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  • Genève en 2050... si

    geneve 2050.jpgChaque été, The Economist propose une série "The World if", bien loin des projections habituelles des futurologues, des scénarios envisageables à partir des données connues, bref une incursion dans ce chaos qu'un battement d'aile de papillon peut déclencher. Cette année, les hypothèses vont de si les Etats Unis quittait l'OTAN en 2024 à si les antibiotiques tombaient en panne en 2041, en passant par si la Chine et l'Amérique s'affontaient en mer de Chine, à si les robots prenaient tous les jobs en 2030.

    Les auteurs anonymes de Genève 2050 ont cherché à éviter le piège de la simple projection des courbes assises sur le passé. Leurs quatre scénarios relèvent donc un peu de "Genève si", sans toutefois identifier un élément déclencheur précis ouvrant une narration épique du futur. Voici leurs scénarios (page 39 du rapport):

    1. « Continuation » : Genève si les tendances déjà observables aujourd’hui se poursuivent. Genève comptera 655'000 habitants en 2050 et deux classes sociales de plus les oisifs et les désœuvrés. 


    2. « Limites et discipline » : Genève si les comportements doivent s’adapter pour faire face aux contraintes environnementales ou aux limites du monde physique. Genève comptera 627'000 habitants en 2050 et le monde plus de pétrole dès 2040.


    3. « Déclin et effondrement » (cher aux collapsologues) : Genève si des dégradations systémiques et l’échec des tentatives de régulation provoquent un recul significatif du niveau de vie, qui peut aller jusqu’à un effondrement civilisationnel.  Tous les voyants sont au rouge. Genève comptera 443'000 habitants (60'000 de moins qu'aujourd'hui). 


    4. « Transformation » : Genève si la combinaison de nouvelles formes d’organisations et d’échanges commerciaux, de nouvelles technologies et d’une dynamique de transformations socioculturelles permettent à la société de se transformer, et ce faisant, d’accroître significativement sa capacité d’action. Genève héberge 595'000 habitants. Heureux.

    Tous ces scénarios sont catastrophistes. On sent que les auteurs du rapport Genève 2050 ont en tête un monde idéal, très conforme au paradis égalitaire, sain, local, non violent et durable dont les Verts (clairs, les écologistes, et foncés, les UDC) rêvent.

    Extrait du scénario 4: Le capitalisme de l’abondance naît donc dans la douleur en l’absence d’un système qui permettrait de réguler la production que l'intelligence artificielle réalise à coût marginal zéro. Il est temps pour les États et les territoires de reprendre la main...

     

    Genève 2050, le rapport d'une centaine de pages, c'est encore quatre ambitions pour une Genève résiliente (prospective, innovante, durable, apprenante) et un sondage prospectif réalisé auprès de 360 étudiants de la HES-SO - un bien petit univers très technos -  à qui l'on a demandé de dire si les 50 affirmations listées page 113 du rapport étaient au non souhaitables.

    Plusieurs ont eu de la peine à déclarer souhaitables des propositions qu'ils ont jugées non plausibles. C'est un point clé de la démarche.

    Actuellement, tout un chacun peut participer en répondant à un questionnaire très orienté.

    A suivre...

     

     

  • Collapsologie, gourmandise et Biorégion 2050

    www.footprintnetwork.org.jpgCe lundi, nous avions atteint le jour de la vie à crédit, rappelle ce matin Libération qui cite footprintnetwork.org et sacrifie au rituel du nostra culpa moderne. Nous - les riches - consommons trop. L'effondrement - le collapse - a déjà commencé. Les mouches qui nourrissent les oiseaux ont disparu dans nos environnement aseptisés (au fait, nos pschitt et autres bougies, bâtonnets et autres arômes d'ambiance même bio ne sont peut-être pas sans conséquence)... Alerte! Que fait la police!

    Pour faire bon poids (!), Libé cite en premier le pape pape François, "qui exhorte les Etats à agir pour lutter contre le changement climatique «parce que notre survie et notre bien-être dépendent de cela»." Le pape François est à la tête d'un peuple qui sait que s'approprier les ressources plus que nécessaire et de ce fait priver son prochain des fruits de la terre est péché de gourmandise et qu'il sera plus difficile à un riche d'entrer au paradis qu'à un chameau de passer par le chat d'une aiguille

    Une économie durable - concept que même le PLR peut adopter car l'économie, c'est la consommation; qu'elle soit durable ne peut que satisfaire tout le monde, sauf la planète disent les verts fondamentalistes - l'économie durable donc n'est pas suffisante pour sauver la planète.

    Il faut introduire le rationnement, défend toujours dans Libé Mathilde Szuba, membre du labod'idées en vogue Momentum: "Plus les gens gagnent d'argent plus ils émettent des gaz à effet de serre. Politiser le partage, c'est se rendre compte que les politiques publiques ne doivent pas seulement protéger les plus faibles, mais aussi faire en sorte que les gros consommateurs soient limités dans leur consommation, car ce sont des dangers publiques."

    Et nous revoilà en plain conflit entre les gilets jaunes, ces manants qui ont le culot d'avoir une bagnole, et les urbains à qui l'on va tantôt offrir des transports publics gratuits.

    Dictature verte? Non, l'écologie est l'idéologie la plus démocratique, répond Szuba. Et puis contraindre ne veut pas dire dictature... En effet, les religieux et quelques autres vont vœu de pauvreté par pur amour de Dieu. 

    Momentum qui est présidé par Yves Cochet, un des leaders de la France écolo qui en compte de multiples, a publié en mars une étude de 250 pages intitulée "Biorégion 2050, L'Île de France après l'effondrement". A lire sans doute pour comprendre ce que pourrait être (Le Grand) @Genève2050.

    Extrait:

    "En 2050, la production énergétique ne sera plus fonction de la demande. La situation sera inversée, notamment en raison du caractère variable des énergies renouvelables et de l’insuffisance des capacités de stockage pour disposer d’un approvisionnement énergétique constant, à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, dans n’importe quelle saison. Tel le meunier qui gérait un moulin à vent et qui devait travailler de manière quasiment ininterrompue tant que le vent soufflait, ou le transport à voile qui se faisait de préférence en fonction des courants saisonniers favorables, etc.

    L’Île-de-France sera découpée en plusieurs biorégions. Celles-ci résulteront de la simplification des systèmes alimentaires industriels qui va s’accélérer dans un avenir proche, en raison de l’interruption des chaînes d’approvisionnement extrarégionales et des effets du changement climatique. La localisation des Franciliens en sera bouleversée. Alors que les territoires ruraux de la région accueilleront 700 000 habitants supplémentaires, Paris et l’immense zone urbanisée qui l’entoure verront leur population divisée par deux. On assistera à un exode urbain massif." ...

     

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  • Quel Genève en 2030? Quel Genève en 2050?

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    Quel Genève en 2050? C'est l'horizon que Pierre Maudet, alors président du Conseil d'Etat, avait fixé aux Genevois lors du Discours de Saint-Pierre. Le jeune tribun n'imaginait sans doute pas qu'il allait être détrôné sans ménagement bien avant cette échéance et être l'acteur clé d'une affaire sans précédent dans la République: l'affaire Maudet soigneusement chroniquée dans Wikipedia. Telle une tique, Pierre s'accroche depuis à son ministère croupion. Personne ne peut l'en déloger. La caravane passe. "Genève est gouvernée", dit son successeur, son ami Antonio Hodgers. Circulez! 

    La  grande réflexion sur Genève 2050 a été lancée en septembre 2018 (suite à un communiqué de presse du 27 juin - comme si on avait voulu cacher l'affaire) et la consultation des Genevois depuis ce mois de mai, sous la forme d'un questionnaire. Elle se termine le 21 juillet. Sans avoir fait la Une d'aucun journal.

    3500 personnes ont déjà répondu au questionnaire. Problématique le questionnaire. J'y reviendrai.

    Un site internet, une page Facebook, deux bonnes dizaines de vidéos, dont celle d'Antonio Hodgers, 44 secondes. On est loin du grand débat à la Macron. La mayonnaise n'a pas vraiment pris. L'affaire Maudet, les échéances citoyennes des votations de ce printemps, de cet automne (électrons fédérales), du printemps 2020 (élections municipales) font qu'on a la tête ailleurs.

    Pourtant il est bon de réfléchir, d'anticiper, d'imaginer, d'échafauder des scénarios. Genève 2050, c'est aussi un rapport d'une centaine de pages, quatre scénarios et quatre ambitions. Le tout accompagné d'un sondage prospectif réalisé auprès de 360 étudiants de la HESSO - un bien petit univers très technos -  à qui l'on a demandé de dire si les 50 affirmations listées page 113 du rapport étaient au non souhaitables. Plusieurs ont eu de la peine à déclarer souhaitables des propositions qu'ils ont jugées non plausibles.

