué en treize ans de prêtrise de Rome aux Etats-Unis et du Vietnam à la Guinée équatoriale, est surprenant de simplicité et sait dire en peu de mot les deux mystères de Noël, l'incarnation et la rédemption. 

    ça tombe bien à Compesières, la crèche 2019 s'est donné une mission impossible: montrer deux grands mystères. A Noël, Dieu se fait homme. A Pâques, son Fils donne en nourriture son corps et son sang. 

    calice Feuillat.jpgTout commence en septembre. Le nouvel abbé des paroisses de Compesières, Troinex, Veyrier, Carouge et Acacias, Jean-Paul Elie Maomou, dit sa première messe en notre église Saint-Sylvestre. Une bénévole de la paroisse constate que le calice de Marcel Feuillat a bien besoin d’une restauration. Ni une ni deux, son initiative fait mouche. Le calice est confié à l’orfèvre François Reusse. Depuis la nuit des temps, les hommes ont recueilli le sang du sacrifice dans des coupes précieuses.

    Et c’est ainsi que le petit groupe qui chaque année réalise la crèche de Noël a souhaité cette année souligner ce lien entre Dieu qui devient homme et Dieu qui devient nourriture. 

    Le 1er décembre dernier, le pape François a publié une lettre sur ce mystère que François d’Assise a, le premier, montré aux gens de son pays. La première crèche est née en 1223 à Creccio.  «La crèche, dit le pape, contient plusieurs mystères de la vie de Jésus de telle sorte qu’elle nous les rend plus proches de notre vie quotidienne. » La lettre du pape est disponible à côté de la crèche. 

    *  * *

    La fête de Noël nous touche particulièrement car elle est toute simple: une maman, un papa, un enfant. Leur histoire est naturelle, intime, connue de tous. Elle remonte à la nuit des temps. Jean a merveilleusement résumé la situation:

    Au commencement était le Verbe

    et le Verbe était tourné vers Dieu,

    et le Verbe était Dieu.

    ...

    Et le Verbe s'est fait chair…

    Dieu s’est fait homme. C’est un mystère que les savants ne comprennent pas. 

    Les bergers, eux, ont tout de suite compris qu’il se passait quelque chose de particulier cette nuit-là. Ils connaissent la terre et le ciel mieux que tout autre. Leurs jours sont clairs, leurs nuits sont noires, percées d’étoiles. Et cette nuit-là, une nouvelle étoile s’est allumée au-dessus d’une grotte, où un papa et une maman et leur enfant nouveau-né ont trouvé refuge. Un peu de paille, une mangeoire, un âne, un bœuf, des moutons.

    Ils l’ont appelé Emmanuel. Dans le secret de son cœur, sa maman savait que ce bébé était un don de Dieu. “Que sa volonté soit faite”, avait-elle dit à l’ange. Les anges, justement, étaient encore là, chargés de proclamer la bonne nouvelle aux bergers: “Gloire à Dieu, le sauveur est né!” 

    Les bergers sont des gens simples. Ils n’ont eu aucune peine à croire qu’un temps nouveau était arrivé. Les autres, nous autres, peinons toujours à comprendre et à croire. La fureur de notre monde cache la voix des anges. Sauf pour ceux parmi nous qu’on appelle saints, comme ces trois témoins d’aujourd’hui que nous avons ajoutés à la crèche: Mère Teresa, Frère Pedro à Madagascar, l’Abbé Pierre... 

    Très vite la nouvelle de la naissance d’un roi se répand. Certains pensent que ce nouveau-né 

    sera le chef tant attendu, annoncé dans la Bible, qui libérera le pays des Romains comme jadis Moïse avait libéré les fils d’Abraham de Pharaon. Mais Jésus dit: “Mon royaume n’est pas de ce monde”. Il est venu guérir, sauver, relever, tendre la main. “Je suis le chemin et la vie. Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimé.” Sa parole est révolutionnaire.

