Décaillet, Ribordy... et la diffamation (mercredi, 02 février 2011)

hodgers vs décaillet.jpgJe ne suis ni juge ni juriste. Et je m'interroge donc quand quelqu'un se sent diffamer et croit devoir recourir au juge pour laver son honneur. Faire condamner son adversaire par un juge est assez petit surtout quand l'affaire relève de la caricature ou de l'égratignure.

Hier, on a eu droit aux deux. Deux épisodes, qu'il n'y aurait pas lieu de commenter s'ils ne dénotaient pas une crispation montante des gens et des juges.

Pascal Décaillet n'est pas le premier quidam venu. Mais sa décision d'en appeler au juge pour faire condamner le conseiller national Hodgers donne un mauvais signal (cliquez sur l'image ci-dessus pour voir l'objet du délit, ici et pour connaître la réponse du diffamé).

Il aurait largement suffi qu'il rétablisse les faits. Mais non, le glaive de la Justice avec un grand J doit tomber sur le misérable, rétablir l'ordre, dire dans un arrêt frappé d'un sceau le droit, le vrai - faut-il écrire un grand D un grand V? Une mise en garde adressée à tous les imprudents, qui dit de quel bois se chauffe le journaliste, dont la susceptibilité éclate au grand jour.

ribordy vs freysinger.jpgDu côté des juges, c'est la condamnatation d'Adolf Ribordy qui interpelle. L'honneur d'Oskar Freysinger est blanchi. Et la liberté d'expression en prend un coup!

Que le juge n'ait pas mesuré la caricature derrière la comparaison - pas très fine - entre le tribun UDC et un petit peintre autrichien devenu célèbre parce que nombre d'Allemands et d'Européens l'ont laissé faire est inquiétant.

Faut-il en conclure qu'en Suisse désormais, en Valais en particulier, un caricaturiste  - disons danois - qui viendrait ficher une bombe dans le turban d'un petit commerçant devenu prophète serait aussi sec condamnée à x jours amendes?

ribordy vs freysinger 2.jpgAdolf Ribordy a bien raison de brandir la Une du Blick, où l'on voit Blocher comparer le premier ministre luxembourgeois à Hitler. Le politicien européen a affronté son adversaire à la loyale. Il n'a pas demandé à un tribunal de laver son honneur.

Espérons que les juges fédéraux cassent la décision valaisanne, car l'UDC gagnerait doublement à ce que ce soit, cas échéant, la Cour européenne des droits humains qui soit obligée de remettre la justice suisse sur le droit chemin.

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