    2050, c'est l'horizon de la transitionn nucléaire en Suisse. Ce n'est pas rien.

    2050, c'est dans 30 ans. Autant dire que nos gouvernants de la moitié du XXie siècles sont en cours de formatage dans nos écoles et nos universités, lesquelles ne brillent pas  par leur sens de l'innovation pédagogiques, alors que les robots et les ordinateurs apprenants sont déjà là.

    On nous rebat les oreilles avec le réchauffement climatique qui n'est perçu que comme une catastrophe alors que tout phénomène a forcément des mauvais mais aussi des bons côtés. Est-on sûr que le bilan sera négatif? On ferait mieux de s'inquiéter de la croissance démographique et du vieillissement accéléré de la Suisse et l'Europe. 

    ...

    2030 photo amoureux s'embrassant.jpg

    Ma Genève en 2030

    En attendant d'autres réflexions..., je suis retombé sur une autre série que j'avais lancée en janvier 2017 dans la Tribune de Genève, à la veille des élections cantonales. Moins ambitieux, j'avais fixé l'horizon à 2030. Et invité une quinzaine de Genevois à s'exprimer. Voici ma contribution qui a lancé cette série. 2030, c'est aussi l'horizon du Plan directeur cantonal

     

    Quel Genève en 2030

    La campagne électorale va démarrer dans les prochains jours. Elle prendra fin le 15 avril quand les Genevois connaîtront les noms des cent députés de leur Grand Conseil pour la législature 2018-2023. Il faudra sans doute attendre le second tour de l’élection du Conseil d’État pour connaître les noms des sept ministres. Il nous a paru utile d’interpeller les jeunesses des partis et quelques autres sur leur vision de Genève en 2030. Une douzaine de tribunes libres seront publiées dans cette page ces prochaines semaines. Elles susciteront, nous l’espérons, des réactions et des commentaires, dont le Courrier des lecteurs se fera volontiers l’écho.


    Si le canton poursuit sur sa lancée démographique – vive ces dernières années – il pourrait héberger quelque 575 000 habitants en 2030, une croissance équivalant à deux fois la population de Vernier. C’est dire qu’il faudra construire 20 000 à 30 000 logements pour loger ces gens. Comme ces dernières années, l’essentiel de cette croissance proviendra de l’immigration. Nous ne serions que 505 000 dans 12 ans si le scénario dit des portes fermées, examiné à titre de témoin par l’Office cantonal de la statistique, se réalisait. Dans ce cas, fort peu probable, le vieillissement accéléré de la population mettrait à rude épreuve nos systèmes de retraites et de santé.

    Une telle croissance démographique – son débordement pose au Grand Genève un sacré défi aussi – est le reflet du dynamisme des quelque 37 000 entreprises genevoises. Elles ont créé une foule d’emplois: près de 315 000 équivalents plein temps au printemps dernier, selon StatistiqueGenève, dont près de 80 000 dans les secteurs publics. Ce développement économique est très dépendant de facteurs extérieurs au canton. Il n’est pas sans générer des peurs et des inégalités. Va-t-il perdurer avec la même vigueur?

    Plusieurs gros dossiers politiques détermineront en partie la capacité de Genève et du Grand Genève à demeurer une région prospère dans la durée et pour tous ses habitants. Au premier rang figure la suppression du privilège fiscal, dont bénéficient certaines sociétés internationales en Suisse et à Genève en particulier. La modernisation de l’évaluation des fonctions et de l’échelle des traitements des quelque 40 000 fonctionnaires du canton, est plus modeste mais pas moins cruciale. Le troisième gros dossier sera la refonte de la fiscalité communale et le partage des charges de la politique sociale que seul le canton supporte à Genève (alors qu’il est pris en charge pour moitié par les communes dans le canton de Vaud). S’imposera aussi la relance politique et économique du Grand Genève que l’ouverture du RER Léman express et la réforme du marché du travail engagé par le gouvernement français devraient dynamiser.

    Quels impacts auront sur les gens, l’économie et les processus politiques l’intelligence artificielle, l’Internet des objets (IoT), les robots (que Xavier Comtesse, dans sa dernière étude sur l’IoT, juge illusoire de vouloir taxer)? Nul ne sait. Cette incertitude est sans doute ce qui déstabilise le plus nos sociétés.

    Quels impacts auront l’intelligence artificielle, l’internet des objets, les robots d’ici à 2030?

     

    Ndlr: Texte mis à jour le 13 juillet à 8h.

  • 1850: le train innove. 2050:...

    vaud 2050 train.jpgNos trains rouleront-ils sans pilote et 24h sur 24 en 2050? Et les quais seront-ils comme ceux des métros, équipés de portes de sécurité? Ce futur proche fait peu débat, me semble-t-il, à l'heure où les CFF et le CEVA peinent à trouver des cheminots multimodaux non grévistes. Conçue au XIXe siècle, le RER Cornavin-Eaux-Vives-Annemasse n'a même pas réussi à standardiser ses locos. Il est loin d'avoir penser l'automaticité des convois. 2050, c'est dans 30 ans. Il y a 30 ans, en 1990, Genève réfléchissait au barreau sud, à la traversée de la rade et à SmartGeneva, se rengorgeait d'être la capitale des nouvelles relations russo-américaines dans un monde sans histoire. La Chine n'était encore pas éveillée. Ni l'Afrique.  

    A Lausanne, la rupestre, on planifiait un métro M2 automatique, l'extension de l'EPFL et son réseau dans les cantons voisins, un nouveau musée au bord des quais. On rédigeait une nouvelle constitution, instaurant un président durable. Puis Vaud a basculé la moitié de la facture sociale aux communes, épongeant sa dette et se redonnant du muscle pour de nouveaux projets stratégiques dont un train à grande vitesse entre l'aéroport et Lausanne, ravissant au passage à Genève, l'internationale endormie, son rôle de pôle dynamique de la Romandie.

    En juin dernier - Rodolphe Weibel le rappelle dans son dernier  blog - le canton de Vaud a décidé de "Miser sur le rail pour offrir au Canton une mobilité durable, efficace et assurant sa prospérité". Parmi les idées évoquées, celle déjà proposée de longue date par des ingénieurs marginaux et la CITRAP (et votre serviteur): construire une deuxième ligne ferroviaire semi ou entièrement enterrée le long de l'autoroute A1, les Vaudois comprenant enfin que l'ambition de construire une 3e voire une 4e voie sur la ligne actuelle est illusoire. 

    Certes d'ici-là, les véhicules électriques et automatiques autoroutiers auront peut-être renvoyé le réseau ferroviaire à l'âge du fer, mais l'intention est louable et une étude ne coûte pas une fortune en regard des investissements colossaux qu'il faudra consentir pour relier Lausanne et l'EPFL à l'aéroport de Cointrin (entre temps rebaptisé GVA pour Genève Voltaire Aéroport, histoire d'inscrire dans le marbre le nom du veilleur de l'esprit républicain des Délices et de Ferney). 

    lausanne au coeur du resau ferroviaire europeen.jpg

    Au fait, est-ce que la commission des transports du Grand Conseil genevois, sa présidente verte et le conseiller d'Etat en charge des infrastructure se sont-ils saisis du projet vaudois? Qu'en pensent-ils? N'y auraient-il pas un intérêt stratégique évident à offrir aux Vaudois un accès direct à GVA sans passer par Cornavin? Est-ce que la vision 2050 du rail à Genève est à la hauteur des enjeux régionaux et européens? Est-il encore temps pour nos élus locaux de changer son fusil d'épaule comme ils l'ont fait à la fin des années 80 pour le CEVA?

    Au passage, la nouvelle ligne Cointrin-Renens pourrait revitaliser le projet de l'architecte Charles Pictet de déplacer la gare de La Praille à Colovrex. (lire aussi ici et )

    A consulter: l'histoire résumée du CEVA sur le site d'AlpRail, le projet d'un TGV Lausanne Genève de la CITRAP pour 2030

  • Ni grippe, ni bug, ni Europe dans Genève 2050

    but de Genève 2050.jpg

    Quatre scénarios - complexes et un peu catastrophistes - pour imaginer les futurs possibles de Genève en 2050. C'est l'exercice de prospective que propose, depuis septembre 2018, le Conseil d'Etat, un projet évoqué lors de son discours de législature 2019-2024 en la cathédrale Saint-Pierre, mais concocté depuis avril 2017 et traité sans tambours ni trompettes depuis, en raison de l'affaire M et d'autres priorités.