    Trop. Les puissants s’inquiètent. “Il n’y a plus ni homme libre ni esclave ni homme ni femme, ni étranger...”, dira Paul. Nous sommes tous fils de Dieu, quels que soient notre genre ou nos coutumes, continuons-nous à dire 2000 ans plus tard…  Qu’est-ce que le pouvoir entre gens égaux? La question est toujours d’une brûlante actualité. 

    Joyeux Noël!

    Gisèle, Nicole, Danielle, Marie-Cécile, Michel, Jean-Pierre, Paul, Jean-François

     

    Et quid des messes de Ashbourne-Donaghmore, Rome? C'était les messes retransmises à la télé, la première sur la RTS, la seconde sur France 2. Des messes classiques, festives avec chœurs et orchestre et, à Rome, le décorum romain, des rites et des participants bien policés chacun dans son habit et sa fonction. 

     

    * Un bon paroissien, il y a quelque temps, m'a envoyé ce texte de Jean-Louis Schlegel intitulé "Pourquoi on ne va plus à la messe". (lien corrigé)

  • Les Jeunes socialistes suisses ne veulent plus de messe ni de culte sur la TSR. Qu'en pense le futur évêque de Genève?

    tsr émissions religieuses neuchâtel.jpgJ'ai lu la nouvelle dans ce magazine familial que j'appelle encore l'Echo illustré. C'est l'agence APIC qui la signe: Les jeunes socialistes suisses veulent bouter hors du faisceau cathodique public les émissions religieuses catholiques et protestantes. Seuls, selon APIC, protestent les jeunes socialistes de Neuchâtel qui jugent la proposition bien peu orthodoxe à l'heure où toute la classe politique excipe de la liberté d'expression pour justifier le droit des musulmans de dresser des minarets. Comme les chrétiens dressent des clochers, les communes des beffrois, des éditeurs et des promoteurs immobiliers des tours. Dominer la ville? (photo TSR le service oecuménique du Jeûne fédéral 2009)

    Bernard Litzler, le rédacteur en chef d'Echo magazine, qui s'apprête à succéder à André Kolly à la direction du comité du Centre catholique de Radio et Télévision (CCRT) qui produit les émissions religieuses sur la SSR sous les labels "Dieu sait quoi" et  "Faut pas croire", va donc se retrouver confronté à une tâche récurrente, celle de défendre la diffusion de la Bonne Nouvelle sur les ondes de la SSR.  Sans doute aura-t-il besoin de la voix d'un évêque genevois qu'il appelle de ses voeux dans son édito de la semaine passée.

     

    Depuis que les Eglises genevoises ont cédé Radio Cité à Mme de Witt, où trône certes le très catholique Pascal D., et que temples et églises ne séduisent plus que quelques pour cent de la population, il importe sans doute de conserver ce canal.

    A quoi bon des clochers, si les nefs sont vides!

  • Dies Academicus. Ite missa est

    catédrale de haut 31 mai 09.jpgIte missa est. Ces trois mots terminaient la liturgie catholique de la messe avant le concile Vatican II, quelques fois encore quand le latin reste pour les uns ou pour les autres... langue de communion. Trois "ite misssa est" ont été en quelque sorte prononcés ces derniers jours à Genève. Deux fois à la cathédrale et une fois dans l'enceinte du Mur des Réformateurs.

    Le 31 mai à Saint Pierre lors du culte diffusé en eurovision en la mémoire du réformateur de 1536. Dans une cérémonie subtilement calvinienne, tout empreinte de rigueur, teintées ça et là quelques facéties contemporaines, comme ces couleurs de l'arc-en-ciel de l'ancienne Alliance dont ont avait habillé les colonne de l'austère cathédrale, comme cette performance d'une chercheuse de certitudes, errant dans la nef centrale, sur l'air subtile de "Sailing", soudain ravie par la Bible. La mission (missa) d'évangélisation au monde était célébrée à deux voix entre le pasteur Antoine Reymond et Liz Vuadi Vibila,  l'homme blanc occupant la chaire de Calvin, la femme noire le sol de la cathédrale.

