Amnistie pour les fraudeurs. Pas pour Rappaz? (mardi, 09 novembre 2010)

amnistie-pv.jpgLa Suisse est engagée depuis quelques mois dans une amnistie fiscale qui permet aux fraudeurs d'éviter tout ou partie de l'amende, qui s'ajoute ordinairement aux montants dissimulés. La France est coutumière des remises de peine à l'occasion de l'intronisation d'un nouveau président.

Imagine-t-on des voleurs, qui auraient rendu le produit de leur larcin, s'en aller sans un jour de prison, des conducteurs arrêtés en état d'alcoolémie avancée bénéficier d'une mesure de clémence?

Mieux, imagine-t-on des entrepreneurs ou des financiers plus audacieux que les autres échapper à toute poursuite judiciaire, car prendre risque économique n'est pas un délit - tant que les formes sont sauves - même lorsque leurs audaces conduisent leur entreprise à la faillite et stressent des centaines ou des milliers de travailleurs?

Ce ne sont là, bien sûr, qu'exceptions, particularités, normalités, qui n'ont rien à voir avec un certain producteur de chanvre récidiviste, condamné certes pour quelques autres indélicatesses avec le droit. Et qui se meurt parce que les médecins respectent le droit à la mort - combien de vieux sont-ils alimentés à leur corps défendant? A qui l'on dénie le droit de mourir, parce que la sénilité les prive de leur libre arbitre?

 

Rappaz n'est pas sénile, mais déjà des voix s'élèvent pour dire que les lésions que la privation de nourriture entraîne, lui ôtent la pleine capacité de décider de son sort. Une fois gaga, on perd son droit à la mort. C'est ainsi que des institutions comme Exit en viennent à violer la loi en donnant des doses létales à des humains en pleine capacité de leur libre arbitre. Après c'est trop tard et c'est un crime.

Bref si je reviens sur ce sujet douloureux et tragique - mais, comme le remarque justement un commentaire que j'ai cité dans la Tribune, la chute mortel d'un travailleur père de quatre enfants n'est-elle pas plus tragique? - si je reviens sur l'affaire Rappaz, c'est entre autre pour rebondir sur les commentaires que j'ai reçus sous mon précédent billet. Et qui sont tous bien intéressants.

Encore une fois merci aux personnes qui ont déposé un ou plusieurs commentaires sous mes modestes billets.

Laissez mourir Rappaz, c'est tout simplement manquer d'humanité. Il n'appartient à personne de juger les raisons d'un homme qui choisi la mort pour manifester son droit, même si son droit heurte le droit en vigueur. Le droit de grâce doit être appliqué sans plus tarder.

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