    Quatre scénarios, c'est peu tant les possibles sont nombreux. Sans compter les aléas. Imagine-t-on pareille entreprise lancée en 1918, quelques jours avant la défaite de l'Allemagne, à la veille de la grippe espagnol dont la voracité en vies humaines fut plus grande que la Grande guerre, 20 ans avant le deuxième conflit mondial, né en bonne partie des lourdes pénalités imposées à l'Allemagne qui mit à genou la République de Weimar et fit le lit d'un certain AH...

    C'est dire 1) combien nous sommes incapables de prévoir l'avenir, 2) combien le monde est plus serein en ce début du XXIe siècle, 3) combien les Cassandre et autres collapsologues jouent à se et nous faire peur. Or la peur est mauvaise conseillère. 

    scenarios 1 et2.jpgMais "point besoin d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer", comme disait l'indépendantiste Guillaume d'Orange - point de scénario 2050 en Genève indépendante ou européenne.

    Il faut néanmoins saluer la démarche et se demander pourquoi elle n'a pas eu plus d'écho populaire et politique. (Je ne suis pas parvenu à dénicher un seul article de presse sur le sujet. Merci de m'aider). Et puisqu'on en est au citation, citons celle du rapport, sortie de la plume de Gaston Berger dans Phénoménologie du temps et prospective: « Regarder un atome le change, regarder un homme le transforme, regarder l’avenir le bouleverse ».

    scenarios 3 et 4.jpgDans quel état j'erre? De quoi demain sera fait? Oracles, desseins et finitudes sont vieux comme le monde des humains. Même la Confédération a planché sur son avenir à l'horizon 2030 et le très sage canton de Vaud aussi à l'horizon 2035

    L'ère du temps est donc à l'inquiétude et au pessimisme. Classique quand on risque de perdre la jambe ou un bras on ne s'inquiète pas de ses autres petits bobos. Mais il est vrai qu'un battement de papillon peut générer le chaos. 

    Donc chaos possible, c'est clairement la dominante du rapport 2050 et de ses scénarios. (cliquez sur les deux images à gauche ci-dessus pour les agrandir).

    L'autre biais est lié à la règle des rendements décroissants. Plus on progresse et on atteint une limite, plus les efforts doivent être considérables pour franchir un nouveau seuil. C'est typiquement ce qu'on constate dans les compétitions sportives. Mais pas que. Notre société a sans doute atteint quelques limites dans l'état de la technologie.

    Le problème principal, c'est la croissance démographique qu'a connu le monde depuis un siècle - au fait qui en est responsable? C'est le facteur déterminent de la croissance, car aujourd'hui les technologies sont en passe de nous offrir le confort avec de moindres consommations d'énergie fossile. Et l'économie circulaire encore balbutiante promet des récupérations et des recyclages importants.

    Pour Genève, le problème démographique est à la fois quantitatif et qualitatif. "Notre" prospérité attire les migrants, nos emplois sophistiqués ne peuvent pas tous être tous occupés par des Genevois, loin s'en faut. Troisième facteur le vieillissement de la population. J'en suis. 

    A suivre...

     

     

     

  • Les Genevois du 24 novembre et Genève 2050

    Coup de frein à l'aéroport et deux non d'extrême justesse au "bétonnage" de deux sites au Petit- et au Grand Saconnex ce 24 novembre à Genève. Que n'aurait-on pas entendu si deux oui d'extrême justesse étaient sortis des urnes? Je parie que les opposants vaincus auraient usé de tous les moyens pour que leur cause l'emporte finalement.

    L'issue des scrutins posent un vrai problème de démocratie. Le génie suisse n'est-il pas en pareil cas de remettre l'ouvrage sur le métier et de trouver un meilleur équilibre?

    Souvenez-vous du 9 février 2014! 

     

     

    C'est la justesse du résultat qui a conduit le Parlement fédéral à tailler au mieux la loi sur la libre circulation des personnes et à introduire une dose de préférence nationale à l'embauche, après le petit oui des Suisses à l'initiative de l'UDC contre l'immigration de masse, au risque de mettre en péril nos relations gagnant gagnant avec l'Union européenne.

    Imagine-t-on à Genève le Grand Conseil ajuster ainsi les lois refusées ce dimanche 24 novembre dans une tentative de concilier les deux camps? Quel député en fera la proposition? On aurait attendu d'Antonio Hodgers une telle ambition et non celle d'un ministre, qui, pressé par les siens, décrète un moratoire de la densification de la zone villa. 

    Comment faire accepter des projets à ceux qui les jugent inacceptables parce qu'ils dérangent leur quiétude (cas du Petit Saconnex) ou leur idéologie (cas du Grand Saconnex). Faut-il plus de pédagogie comme on l'a entendu? Sans doute mais on ne fait pas entendre raison à qui est dans l'émotion. 

    Faut-il redébattre de la croissance, de sa vitesse et de sa couleur? Sans doute aussi, mais le débat peut tourner en rond, enfoncer des portes ouvertes ou même ne pas avoir lieu quand les fronts sont irréductibles. 

    M'est revenu en mémoire le projet du Conseil d'Etat Genève 2050, relayé sur Facebook, lancé un peu en catimini en 2018 et malheureusement totalement pollué par le faux pas du président d'alors et surtout son entêtement à demeurer membre du collège gouvernemental. 

    Qu'entend faire le Conseil d'Etat de ce vaste sondage et de cette introspection. N'y trouve-t-on pas de quoi répondre aux questions qui se bousculent à l'issue du dernier scrutin?

    On attend aussi avec intérêt les bonnes idées de l'ex-patron de la CICG  devenu entre autres casquettes, président de l'Association en faveur de l'aéroport, mais aussi fervent défenseur d'un nouvel indice mesurant le bonheur cantonal brut .

    Alors que Genève voit son principal fleuron international, l'organisation mondiale du commerce, mis sur la touche, et que va s'ouvrir la campagne électorale des Municipales 2020, tandis que la compétition internationale ne cesse de s'accroître, on peut s'inquiéter de nos capacités à relever les défis. 

     

    Sur Genève en 2050, je suis tombé sur cet essai fictionnel d'Oscar Bartolomei publié dans Bilan cet automne. Sur le même sujet, on peut encore lire mes billets de juillet dernier.

  • En 2050, chaque citoyen genevois sera responsable de sa santé

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    En 2050, chaque citoyen-ne genevois-e sera responsable de sa santé. C'est la proposition 19 sur les cinquante soumises à l'avis de quelque 350 étudiants de la HES/SO Genève.  Cette enquête, ainsi que des interviews ciblées d'une cinquantaine de haut fonctionnaires et des ateliers fondent le rapport 2050. On n'y trouve pas l'avenir du canton, mais des scénarios possibles, d'où découlent des stratégies et des politiques publiques. Bref une mise en branle de l'Etat et des habitants plutôt ébouriffants et très inspirés par l'écologie en vogue, de quoi, espèrent les experts, garder les Genevois éveillés, souples et résilients face à ce Demain, qu'on nous conte paradisiaque et que les hypothèses du projet - largement anonyme lancé par le Conseil d'Etat il y a un an - peignent en noir. 

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    En 2050, chaque citoyen-ne sera tenu-e d’enregistrer quotidiennement ses données personnelles de santé (son activité physique, son régime alimentaire, son état mental etc.) au moyen d’objets connectés

    Florilège de quelques propositions. L'annexe au rapport Genève 2050 présente pour chacun le degré de plausibilité (barre supérieure) et le degré de souhaitabilité (barre inférieure) évaluée par les étudiants. Ainsi l'autotraquage des gens en matière de santé est jugé plausible (par une petite majorité) mais pas souhaitable (par trois quarts des étudiants). 

     

    9.  En 2050, la production industrielle à Genève sera assurée en grande partie par des micro-usines connectées, implantées au cœur de l’espace urbain.

    14. En 2050, les filières de formation évolueront de plus en plus rapidement, peut-être même à chaque rentrée scolaire / universitaire, en fonction des besoins exprimés par les employeurs à Genève.

    20. En 2050, chaque citoyen-ne sera tenu-e d’enregistrer quotidiennement ses données personnelles de santé (son activité physique, son régime alimentaire, son état mental etc.) au moyen d’objets connectés (comme par exemple, une montre ou un bracelet connecté).

    39. En 2050, le travail salarié, dominant en 2017, ne concernera plus qu’une minorité de travailleurs.

    44. En 2050, l’activité contributive sera devenue une composante naturelle et reconnue de la vie professionnelle de la plupart des individus à Genève.

