Pierre Maudet, Sandrine Salerno, Rémy Pagani, Esther Alder et Carlos Medeiros (mardi, 15 mars 2011)

ca ville proportionnel.pngFaut-il s'allier avec le diable Stauffer? La question est trop rapidement écartée par les politiciens de l'Entente sonnés par la déroute électorale.

Lundi soir, sur Forum, le démocrate-chrétien Kalbermatten bottait en touche, s'en remettant prudemment à la décision des militants. Même son de cloche ou à peu près du président des libéraux de la Ville Alexandre Chevalier. Quel courage? Les militants et les citoyens attendent d'un chef une direction, une stratégie et l'anticipation des alliances nécessaires pour atteindre le but qu'on s'est fixé et non la répétition en boucle de son catéchimse, des valeurs qu'on partage ou qu'on ne partage pas.

Quel est le but du parti démocrate-chrétien et des radicaux libéraux? Est-il réellement de reprendre le pouvoir en Ville de Genève? On peut en douter. Les libéraux n'ont pas choisi la meilleure locomotive électorale et les PDC ont d'emblée renoncé à la bataille en refusant des alliances à leurs yeux contre nature. Pourtant nécessaires à cette reconquête.

A moins...

A moins que les uns et les autres ne se bercent d'illusions encore et croient ou veulent faire croire qu'un Exécutif doit être l'aussi fidèle image que possible du Conseil municipal, ce qui d'une certaine manière serait cohérent avec la démocratie directe et qui impliquerait l'élection des cinq maires de Genève au système proportionnel, mais qui ne correspond par à l'hégémonie de la gauche qui a trusté le pouvoir exécutif alors qu'elle ne disposait que d'une courte majorité. Dans ce cas, la Mairie de Genève 2011-2014 serait composée de

Pierre Maudet, Sandrine Salerno, Rémy Pagani, Esther Alder et Carlos Medeiros.

Du grain à moudre pour la Constituante qui pour l'heure n'a  rien changé au système en vigueur malgré ses nombreux dysfonctionnements:

Il faut changer de système. La Constituante n'en a pas mesuré toute l'importance, consacrant l'essentiel de son énergie à reconfigurer les communes, à tricoter des districts, antichambre de fusions aléatoires.

La difficulté de changer vient sans doute de la difficulté de passer de système équilibré à un autre et de penser la réforme à sa bonne dimension si on veut réellement simplifier et alléger le système politico-administratif du canton dans son ensemble.

Pour ma part, je rêve d'une réforme profonde. J'ai eu l'occasion dans de précédents billets d'en exposer le projet ici et notamment.

Il consisterait à créer 60 à 75 communes qui seraient en fait des circonscriptions électorales d'égales compétences et d'égales moyens, élisant chacune un député maire à plein temps.

En tant que maires, les députés maires seraient les responsables d'un budget de proximité alloué par le canton. Ils seraient secondés par des adjoints miliciens élus en même temps que lui. Les députés maires et par délégation leurs adjoints pourraient président des commissions d'aménagerment des rues, de places. Ils auraient des fonctions de médiateur. Ils aurait la responsabilité de présider les assemblées de villages et de quartiers de la démocratie participative.

En tant que députés, les députés maires composeraient la moitié du Grand Conseil et siégeraient à leur guise dans un parti ou comme indépendants. L'autre moitié du Grand Conseil serait élu selon le système proportionnel avec un quorum réduit à 2%.

Pour ne citer qu'un exemple sur le mode de fontionnement de ces députés maires professionnels et de leur relations avec le Grand Conseil, considérons ce cas de figure. Un député maire préside une commission d'aménagement locale et voit sa décision  contestée par une pétition locale. La décision de la commission locale est alors portée à l'examen de la commission cantonale d'aménagement. Si elle est entérinée est entre en force. Sinon la commission cantonale décide des suites à donner au projet.

Ainsi redonnerait-on toute sa puissance à la démocratie élective, au Grand Conseil. Ainsi pourrait-on s'en tenir à des lois qui fixent des grands principes et enlèvent aux tribunaux de trouver dans des lois trop complexes les moyens de casser des décisions politiques.

 

 

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