Longet, Studer, Pagani et Berggruen (jeudi, 10 février 2011)

berggruen nicolas.jpgOuh, là, là! Tôt le matin une brochette de politiciens! Pas tous. Nicolas Bergruen, dont j'ignorais le nom jusqu'à tout à l'heure, est un dandy allemand né à Paris, qui a fait ses classes dans une école privée suisse, où il s'est passionné pour Marx, Engels et Sartre entre autres. Il a fait fortune aux Etats-Unis en commençant par spéculer en bourse deux mille dollars empruntés.

Nicolas Berggruen est aussi l'héritier propriétaire de la chaîne de magasin Karstadt en Allemagne. Il est sans domicile fixe - il passe d'un cinq étoiles à l'autre et naviguant dans ses 40e rugissants il s'est mis en tête de sauver la démocratie occidentale, nous raconte ce matin Cecile Dekervasdoue dans sa revue de presse sur France Culture, qui cite un portrait du golden boy dans le Spiegel page 36.

La démocratie, qui meurt des combats de coqs du multipartisme, de l'égoisme des électeurs, de leur incapacité à voter pour leurs intérêts à long terme, pour une société durable et solidaire.

C'est ainsi qu'on en revient à notre brochette de gauche Longet, Studer et Pagani.

Longet parce que son "sam-suffit cantonal" m'a mis en colère hier (voir la note précédente qui a suscité plein de commentaires intéressants - merci à leurs auteurs). Longet qui voit l'avenir de Genève dans la multiplication des boulots de service aux personnes, souvent grassement subventionnés, où alors dévoreurs des économies des pensionnaires EMS et de leurs enfants qui voient fondreleur modeste héritage immobilier qu'il n'ont pas pu cacher comme on cache un compte en banque ou quelques tableaux.

Longet qui pense qu'il suffit de vouloir pour pouvoir. Le ministre neuchâtelois Jean Studer, collègue de parti du socialiste du politicien de l'opulente Genève, voudrait bien conserver les emplois du fabricant de piles Energizer. Sans doute ces travailleurs licenciés viendront-ils à Genève dans les jobs de services créés par le maire d'Onex... Le blocage démocratique, c'est notre incapacité à considérer la Suisse romande ou mieux les régions qui entourent les villes centres à 150 km à la ronde comme solidaires? En clair, Genève devrait aider Neuchâtel. Quand on sait la démocratie incapabale de réformer la gouvernance des communes on en mesure mieux les limites.

Quant à Pagani, c'est la lecture ce matin dans mon journal préféré de la volée de bois vert - toute policée - que Charles Pictet envoie au ministre de l'urbanisme de la Ville de Genève [filer lire son papier page 2 dans l'édition électronique qui est encore gratuite pour quelques jours]. L'objet du délit est ce que les journaux ont attivement appelé la tour des Grottes. Un immeuble d'une dizaine d'étages - on est loin du gratte-ciel - réalisé par la ville au terme d'un concours auquel ont participé 65 bureaux d'architectes. Des travaux d'études pour quelque 2,5 millions de francs qu'une assemblée locale de voisins veut réduire à néant. Dans ces conditions où la démocratie se réduit à une dictature du voisinage, c'est le magistrat qui en devient l'esclave qu'il faut bouter hors du pouvoir, conclut, le président de la Fédération des architectes suisses.

Pour revenir à Berggruen, le dandy milliardaires a lancé un grand chantier: sauver la démocratie. Comment faire sans tomber dans le mathe du dictateur éclairé?

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