     

    Liste des 50 affirmations proposées aux sondés dans le cadre de l’enquête prospective auprès de 350 étudiants de la HES/ SO de Genève


    Général
    1. D’ici à 2050, les citoyens (le peuple) auront joué un rôle majeur afin d’améliorer la situation à Genève.
    2. D’ici à 2050, l’école (l’éducation) aura joué un rôle majeur afin d’améliorer la situation à Genève.
    3. D’ici à 2050, les hautes écoles (HES, Universités, EPF) auront joué un rôle majeur afin d’améliorer la situation à Genève.
    4. D’ici à 2050, l’État (la puissance publique) aura joué un rôle majeur afin d’améliorer la situation à Genève.
    5. D’ici à 2050, les entreprises auront joué un rôle majeur afin d’améliorer la situation à Genève.
    6. D’ici à 2050, les médias auront joué un rôle majeur afin d’améliorer la situation à Genève.
    7. D’ici à 2050, les associations auront joué un rôle majeur afin d’améliorer la situation à Genève.
    8. D’ici à 2050, les instances religieuses auront joué un rôle majeur afin d’améliorer la situation à Genève.

     

    Production / Industrie
    9. En 2050, une grande partie de la production industrielle, délocalisée notamment en Asie, sera rapatriée en Suisse et en particulier à Genève.
    10. En 2050, la production industrielle à Genève sera assurée en grande partie par des micro-usines connectées, implantées au cœur de l’espace urbain.
    11. En 2050, une grande partie des biens de consommation et des pièces de rechange destinées aux usages professionnels et individuels seront produits en quantités égales à la demande et en temps réel.


    Éducation
    12. En 2050, la majorité des élèves et des étudiant-e-s qui fréquenteront les (hautes) écoles du canton apprendront en se confrontant à des problèmes réels, souvent d’envergure planétaire, tels que le réchauffement climatique et ses conséquences (crises migratoires, alimentaires, sanitaires etc.), l’accroissement des inégalités, la raréfaction des ressources naturelles etc.
    13. En 2050, les limites de la salle de classe seront de plus en plus floues. Les associations, les entreprises etc. seront directement impliquées dans l’élaboration des programmes.
    14. En 2050, les filières de formation évolueront de plus en plus rapidement, peut-être même à chaque rentrée scolaire / universitaire, en fonction des besoins exprimés par les employeurs à Genève.
    15. En 2050, la plupart des étudiant-e-s genevois suivront un cursus à la carte, fait de cours dispensés à distance par des universités du monde entier.
    16. En 2050, chaque élève / étudiant-e sera suivi-e par un-e ou plusieurs tutrices / tuteurs - des professionnels de l’éducation, des enseignant-e-s / chercheurs etc - qui l’accompagneront au cours des nombreux projets qu’elle / il réalisera tout au long de sa scolarité.


    Énergie
    17. En 2050, l’essentiel de l’énergie nécessaire (pour chauffer votre domicile, alimenter vos appareils, vous déplacer et faire fonctionner l’économie genevoise) sera produite localement par de grands acteurs (tels que les Services industriels de Genève) qui exploiteront plusieurs sources d’énergie renouvelable telles que l’énergie hydroélectrique, la géothermie et la biomasse.
    18. En 2050, ce seront des coopératives d’habitant-e-s qui détiendront la majorité des capacités de
    production d’énergies renouvelables (comme c’est déjà le cas aujourd’hui en Allemagne).


    Santé
    19. En 2050, chaque citoyen-ne genevois-e sera responsable de sa santé.
    20. En 2050, chaque citoyen-ne sera tenu-e d’enregistrer quotidiennement ses données personnelles de santé (son activité physique, son régime alimentaire, son état mental etc.) au moyen d’objets connectés (comme par exemple, une montre ou un bracelet connecté).
    21. En 2050, les données personnelles de santé seront analysées par les objets connectés et chaque individu disposera de conseils personnalisés afin de rester le plus longtemps possible en bonne santé.
    22. En 2050, les données personnelles de santé seront transmises automatiquement à l’assureur de chaque individu. Les primes d’assurance maladie seront recalculées à intervalle régulier (voire même mises à jour en temps réel) en fonction du comportement de l’assuré-e.
    23. En 2050, chaque citoyen-ne pourra, si elle / s’il le désire, faire don de ses données personnelles de santé à un ou plusieurs établissements de recherche en santé publique.


    Mobilité
    24. En 2050, la plus grande partie des déplacements en centre-ville seront effectués au moyen de modes de transport doux (vélo, vélo électrique, marche à pied etc.).
    25. En 2050, la part des habitants du canton qui possèderont leur véhicule individuel sera minoritaire.
    26. En 2050, la plupart des véhicules individuels en circulation seront des véhicules autonomes.
    27. En 2050, les travailleurs genevois travailleront au moins 50% de leur temps à domicile ou dans des lieux de coworking.


    Aménagement
    28. En 2050, le développement territorial sera planifié conjointement au sein du Grand Genève et tant les résidents que les entreprises pourront s'installer librement de part et d'autre de la frontière.
    29. En 2050, les lieux prisés pour habiter seront les quartiers denses des multiples polarités du Grand Genève, bien desservies par les transports publics et par des autoroutes à vélos.
    30. En 2050, pour préserver les espaces d'agriculture et de nature, on construira des bâtiments plus hauts, dans des quartiers verdoyants pour limiter les effets du réchauffement climatique, avec des espaces publics conviviaux gagnés sur les surfaces dévolues à l'automobile qui aura disparu des centres.
    31. En 2050, la planification par zone aura vécu, l'intervention de l'Etat s'orientera prioritairement vers l'organisation de démarches participatives de projets urbains, portés en majorité par des coopératives d'habitation, permettant de constituer des quartiers mixtes et diversifiés, prenant la place des zones de villas en progressive disparition.
    32. En 2050, le développement du télétravail, du coworking et de l'e-commerce auront rendu obsolètes nombre d'immeubles de bureaux et de centres commerciaux. La question du recyclage de ces bâtiments sera l'une des principales préoccupations des acteurs de l'immobilier : conversion en logements, en lieux associatifs, culturels, de loisirs diurnes ou nocturnes etc. ?
    33. En 2050, les quartiers seront approvisionnés majoritairement par des énergies renouvelables produites sur site. Un réseau électrique intelligent contrôlera la production, la répartition et le stockage de l’électricité.


    Agriculture / Alimentation
    34. En 2050, une grande partie des denrées alimentaires (fruits, légumes, produits laitiers, viande etc.) consommées à Genève seront produites à Genève.
    35. En 2050, l’agriculture intensive aura largement cédé le pas à la permaculture. Il ne s’agira pas pour autant d’un retour en arrière ; en 2050, la permaculture associera la mise en pratique des connaissances scientifiques les plus en pointe avec les dernières technologies de l’information et de la communication.
    36. En 2050, les professionnels de l’agriculture seront dotés de formes juridiques variées : associations, coopératives, entreprises à but lucratif etc.
    37. En 2050, la nourriture de synthèse sera majoritaire. Il deviendra de plus en plus rare de consommer de la nourriture produite de manière naturelle.
    38. En 2050, grâce au développement des technologies d’agriculture et de production de nourriture de synthèse, la famine et l’épidémie d’obésité seront jugulées simultanément.
    39. En 2050, le travail salarié, dominant en 2017, ne concernera plus qu’une minorité de travailleurs.
    40. En 2050, de nombreux métiers seront automatisés et, par conséquent, de nombreux emplois seront détruits.
    41. En 2050, la majorité des travailleurs seront indépendants.
    42. En 2050, les résidents genevois percevront un revenu de base inconditionnel.

    Économie
    43. En 2050, une nouvelle forme d’économie, dite économie “contributive”, prendra une part importante dans la vie économique à Genève entre le secteur marchand et le secteur public. Elle reposera sur deux piliers, complémentaires l’un de l’autre :
    o Des systèmes de partage et d’échange horizontaux de biens, de services ou de capacités inemployées (temps, espace, outils, véhicules etc.), fondés sur des unités de compte diverses, y compris des monnaies complémentaires ;
    o La production et l’entretien de “communs” immatériels (bases de données, connaissances scientifiques, logiciels, cartes etc.) ou matériels (énergies, ressources et espaces partagés etc.).
    44. En 2050, l’activité contributive sera devenue une composante naturelle et reconnue de la vie professionnelle de la plupart des individus à Genève.
    45. En 2050, une partie de la gestion d’équipements et de services publics sera transférée à l’économie contributive.


    Climat
    46. D’ici à 2050, c’est l’accélération du progrès scientifique et technique qui aura permis de trouver des solutions innovantes au défi environnemental et au réchauffement climatique en particulier.
    47. D’ici à 2050, c’est un changement radical dans l’organisation de l’économie et de la société, revenant à produire moins et à consommer moins, qui aura permis de trouver des solutions innovantes au défi environnemental et au réchauffement climatique en particulier.
    48. D’ici à 2050, c’est l’adoption d’une réglementation internationale imposant des contraintes fortes aux entreprises et aux consommateurs qui aura permis de trouver des solutions innovantes au défi environnemental et au réchauffement climatique en particulier.