    rectorat 09.jpgLe 6 juin en la même cathédrale le Dies Academicus de l'Université commémorait jour pour jour la création de l'Académie en 1559 par Jean Calvin, pas d'eurovision. même pas de diffusion sur Leman Bleu. Le recteur Vassali successeur de Théodore de Bèze, pétrifié avec Calvin sur le Mur des réformateur, honorait Desmond Tutu et trois personnalités emblématiques. La cathédrale avait été rendu à sa sobriété laïque. Tombée les couleurs de l'Alliance avec le divin. Ttout un symbole pour cette université qui, bien qu'hébergeant encore une faculté libre (comme on le dit des électons) de théologie, a rompu ses liens originelles avec la transcendence. Ou étaits-ce plus prosaïquement pour ne pas concurrencer les couleurs des robes de ces Messieurs les professeurs?

    Signe du temps sans doute en ce temps où le créationnisme ressurgit, où la peur existentielle angoisse l'humain d'ici, où, à Lausanne, l'Université invitait cette fin de semaine Nicolas Hulot en guest star d'un colloque consacré à la question "L'Occident doit-il se réinventer" (à ce propos écoutez
    podcast
    l'entretien de Dominique Bourg avec Annik Schuin de la RSR). Ite missa est. Au fait, quel est la mission de l'université M. le recteur?

    Ce dimanche enfin, non loin du Mur des Réformateurs, objet culte des tourismes qui font Genève, comme ont fait le Laos et les Galagos. les militants du développement durable organisent leur messe rousseauiste, point d'orgue de la Journée du développement durable, promise comme la Fête de la musique à prendre rang dans le calendrier des manifestations genevoise. Dans peu d'années, les féries du jeudi de l'Ascension ou du lundi de Pentecôte viendra ponctuer ces fêtes à l'étermité de l'humain et à ses oeuvres. Consommateurs, consommez peu, bio, local et socialement correct et la terre sera sauvée

    Ite missa est!

  • Ite missa est. François a été saboté

    croix pape 2018 geneve.jpgLa messe de François (dont l'adresse Twitter est @Pontifex_fr) est finie. Pile à l'heure. Dans l'ordre et la discipline, mais aussi une certaine ferveur, une ambiance bon enfant, des enthousiasmes modérés. une messe bien suisse, quoi.

    Je rencontre mon prof d'école primaire. Il a 87 ans, milite sans relâche, a passé sa journée à promouvoir la revue des jésuites suisses Choisir, éditée à Carouge, un tout petit stand dans l'immense halle 7, qui a accueilli sans problème les quelque 40'000 célébrants de la messe. 

    Yves n'est pas très content.

    "Mes amis protestants ne vous pas être contents non plus, dit-il. Pas une intention pour l'unité des chrétiens. Pire, un Notre Père, notre prière commune chanté en latin." Il l'entonne sans une hésitation d'une belle voix, la mémoire de ses années d'enfants de choeur et de catéchistes revient intact. Mais c'était un autre temps.

    Je partage son avis. Qui a donc décidé ça? A-t-on voulu saboter la visite œcuménique de François que ma voisine a trouvé fatigué. On ne révolutionne pas Rome et sa Curie comme les autres gouvernements. 

    Pour le reste, je vous llaisse lire mes tweets envoyés pendant l'office.... A lire de bas en haut évidemment.

    Encore un mot à propos de la croix qui surmontait l'autel sur un dessin de montagne et de jet d'eau. Trop new age à mon goût. Et pourquoi continuer d'y figurer le torturé. N'est-il pas ressuscité?

    palexpo francois 21 juin 2018.jpg

    1. Les bénévoles filtrent la vidange après la messe trop peu de stands pour se désaltérer croquer un morceau lécher une glace...

