Les Genevois vont-ils élire leurs autorités municipales à l'aveugle? (lundi, 07 mars 2011)

kraft-Babel.jpgC'est une note de Florence Kraft-Babel qui m'inspire ce billet. La libéral qui démarre sa campagne pianissimo, mais va sans doute la terminer fortissimo (avec une élection surprise le 17 avril en point d'orgues) dénonce les silences persistants de la maire de Genève Sandrine Salerno: "Les chiffres sont-ils rouges ou ne le sont-ils pas? Le parti rouge aurait-il peur de rougir de ce que les chiffres ne le soient pas?" questionne la libérale.

Bonne question. On ne connaîtra officiellement le résultat des comptes 2010 qu'à la fin mars, entre les deux tours de l'élection municipales. L'an dernier, c'est le 24 mars que la ministre socialiste des finances a rendu publique les comptes de l'année écoulée. Le Courrier avait titré: La Ville de Genève affiche un coquet bénéfice mais reste prudente. Mais sans doute, le résultat est-il déjà connu, en tous cas en phase d'être soumis à la cosmétique du bouclement. Florence Kraf-Babel escompte sans doute la même bonne surprise, ce qui conforterait la droite dans sa demande de baisse des impôts.

"La baisse du centime additionnel proposée par l'ensemble des partis de Droite cette année, n'était-elle qu'une vue de l'esprit ou une vraie proposition juste et responsable pour nos concitoyens?" continue à questionner la musicienne, qui conclut: "si l'on ne baisse pas le centime additionnel par beau temps à quand la pluie, le gel et les raffales?"

La phrase de trop. Elle reprend une idée reçue, dont l'économiste Keynes a montré la limite. Baisser les impôts en période de haute conjoncture, c'est insuffler du pouvoir d'achat et chauffer davantage la machine économique, alors que les Etats devraient réagir à contretemps et affecter les recettes des années de vaches grasses à la réduction de la dette publique, afin d'être en mesure, en période de vaches maigres, de baisser les impôts et de faire face aux dépenses sociales croissantes en temps de crise.

Sur la question de l'information des citoyens, la candidate à la Mairie de Genève a raison. C'est tout de même incroyable à l'heure la ville fête son millième fans sur Facebook que les citoyens et les habitants ne disposent pas d'un bilan synthétique social, économique, environnemental, culturel, sécuritaire et financier de législature.

La dernière livraison de "Vivre à Genève" propose bien quelques bilans à la gloire des magistrats sortants Tornare et Mugny, mais rien de sérieux, rien de chiffré, rien ou si peu qui mette en regard les promesses de 2007 et les réalisations de 2011, bref que du fard ou presque. Page 29, on peut certes lire que la Ville a permis la construction de 1000 logements, soit 250 par année, un dixième de ce dont le canton a besoin. Au passage, on propage dès l'introduction ce mensonge de statisticien: Genève serait la ville la plus dense d'Europe. Si la ville est si dense, c'est parce que le territoire de la commune de Genève est minuscule. Si la commune de Genève avait la dimension de la commune de Zurich, les deux métropoles hébergeraient le même nombre d'habitants.

La preuve ici et !

 

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