    Autres
    49. D’ici à 2050, les citoyens pourront contribuer aux décisions et projets de l’Etat (plateforme contributive, co-construction de politiques publiques, budgets participatifs).
    50. D’ici à 2050, les individus auront le contrôle de leurs données et décideront de donner l’accès ou non de tels acteurs économiques ou publics à ces données.

  • 5000 Genevois ont répondu au questionnaires Genève 2050

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    5000 Genevois ont répondu au sondage en ligne, indique la page Facebook (suivie par 561 personnes) du projet lancé en septembre 2018 par le gouvernement genevois. Qui sont-ils? Combien de femmes, d'hommes, de jeunes, de LGTBIQ et +, d'étrangers, de Suisses, de Genevois? J'en fais partie mais, honnêtement, j'ai répondu de manière assez désinvolte à cette enquête. Dès le début, j'ai eu le sentiment d'un jeu un peu pipé. Pour vous en convaincre, je publie quelques questions ci après.

    Genève 2050, le projet annoncé par Pierre Maudet lors du discours de Saint-Pierre en mai 2017, n'a pas mobilisé les foules. 2050 ce n'est que dans 30 ans pas plus loin que 1990 quand le monde du XXe siècle bascula dans la XXIe avec la chute du mur de Berlin et l'effondrement sans effusion de sang de l'empire soviétique. 

    30 ans plus tard, la Chine est la première nation la plus riche du monde. L'empire du milieu se hisse au niveau des Etats-Unis dans presque tous les domaines - ce jour, me signale Heidi.news, elle a fait décoller sa première fusée privée - (l'un et l'autre n'ont pas aboli la peine de mort, mais les Etats-Unis gardent une bonne longueur d'avance en matière de liberté, sans être exceptionnels). 

    Qui sera la puissance dominante en 2050? L'inde sera 2e derrière la Chine, dit PWC. Sans doute pas l'Afrique. Et pas non plus l'Europe qui se débattra, comme le Japon aujourd'hui, avec une population vieillissante et en diminution.

    La terre portera 2 milliards de personnes de plus que les quelque 7,7 milliards actuels, prévoit l'ONU. C'est dire si le prélèvement des ressources sera vif, inégalitaires et plus conflictuels, à moins que la technologie ne nous offre d'ici-là de quoi nourrir la planète grâce aux insectes et à la viande de synthèse, climatiser nos maisons et nos bureaux sans pomper dans les réserves de pétrole et de charbon, faire tourner nos prothèses cérébrales informatiques, nos exosquelettes et les robots de toute sorte grâce à l'électricité solaire ou nucléaire... La mobilité sera moindre car trop coûteuse en énergie. Les sites touristiques seront fermés pour les préserver des hordes de touristes. Chacun fera du ski, du surf, du tennis, du football, des voyages grâce à l'immersion virtuelle holographique. Plus vraie que nature.  

    Bref des enjeux considérables. Face à cet avenir, voici la première question que le Conseil d'Etat a posé aux Genevois (le sondage était ouvert du début mai à la fin juillet, mais il reste encore accessible ici). 

    Dans un blog publié sur Mediapart, parie sur l'imaginaire et cite Saint-Exupéry: Fais de ta vie un rêve, et d’un rêve, une réalité.

    Le sujet m'a inspiré plusieurs billets dont:  Quel Genève en 2050? Ni grippe, ni bug, ni Europe dans Genève 2050 En 2050, chaque citoyen genevois sera responsable de sa santé Genève 2050 et l'espace dans les 50 prochaines années  Genève en 2050... si

    ge 2050 question 1.jpg

    En bref, plus de crème chantilly au soya de Cartigny sur les framboises bio de Meinier, sans amande impossible à produire à Genève mais parsemé de quelques insectes au miel des toits tous verts d'une ville paritaire, sans voiture, sans chômeurs, sans pauvres, sans violence. Mais qui peu dire non?

    Les questions s'enchaînent toutes aussi complexes. Exemple question no 16. 

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    C'est quand l'avenir?

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    Franchement en 2050, le CEVA aura 30 ans. Pensez-vous qu'il reliera Annecy à Genève en moins de 30 minutes ce qui est le temps actuelle en voiture? Et la traversée du lac? Le sondage l'ignore. Pourtant les Genevois en ont voté le principe.

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    On arrive à la moitié du sondage. 

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    On arrive à la fin. Le questionnaire ignore les questions de genre et n'en reconnaît que deux.

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  • Genève 2050, urinoirs fleuris au menu de la Une

    prestation visiteurs accident skate.jpgSix jeunes de 12 et 13 ans ont débarqué hier à la Tribune dans le cadre de Passeport Vacances. Ce fut un plaisir de les prendre en charge et de leur transmettre quelques rudiments du métier. A quoi ça sert un journaliste? ... "A informer, à raconter des histoires, à nous distraire..." La petite cohorte n'a pas flanché face à la première question. Elle a oublié la vitesse, la réactivité, l'indépendance, le sens critique... L'actu n'attend pas. La concurrence est rude. La normalité ne fait pas le beurre des gazettes.  

    La seconde question leur demanda plus de réflexions. Mais qu'est-ce donc qu'une information de qualité? Qu'apporte le journaliste d'essentiel. Une fille finit pas donner la bonne réponse. "L'information doit être prouvée". De fait, c'est la plus-value essentielle - avec la réactivité - du journaliste. Une information n'a pas de valeur si elle n'est pas fondée sur des témoignages véridiques, plusieurs sources fiables et indépendantes, que le journaliste - le médiateur - protégera mordicus. Vastes défis. 

    Et de quoi va-t-on parler? L'info du jour, les vessies des conducteurs TPG, relatée par la Tribune en page intérieure fait la une de 20 Minutes. 

    En deux mots, je leur explique c'est une problème mondial qui mobilise rien moins que le multimilliardaire Bill Gates et sur lequel Heidi.news, le dernier né des journaux en ligne genevois a tartiné pas moins de 22 articles.

    urinoir de rue fleuri.jpgBref, d'un coup, chacun comprend que  le pipi retenu au bout de certaines lignes de bus, un bon sujet hyperlocal, devenu actuel en ce 9 juillet par la dénonciation d'un syndicat, est l'occasion d'un pas de plus et d'un micro-trottoir. Dans la foulée, je remonte de ma mémoire ce papier publié il y a deux ans par la Tribune de Genève - Les Lausannois pourraient bientôt faire pipi dans des bacs à fleurs - où il était question d'un urinoir de rue inventé à Nantes et que plusieurs villes de France ont adopté. Dernière en date Toulouse

    Et Genève 2050

    Le sujet m'est tombé dessus par hasard. Et pour tout dire, l'affaire Maudet qui battait son plein en septembre de l'an dernier, avait totalement éclipsé ce projet - Genève2050 - lancé par le jeune président en la chaire de Saint-Pierre au printemps 2018. Coup de chance, la consultation populaire doit se terminer ce 21 juillet 2019. De quoi faire remonter ce sujet perdu sous les feux de l'actualité. Allez, on s'embarque! Et on interpelle la direction du projet pour en savoir plus.

    Une heure plus tard, la petite troupe est de retour. Le carnet de notes est un peu maigre. Pas facile de saisir au vol les propos un peu trop généraux et décousus des quidams rencontrés. "Pas de soucis M'sieur, plusieurs interlocuteurs ont accepté d'être filmés" (avec l'assurance qu'il s'agit d'un exercice et que leur bobine ne se retrouvera pas sur les réseaux sociaux). Malheureusement le bruit de la rue couvre les voix et n'ajoute pas de contenu ni de coutures aux réponses.

    Bel exemple pour ces jeunes qui éprouvent combien il est difficile de recueillir des avis pertinents en un rien de temps. Souvent les journalistes se demandent en tapant le point final d'un article s'ils n'ont pas rendu leurs interlocuteurs plus sagaces qu'ils ne le sont souvent.

    Pris dans le jeu, les jeunes rédacteurs ne voient pas le temps passé. A midi trente, je les envois au cimetière des rois déguster leur encas avec Antoine leur moniteur, un étudiant en économie et management.

    une passeport vacances juillet 2019.jpgAu retour, il nous reste à peine deux heures pour rédiger les avis recueillis, construire un récit, synthétiser une mise en perspective, une accroche d'actualité et le plus difficile titrer. On en oublie les vidéos et même les photos. 16h, on boucle à l'arrache sans pouvoir relire.