       
    2.  Ou étions-nous? A la célébration de la messe avec et 40’000 fidèles enthousiastes, bon enfant, , plus prêt de GVA (Geneve Voltaire Aéroport) que de la cathédrale . Arrivederci’ a dit le chef du Vatican ovationné
       
       
    3.  A propos , à 60 km de distance, les une de ce 21 juin des deux principaux journaux appartenant au même éditeur zurichois et le doute des pasteurs vaudois fonctionnaires d’Etat. Vivement la séparation !
       
       
    4.  530 prêtres s’avancent pour la communion , précédés d’un bénévole portant un fanion marqué du monogramme de Jesus, IHS, abréviation grecque, celle des philosophes, mais aussi des sophistes. De l’araméen, au grec, au latin, à l’anglais, l’Esprit parle à jamais d’une même voix...?
       
    5.  Dominus vobiscum. passe au latin. Rares sont ceux qui savent répondre. Rares sont aussi ceux qui peuvent chanter le sanctus. Manifestement le choix musical est calé sur la rediffusion de la messe en Eurovision. Même hésitation pour le Notre Père dit... en latin...
       
       
    6.   on prie pour pour nos dirigeants politiques (et donc pour Trump, Poutine, XI Jinping...) pour les pauvres, pour les chrétiens persécutés, pour les fidèles réunis , mais pas pour l’unité des chrétiens. Tant mieux!
       
       
  • La vérité est un intervalle

    soleil-dessin-anime-173095.jpgLe climat se réchauffe, ça n'est guère contestable. Mais ce réchauffement dépasse-t-il l'intervalle de normalité? La température du XIXe siècle, plus fraîche que l'actuelle, attestée alors par la progression des glaciers, était-elle dans l'intervalle de normalité? Qui dit la vérité aujourd'hui? Les scientifiques. Ils ne sont ni omniscients ni tout puissants, mais pas question de douter. L'urgence climatique est un fait scien.ti.fi.que. Gare aux schismatiques! A ce propos le dernier "Pardonnez moi" est confondant.

    Les manifestations climatiques et la dévotion à (sainte) Greta participent d'une bien étrange religion. La peur de l'enfer est grande mais le salut est à portée de main. Pour bloquer le thermomètre, croyez-le ou non, il suffit de rouler en train, de manger des grains, de planter des arbres tout plein. 

    La vérité a de tout temps questionné les humains.

    Qui dit vrai? Qu'est-ce que la vérité? S’accommode-t-elle de quelques intervalles, de quelques interprétations, de quelques doutes? Peut-on vivre ensemble en professant des vérités différentes voire concurrentes?

    Oui, disent les chrétiens qui œuvrent à l'unité des églises. Ceux de Genève sont au coeur de cette quête.

    Demain dimanche, s'ouvre la semaine de l'unité. A Genève, elle prendra une saveur particulière. En la cathédrale Saint-Pierre, on annoncera que l'édifice devenu protestant en 1535 sera pour la première fois depuis cette date (nonobstant les messes dites durant l'occupation napoléonienne) le théâtre d'une messe. 

    C'est un événement pour le premier catholique du canton, Pascal Desthieux, qui a lâché le "scoop" en novembre dans l'indifférence générale. Dans son blog publié ce vendredi, le pasteur Daniel Neeser s'étonne du faible écho de la nouvelle. Son propos est plein de sagesse. Je vous en recommande la lecture notamment celle des deux derniers paragraphes,

    Sans doute concoctée dans le secret d'un petit cénacle, l'annonce de la messe du 29 février surprend encore et soulève une foule de questions. Dans leur communiqué commun mis en ligne cette semaine, Emmanuel Fuchs, président de l'Eglise réformée de Genève, et Pascal Desthieux, vicaire épiscopal de l’Eglise catholique romaine à Genève, les évitent prudemment. 