    Arrive Herrmann, le dessinateur vedette de la maison. "C'est qui?" dit une voix féminine. Rires dans la rédaction. Herrmann sait que la gloire est éphémère, il explique comment il s'y prend pour produire un dessin par jour, à partir de quelques projets différents qu'il soumet aux rédacteurs présents, avant de le mettre en couleur grâce à photoshop. Dix mille dessins dans sa déjà longue carrière et sans doute pas un pareil.

    On distribue la une à la petite troupe et on se dit au revoir, non sans avoir proposé de poursuivre l'expérience via un blog perso ou de classe dès la rentrée. Bonnes vacances!

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  • Genève 2050 et l'espace dans les 50 prochaines années

    the economist lune.jpgThe Economist n'échappe pas à la commémoration: 50 ans qu'on a marché sur la lune. Une sacrée aventure. Jules Vernes, Melies, Hergé et d'autres l'avaient imaginée. Mais qu'un humain puisse arpenter notre satellite boosté jusqu'à sa périphérie par une fusée au principe identique aux pétards du 1er Août ou de la Saint Sylvestre, ça défiait l'entendement.

    Qu'on veuille y retourner dit combien notre époque est hélas grosse de dictateur qui veulent montrer que le leur est la plus grosse. Mais on a les dirigeants qu'on mérite. On ne peut pas se divertir  à tout instant, s’inquiéter de sa santé et traquer le moindre -cide dans son assiette et s'occuper encore des affaires du monde et de la démocratie.

    Bref, The Economist nous projette dans l'espace des 50 prochaines années. Des touristes par milliers, des forages sur la lune et peut-être sur mars, des colonies extraterrestres. Mais aussi des lois et de l'ordre au-dessus de nos têtes à l'heure où les plus méfiants ou les plus pacifiques (si vis pacem para bellum) dressent déjà des canons laser pour détruire des satellites de communication. Nous revoilà à Genève, siège des règles planétaires et pourquoi pas interplanétaires. 

    Que fait l'Association suisse pour le droit aérien et spatial créée en 1952? 

    Voilà qui me renvoie au rapport Genève 2050, dont le questionnaire en 74 questions, en ligne, que quelque 4000 Genevois ont rempli, sera clos ce 21 juillet (Pour les distraits, oublieux, mal informés, lire ci-dessous). 

    Dans les références à ce document d'une centaine de pages que des liens vers des documents publics similaires ou analogues. Et un ou deux ovni, notamment Fabio Servigne, le pape très en cours et très controversé de la collapsologie, cité pour soutenir la quatrième des "33 tendances au cœur des réflexions de l’État genevois": la réduction des rendements agricoles. La destruction de l'environnement, troisième tendance, renvoie à la mise à jour 30 ans après du fameux rapport du Club de Rome Halte à la croissance. La deuxième tendance est le changement climatique et la première est le doublement des coûts de la santé (cotisation de 8'' fr en moyenne par Suisse selon le rapport EY 2017.

    A ces 33 tendances font écho 13 dilemmes et 37 questions clés, 4 scénarios et 4 ambitions.

    Le premier dilemme est très genevois (mais aussi français, italien, américain... mais pas suisse ni vaudois):
    1 Rembourser la dette, soutenir l’activité ou faire des économies ?

    Viennent ensuite: 

    2 Une société centrée sur les seniors ou sur les actifs ?
    3 Apprentissage de contenus ou nouvelle pédagogie sur le « comment apprendre » ?
    4 Loger les genevois ou rénover le parc immobilier ?
    5 Fonctionnement en silo ou transversalité administrative ?
    6 Réglementation a minima ou protection maximale ?
    7 Convergence ou divergence politico-administrative ?
    8 Inadaptation des processus décisionnels ?
    9 Investissements dans le réseau de transport ou meilleure gestion des affaires courantes ?
    10 Le temps long comme limite à la rationalité administrative ?
    11 Limites institutionnelles ou territoire fonctionnel ?
    12 Gérer des migrations pendulaires ou accueillir de nouveaux actifs résidents ?
    13 Réseau en hub ou réseau décentralisé ?

    Je vous épargne les 37 questions clés que l'on peut lire page 36 et ne cite que celles regroupées sous le label cohésion sociale: 
    ● Quelle place et quel avenir pour les jeunes dans la société ?
    ● Quel modèle de cohésion sociale ? Quelles solidarités ?
    ● Quelle éthique et quelle place pour l’éthique ?
    ● Quelle forme pour la démocratie ?
    ● Quelle définition de la citoyenneté en 2050 ?
    ● Quelles sécurités garanties et quels impacts des politiques de sécurité ?
    ● Quel modèle de gestion du vieillissement de la population ?
    ● Quelles prestations sociales ?
    ● Quel niveau de sécurité alimentaire ?
    ● Quel mariage entre technologie et société ? Quel niveau d’automatisation et d’intelligence artificielle
    dans la société ?

    Faites revenir à feu doux, pimentez de quelques avis de hauts fonctionnaires. ajoutez une bonne dose d'avis lambda sur les possibles et les souhaitables et servez tiède. 

    Tout bon rapport prend fin avec une conclusion et une prochaine étape. On lit donc page 100 ceci: 

    Pour inscrire la démarche dans la durée, une autre proposition consiste à créer la Commission de prospective
    "Genève 2050" intégrant des représentants des différents départements qui traitent de l'ensemble des
    politiques publiques impactant le territoire. L’extrait de PV précise son organisation, ses compétences et ses
    tâches et des premiers jalons jusqu’à la fin 2019. Il propose de formaliser le groupe de suivi représentant les
    départements suivants : PRE, DI, DT, DES, DF, DJF, DCS, DS.

    Gouverner c'est prévoir, n'est-ce pas.

     

    Le Voyage dans la Lune- un film de Georges Méliès (1902- version restauré colorisée) from Funfilmdistribution on Vimeo.

     

    Questionnaire Genève 2050

    Consentement de participation

    • 01. Après avoir pris connaissance des objectifs de l'enquête et du traitement de vos données personnelles, acceptez-vous de répondre à ce questionnaire ?

    Satisfaction de vivre à Genève

    • 02. À l'avenir, Genève doit-elle améliorer les points suivants pour offrir une meilleure qualité de vie ?

      • - la vie sociale
      • - la vie culturelle
      • - les possibilités de loisirs
      • - les possibilités sportives
      • - l'architecture et l'urbanisme
      • - l'économie
      • - les espaces verts
      • - la qualité de l'air extérieur
      • - la qualité de l'eau dans le lac et les rivières
      • - le niveau de bruit extérieur
      • - le niveau de stress ambiant
    • 03. Suggestions et commentaires :

      Par exemple, quels points sont les plus importants pour vous ?

    Influence du numérique et développement technologique

    • 04. Le développement des technologies nous amène vers l’ère de l’intelligence artificielle, c’est-à-dire la mise en œuvre de machines capables de simuler l’intelligence. Cela va probablement induire des changements dans la formation et le travail.

      Que pensez-vous des affirmations suivantes ?

      • - Les formations devront s’adapter et s’orienter vers ce secteur pour être à la pointe de l’innovation technologique
      • - De nombreux emplois risquent d’être impactés car ils seront automatisés et ne nécessiteront plus de présence humaine
      • - Le développement des robots ne sera pas une menace pour l’emploi. Il faudra toujours des gens pour les programmer ou les réparer et les emplois impactés pourront évoluer
      • - Ces technologies ne concerneront que peu de personnes; cela n’aura pas d’influence sur la grande majorité des gens
      • - Genève doit s'adapter aux développements technologiques pour rester à la pointe
      • - La technologie améliorera notre santé et notre bien-être
    • 05. À l'avenir, voudriez-vous …

      • - … utiliser plus souvent des appareils électroniques ?
      • - … utiliser plus souvent des apps et des appareils pour votre santé (sommeil, nombre de pas par jour, rythme cardiaque, etc…) ?
      • - … effectuer des consultations médicales en ligne ?
      • - … utiliser davantage les réseaux sociaux ?
      • - … effectuer davantage d'achats en ligne ?
      • - … effectuer davantage de démarches administratives en ligne ?
      • - … être consulté-e et pouvoir donner votre avis sur les prestations publiques, par mail ou autres plateformes ?
      • - … voter plus souvent en ligne ?
      • - … participer davantage à des propositions et consultations citoyennes en ligne en lien avec les politiques publiques ?
    • 06. En 2050, les progrès technologiques auront-ils, selon vous, contribué …

      • - … à améliorer la santé des genevois ?
      • - … à améliorer la qualité de vie des genevois ?
      • - … à augmenter le nombre d'emplois à Genève ?
    • 07. Suggestions et commentaires :

    Transformation des modes de travail

    • 08. Exercez-vous une activité professionnelle rémunérée en ce moment ?
    • 09. Quel est votre situation dans cette activité ?
    • 10. Pour quel-s type-s d'employeur-s travaillez-vous ?
      (plusieurs réponses possibles)
    • 11. Merci de préciser :
    • 12. Dans quelle localité travaillez-vous ?
    • 13. Votre travail est-il lié impérativement à un lieu en particulier ?
    • 14. Souhaiteriez-vous effectuer davantage de télétravail à l'avenir ?
    • 15. Dans le futur, souhaiteriez-vous davantage de flexibilité de vos horaires de travail ?
    • 16. À l'avenir, pensez-vous que...

      • - … votre travail va évoluer sous la pression des technologies et de l'économie numérique ?
      • - … vos horaires de travail seront plus flexibles ?
      • - … vos possibilités de télétravail vont augmenter ?
      • - … vous travaillerez plus souvent dans des espaces de coworking ?
      • - … vos outils et services informatiques professionnels vont radicalement changer ?
      • - … la qualité des télécommunications permettra de travailler depuis n'importe où sur le territoire genevois?
      • - … la qualité de vie au travail va s'améliorer ?
      • - … vous utiliserez beaucoup plus vos équipements personnels pour travailler ?
      • - … votre équilibre de vie personnelle et professionnelle va s'améliorer ?
    • 17. Suggestions et commentaires :

    Pratiques de déplacement et aménagement du territoire

    • 18. Pensez-vous qu'il est important dans le futur …

      • - … de développer des véhicules autonomes partagés ?
      • - … de développer des apps mobiles permettant d'utiliser tous les modes de transport à disposition ?
    • 19. Le Léman Express est en train d'être mis en place, pensez-vous que vous l’utiliserez ?
    • 20. Si oui, pour quel type de trajet ?
      (plusieurs réponses possibles)
    • 21. Quelles actions souhaiteriez-vous voir menées pour renforcer la coordination entre l'urbanisation et l'offre ferroviaire ?

      • - diminuer les temps de trajet
      • - densifier l'offre
      • - augmenter le rabattement vers les gares
      • - construire davantage de gares
      • - renforcer les services en gare
    • 22. À l'avenir, pensez-vous qu'il faudrait augmenter le nombre ...

      • - … de logements sociaux construits ?
      • - … de propriétaires de leur logement ?
      • - … de projets participatifs comme les coopératives de logement ?
      • - … de terres agricoles préservées ?
    • 23. Quelles propositions vous encourageraient à emprunter davantage les transports publics ?
      (plusieurs réponses possibles)
    • 24. Merci de préciser :
    • 25. Quelles propositions vous encourageraient à utiliser davantage le vélo ?
      (plusieurs réponses possibles)
    • 26. Merci de préciser :
    • 27. Suggestions et commentaires :

    Formation et éducation

    • 28. Que souhaitez-vous pour l'école dans l'avenir ?

      • - une école identique à celle d'aujourd'hui
      • - une école adaptée aux évolutions de la société
      • - une école axée sur la culture générale
      • - une école axée sur les savoir-faire
      • - une école axée sur la formation à un métier précis
      • - une école adaptée à chaque élève
      • - une école faite à distance
      • - une école adaptée aux nouvelles technologies
    • 29. Par rapport à la formation continue des adultes, que pensez-vous des affirmations suivantes:

      • - Chaque personne devrait être formée tout au long de sa vie
      • - Il faudrait davantage de formation continue dans le futur
      • - La formation continue devra davantage enseigner les nouvelles technologies comme l'intelligence artificielle
      • - Les formations en ligne ouvertes à tous devront être développées dans le futur
    • 30. Suggestions et commentaires :

    Santé et cohésion sociale

    • 31. Pensez-vous que les progrès de la médecine vont permettre dans le futur …

      • - ... d'améliorer votre santé personnelle ?
      • - … d'améliorer la santé de tous les citoyen-ne-s sans distinction de revenu ?
      • - … d'allonger l'espérance de vie à Genève ?
    • 32. Quels sont pour vous les principaux facteurs qui influenceront votre santé dans le futur ?
      (plusieurs réponses possibles)
    • 33. Pensez-vous qu'en 2050, les problèmes de santé suivants auront disparu ?

      • - le surpoids et l'obésité
      • - la cigarette
      • - la rougeole
    • 34. Pensez-vous qu'en 2050 le libre-accès des personnes handicapées aux lieux et prestations destinés au public sera meilleur qu'aujourd'hui ?
    • 35. Comment répondre à l'enjeu du vivre-ensemble dans un monde où 4 générations se partagent un même espace social pour la première fois de l'humanité ?
    • 36. Merci de préciser
    • 37. La Convention des nations unies (ONU) sur les droits des personnes en situation de handicap, ratifiée par la Suisse en 2014, prévoit notamment des actions afin d'améliorer l'intégration, l'autonomie et l'indépendance de ces dernières.

      À l'avenir, pensez-vous que les principaux progrès en la matière doivent être réalisés en matière …
      (plusieurs réponses possibles)
    • 38. Merci de préciser:
    • 39. Les aides financières doivent-elles tenir compte des revenus des personnes aidées et de leur ménage ?
    • 40. À l'avenir, qui de la famille ou de l’État doit être responsable des types d'aides suivants pour les personnes âgées ?

      • - aide financière
      • - aide pour les tâches ménagères
      • - soins et aide pour se laver et s'habiller
      • - hébergement en EMS (établissement médico-social)
    • 41. À l'avenir, comment devrait, selon vous, être réparti le soutien budgétaire aux citoyens défavorisés ?
    • 42. Suggestions et commentaires :

    Changements climatiques et approvisionnement énergétique

    • 43. À l'avenir, ferez-vous davantage d'efforts pour lutter contre le changement climatique ?
    • 44. De nombreuses mesures sont proposées pour lutter contre la pollution, l'épuisement des ressources naturelles et les changements climatiques.

      À l'avenir, pensez-vous que les actions suivantes doivent être prioritaires ?

      • - interdire les objets en plastique à usage unique
      • - renforcer le principe du pollueur-payeur
      • - contrôler et amender les véhicules polluants
      • - contrôler et amender les véhicules bruyants
      • - introduire des péages urbains pour limiter la circulation en ville
      • - revoir notre consommation alimentaire
      • - diminuer la consommation de viande
      • - encourager l'utilisation des énergies renouvelables
      • - établir des normes plus strictes pour l'industrie
      • - accepter l'idée d'une décroissance (logements moins grands, réduction de la consommation, renoncer à certaines possibilités comme la climatisation, etc…)
    • 45. Suggestions et commentaires :

    Croissance économique et partage des richesses

    • 46. À l'avenir quelles actions pourraient être menées pour renforcer l'attractivité économique du Canton ?

      • - renforcer les pôles d'innovation
      • - garantir les emplois
      • - favoriser l'émergence de talents
      • - développer les infrastructures
      • - maintenir un niveau de vie élevé
      • - soutenir le développement des organisations
      • - garantir des prestations sociales pour tous
      • - développer un revenu universel
    • 47. À l'avenir quelles types d'actions seriez-vous prêt-e à faire en faveur d'une économie durable ?

      • -
        En tant que consommateur,...
        … êtes-vous prêt-e à favoriser des produits et services certifiés ou labellisés durables (ou vert, bio, équitable, responsable), même si cela doit entraîner un léger surcoût ?
      • -
        En tant que cotisant-e à une caisse de retraite, ou comme retraité-e,...
        ... comptez-vous interpeller votre caisse de retraite sur la prise en compte de critères de développement durable dans ses placements financiers même si ceci implique une légère baisse de rendement ?
      • -
        En tant qu’épargnant-e,...
        … comptez-vous demander à votre banquier des solutions d’investissement intégrant des critères de développement durable ?
    • 48. À l'avenir, quelle image de l'économie de Genève souhaiteriez-vous développer ?

      • - une économie durable
      • - une économie innovante
      • - une économie basée sur le savoir-faire local
      • - une économie diversifiée (industrie horlogère, tourisme, agriculture, sciences de la vie, commerce, finance et négoce, etc…)
    • 49. Pensez-vous que les inégalités sociales augmentent ? Pensez-vous qu'elle augmenteront à l'avenir ? 
      Si oui, pensez-vous qu'il faille lutter contre cette évolution et si oui comment ? 
      Fiscalité, impôt sur les grandes fortunes, impôts sur les successions, taxes sur les transactions financières ? autre ?
    • 50. Suggestions et commentaires :

    Culture et sport

    • 51. La culture est-elle un facteur important de cohésion sociale ?
    • 52. Dans 30 ans, la culture sera-t-elle un facteur de cohésion sociale ?
    • 53. Comment voyez-vous votre engagement culturel à long terme ?
    • 54. Dans quel-s objectif-s ?
      (plusieurs réponses possibles)
    • 55. Le sport est-il un facteur important de cohésion sociale ?
    • 56. Dans 30 ans, le sport sera-t-il un
  • 2050, Genève, sa croissance zéro, son aéroport, son pont sur le lac, sa dette abyssale

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    Pierre Maudet, officiellement retenu par sa campagne pour l’élection partielle au gouvernement du Canton de Genève du 7 mars, a snobé le débat organisé par la Tribune de Genève et le Club suisse de la presse. Une absence remarquée sur l’écran Zoom où chacun, candidats et journalistes, est dans sa cage télégénique et le public invisible. Il vrai que Pierre Ruetschi, réd en chef de la Julie au moment où le journal des Genevois a sorti l’affaire Maudet en mai 2018 est aujourd’hui le patron du Club suisse de la presse.