    Vincent Schmid, l'ancien pasteur de la cathédrale, a tout d'abord botté en touche. Ce matin, il affronte la question et formule quelques thèses pour un Schengen des Eglises. Voici la première, la troisième et la sixième thèses, où l'on retrouve l'intervalle au sein duquel s'exprime la vérité:

    1-  La diversification en confessions distinctes (Eglises catholique, orthodoxe, protestante, évangélique, autre…) est un processus historique inhérent à la religion chrétienne. Il est à l’œuvre très tôt. Il aurait pu être abordé autrement que par l'anathème, la répression ou la guerre. Malgré tout il s’est imposé et donne aujourd’hui du christianisme l’image d’une forêt et non celle d’un arbre unique. 

    (...)

     3-  Il convient donc de réfléchir en terme d’intervalle. Le christianisme offre un intervalle d’interprétations (et de confessions qui les incarnent) dont il ne faut rien exclure tant que le message est reconnaissable. Le conflit des interprétations qui pointe son nez dans le Nouveau Testament, loin d’être une faiblesse, est une dialectique salutaire qui maintient vivante la pensée chrétienne.  Mais il y a forcément des limites, dont voici la  plus importante: Rejeter voire renier la filiation juive qui constitue le point commun de tous les chrétiens reviendrait à sortir de l’intervalle. 

    (...)

     6-  Le jour ou l’on pourra librement être baptisé chez les orthodoxes, se marier chez les catholiques et communier chez les protestants, ce jour-là pourra être appelé véritablement œcuménique. On en est encore loin. Invité à Genève il y a deux ans par le COE, le Pape avait ostensiblement exclu les non-catholiques de la communion lors de la messe à Palexpo… Ce qui évidemment a été ressenti comme une gifle par beaucoup. Saura-t-on changer ces manières de penser et de faire ?

    Je ne peux que vous recommander la lecture et la méditation de ce billet. 

     

  • Ave Maria en version protestante

    Après la publication de mon trop long dernier blog Paix aux hommes de bonne volonté, à propos de la messe qui sera dite le 29 février prochain à la cathédrale Saint-Pierre de Genève d'où, après mille ans, elle fut bannie en 1535, je suis allé butiner sur le site jecroisendieu.ch, histoire de mieux connaître le fond de l'âme de mes amis réformés. Et j'ai trouvé entre autres une réponse à cette question

    Le pasteur genevois Marc Pernot a la plume agile et l'esprit délié. A la fin de sa réflexion bien intéressante, il livre à David, son interlocuteur curieux, cette nouvelle version protestante du "Je vous salue Marie",  une prière que disent par dizaines les catholiques en égrenant le chapelet

    En Christ, la Parole de Dieu m’est adressée, disant :
    Je te salue David, comblé de grâce ;
    Le Seigneur est avec toi.
    Tu es béni entre tous les humains
    Et tout ce que tu fais par amour est béni.
    Saint David, Fils de Dieu,
    Prie pour les pauvres pécheurs,
    Maintenant et jusqu’à la mort.
    Amen.
     
    A comparer avec la version catholique dont la deuxième partie rajoutée tardivement dit Pernot hérisse le poil des réformés.

    Je vous salue, Marie pleine de grâce ;
    Le Seigneur est avec vous.
    Vous êtes bénie entre toutes les femmes
    Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
    Sainte Marie, Mère de Dieu,
    Priez pour nous pauvres pécheurs,
    Maintenant et à l’heure de notre mort.

    Amen

  • L'évêque Morerod ne manque pas de culot

    morerod charles.jpg"S’il y a un évêque qui n’a pas la langue dans sa poche, c’est Mgr Charles Morerod, en charge de Fribourg, Vaud et Genève..." Jacques Pilet consacre son édito publié dans Bon pour la tête ce vendredi aux propos du prélat dans la NZZ du dimanche 13 décembre, propos répercutés par cath.ch, puis - toute vérité n'étant pas bonne à dire, celle-ci a blessé - quelque peu édulcorés dans un communiqué à l'adresse des agents pastoraux.  Sa langue qui n'est pas de bois a redit que, tout compte fait, 170 prêtres devraient suffire amplement dans son diocèse contre les 345 actuels.