    Le télédébat présente l’indéniable avantage de permettre à tous de le voir en direct ou en différé sans bouger de son fauteuil. Combien de Genevois l’ont-ils visionner? Peut-être plus que l’amphi d’Uni Mail peut contenir d’étudiants. Sans doute moins qu’un débat sur Léman Bleu ou la RTS. Mais l’exercice vaut sans doute d’être répété. Une dizaine de débats devrait suffire pour permettre à la technique et à mes collègues de la presse écrite d’être à la hauteur des enjeux.

    Au démarrage, on’a pas échappé à une séquence Covid où l’on n’a rien appris. Chacun a redit le credo de son camp - solidarité complète à gauche, déconfinement rapide à droite -, Yves Nidegger étant le plus clair avec son réalisme habituel un rien cynique.

    Plus de logements, plus de densification, a demandé Frédéric Julliard, rédacteur en chef de la Tribune ? Non dit Michel Matter, arrêtons le bétonnage pour le bétonnage. Le vert libéral veut sauver les arbres, préserver la zone agricole et faire participer la population concernée. Personne ne décrypte que ce discours populiste revient à dire halte à la croissance démographique, ce qui est contraire au pacte signé par Genève avec ses voisins du Grand Genève. Mais peut-être en phase avec le plan à venir « Neutralité carbone en 2050 ». Nideggger va dans le même sens et chante les circuits courts et réclame l’arrêt du flux migratoire. Morten Gisselbaek, le candidat anticapitaliste du Parti du travail, un viking resté punk dans l’âme, selon Le Courrier, ne veut pas accueillir le monde entier et trouve qu’on peut construire autrement. Ce sur quoi tout le monde est d’accord. 

    Fabienne Fischer met le doigt sur les 300’000 m2 de surfaces commerciales vides, utilisons-les avant de continuer à bâtir. Voilà qui devrait ravir l’ex-candidat au conseil d’Etat du MCG qui a fait passer une loi dans ce sens.

    L’indépendant Olivier Pahud abonde mais ne voit pas que cette loi ait transformé la situation. *Sans doute en raison de l’inaction de l’Etat, ajoute-t-il perfide. Il plaide pour un habitat léger qui permettre de produire des logements plus vite que les 20 ans qu’il a fallu pour faire sortir de terre le quartier des vergers à Meyrin. 

    Côté mobilité, on retiendra que Cyril Aellen croit toujours à une traversée du lac à l’horizon 2050. Le canton doit bientôt déposer son dossier à Berne, rappelle le journaliste Marc Moulin. Yves Nidegger n’y croit guère surtout parce que les habitants de Cologny, les électeurs du candidat PLR, ne voudront pas d’une urbanisation de leur région. Michel Matter qui fut un grand fan n’y croit plus beaucoup.

    Fabienne Fischer est sans surprise contre le pont et les parkings en ville, des politiques du XXe siècle. Elle parie sur les vélos qui prennent huit fois moins de place que les voitures. Ce n’est pas la priorité d’Olivier Pahud qui attend l’élargissement du contournement du canton et la réouverture de deux voies sur le pont du Mont-Blanc.

    Aucun candidat ne semble avoir lu ni  faire sien l’étude « Neutralité carbone » à Genève en 2050, commandé à l’EPFL par Antonio Hodgers. Elle prévoit dans son scénario no 4, le seul qui atteint l’objectif sans compter sur les autres, la fermeture naturelle de Cointrin (au profit de Zürich). Même Fabienne Fischer estime que la Genève internationale aura besoin d’un aéroport redimensionné. A noter qu'aucun candidats ne cite non plus le Forum citoyen qui a été lancé en septembre 2020 et doit déposer son rapport ce printemps* .

    Le quatrième thème, les finances, n’a pas réservé de surprises. La gauche ne voit pas la dette, la droite ne voit que l’amaigrissement de l’Etat pour la juguler. On peut juste déplorer l’insigne méconnaissance des candidats sur ce sujet certes complexe, même de la part du spécialiste Cyril Aellen qui aligne les poncifs sur les fonctionnaires qui seraient interchangeables. 

    Une fois de plus - c'est un des défaut majeur des débats avec le fait que compte tenu du nombre des candidats, chacun est commis voire enjoint à simplifier sa pensée - les approximations voire les erreurs ne sont pas corrigées. Quand Yves Nidegger répète deux fois que la fonction publique genevoise est plus grande que la zurichoise, il oublie ou ne sait pas qu'à Zurich les communes assument bien plus de compétences qu'à Genève. Il suffit de comparer les budgets. La ville de Zurich avec 370'000 habitants gère un budget de 9 milliards de francs quand la commune de Genève et ses 200'000 âmes a un budget à peine supérieur à un milliard.

    Au final, on reste songeur sur cette brochette de candidats, très inégaux. tous sans doute épris de la chose publique et pleins de bonne volonté, mais aucun n’a la moindre expérience de la direction d’une entreprise ou d’une grande administration. Et la bonne volonté ne suffit pas pour gouverner un conglomérat public de la taille de l’Etat de Genève: près de 9 milliards de chiffres d’affaires et 45’000 travailleurs appliqués à mettre en œuvre des millions de lignes de code, dans un mer agitée où personne, pas plus à Genève, qu’à Berne ou à Bruxelles, ne semble détenir la carte. 

    Bon courage au nouvel élu!

     

    *  S’étendant d’août 2020 jusqu’en février 2021, le processus s’articule en plusieurs temps :

    • le tirage au sort pour constituer le Forum (août/septembre 2020) selon une méthodologie rigoureuse. En savoir plus sur critères utilisés pour le tirage au sort.
    • l’installation du Forum pendant les Rencontres du développement (24 au 27 septembre 2020)
    • la formation des participant·e·s, afin de donner au Forum toutes les clés pour qu’il mène à bien sa mission (janvier 2021)
    • le temps des auditions des expert·e·s : le Forum ausitionne les spécialistes qu’il souhaite entendre sur les différentes thématiques dont relève la question posée (janvier 2021)
    • le Forum poursuit son travail pendant plusieurs sessions dans le but de produire son avis (printemps 2021)
    • enfin, après les délibérations, le Forum va rendre son avis final au Conseil d’Etat, et à n’importe quelle autorité qu’il jugera compétente (printemps 2021).
  • L'Allemagne (et la Suisse) victime de la bombe D

    vieux marionnettes.jpgOn connaît la bombe A, la bombe B et la bombe C. Toutes trois ont été employées par les hommes. A des échelles différentes, mais avec les conséquences que l'on sait.

    La bombe D échappe largement à l'emprise des humains encore que nous en soyons tous ou presque les agents propagateurs. Elle détermine davantage le cours des nations que les trois premières citées. D pour démographie bien sûr. A son évocation, on pense à la Chine, à l'Inde êt à leur milliard et quelques centaines de millions d'habitants.

    Le site internet de General Electric (ge.com, rien à voir avec ge.ch), que je découvre au détour d'un gazouillis twittérien, en donne une illustration saisissante pour l'Europe, le Japon et les USA de 1950 à 2050. Toute chose égale par ailleurs, la bombe D promet à la France et aux USA un meilleur avenir qu'à l'Allemagne et au Japon - sans doute à la Suisse aussi. Ces pays-ci ont quelques soucis de vieillissement accélérés et de dépopulation à se faire, à moins que les migrants ne compensent la dénatalité annoncée.

     

    En 2050, l'Allemagne sera passée de 82 millions d'habitants actuellement à 71 millions tandis que la France augmentera de 59 à 68 millions d'habitants. L'évolution du Japon sera pire encore que celle de l'Allemagne. Ce qui est très parlant c'est de confronter ces pyramides des âges estimées à celles d'aujourd'hui et à celles des années 50.

    La bombe D, je vous disais. Elle éclate lentement, mais on ne peut guère y échapper.

    Ces projections que l'on peut suivre année après années sont fondées sur les estimations de l'ONU 2008.
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