    Mieux vaut - on fait bien des kilomètres pour aller dans les centres commerciaux -  des cérémonies bien achalandées que des messes qui ne rassemblent qu'une poignée de fidèles taiseux. Je confirme. Les messes de Saint-Julien-en Genevois ou de Notre Dame de Genève sont plus motivantes. Certes, le Christ a bien dit qu'il est présent au milieu de ceux qui se réunissent en son nom, comme le constate le blogueur théologien et député socialiste Sylvain Thévoz, mais il n'a pas dit qu'un prêtre doit nécessairement être présent.

    L'affaire n'est pas vraiment nouvelle. On m'a passé il y a peu un texte de Jean-Luc Lecat, actif dans la paroisse expérimentale Les Halles-Beaubourg, qui s'énerve de ces messes "omni-rigides" (ici et ). C'est que le vieillissement du clergé ici - et des fidèles aussi - et le remplacement des partants par des prêtres étrangers - faute de pouvoir compter sur des femmes ou des hommes mariés* - place chaque année davantage l'institution ecclésiale devant des choix drastiques, au niveau diocésain comme au niveau des paroisses. Le Jésuite suisse jean-Blaise Fellay avoue son inquiétude dans une interview publiée le 18 décembre dans Le Temps: «L’Eglise connaît un véritable effondrement».

    En Suisse romande, plus d'un clerc sur deux est étranger. En outre, relève l'évêque, tous les Polonais, Africains ou Vietnamiens, qui débarquent et se mettent à notre service, manquent à leurs églises et ne réussissent pas tous, loin s'en faut, à s'intégrer dans un peuple catholique forgé à la démocratie directe et à l’œcuménisme. Je ne peux que confirmer ce constat.

    Bref comme n'importe quelle entreprise, l'église doit adapter ses structures à ses moyens et au nombre toujours déclinant des catholiques. La dernière publication de StatistiqueSuisse éclaire la situation de manière crue.

    religion en suisse.jpg

    Certes, le nombre ne fait pas la qualité. On se rassure comme on peut. Chacun sait bien que les forces vives fondent comme neige au soleil ou s'éprouvent dans un fondamentalisme - et pas que chez les évangélistes - qui n'appelle pas forcément des lendemains qui chantent.

    Dans notre région, la fusion de l'Unité pastorale Salève (Compesières, Troinex, Veyrier) dans l'Unité pastorale Carouge Acacias est faite. Sans bruit ni contestation. Le curé Gilbert Perritaz, flanqué d'un prêtre guinéen, est seul à la barre. Covid oblige, ils vont multiplier les messes en ce temps de la Nativité

    Et après. Et demain? C'est à nous de prendre sa place aujourd'hui..., dit la chanson

    Par quoi on commence? On ferme ou on vend les églises jugées surnuméraires? Une telle annonce serait la suite logique de la langue bien pendues de l'évêque. Non? On pourrait aussi transformer la messe. Ce ne sont pas les initiatives qui manquent. Mais elles se heurtent toutes au poids des habitudes, au poids du clergé, au poids du magistère. 

    Ce matin sur France 2, l'archevêque de Paris célébrait les 1600 ans de la naissance de sainte Geneviève, patronne de la capitale de la France. Il a rappelé que Dieu avait choisi Marie, une femme, pour y demeurer jusqu'à sa naissance.

    Ce nouveau né a dit, à la veille de sa mort, que son corps supplicié, le temple de Dieu, sera rebâti en trois jours. C'est ce en quoi l'on croit. Pourtant les cathédrales, les églises, les monastères, les icônes, les ermitages, l'art sacré restent des témoins formidables. Mais un peu vide de sens et de vie malgré (ou peut-être à cause de) leur valeur.

     

    * Le mariage des prêtres est un problème sérieux mais n'est pas la solution à voir l'évolution des églises réformées, atteintes comme l'église catholique d'une sérieuse panne de vocations.