Pas facile de se faire une idée de la blogosphère (jeudi, 28 octobre 2010)

blog logo foule.jpgJe prépare pour lundi un séminaire sur la blogosphère. Vaste sujet. Trop vaste sans doute, d'autant que ma fonction d'animateur de la petite mais active blogosphère Tribune me laisse peu de temps pour observer le bouillonnement des blogs. Impossible de les compter. Impossible de les valoriser, même si des portails comme Technorati, pour le monde anglo-saxon, ou Wikio ou bonweb, pour le monde francophone, tentent de mesurer leur audimat, leur renommée, leur influence.

L'occasion pour moi de lever un peu le nez du guidon. Pas grand chose dans la littérature ou des titres déjà anciens comme Blog Story de la Genevoise Emily Turrettini.

Si vous avez des bons plans pour en savoir plus de manière synthétique, je suis preneur.

On les a dit morts. Ils résistent tout de même bien

Lancé il y a un peu plus dix ans, les blogs sont une véritable révolution. Pour la première fois au monde, le simple quidam peut éditer son opinion gratuitement. Les blogs vont - n'en doutons pas - bouleverser les dictatures et les démocraties. L'imprimerie de Gutenberg a favorisé la diffusion de la bible et le protestantisme. L'imprimerie a accompagné l'émergence des mouvements sociaux et politiques. La radio a alimenté les résistants. La télévision fait vibrer les hommes à l'unisson. L'internet crée le village global. Et les blogs donne à chacun le droit à la libre parole 1).

Les blogs et les réseaux sociaux sont-ils le cinquième pouvoir comme l'a thématisé Thierry CrouzetNIN.À.MAH alias Danielle Bertola me signale dans un commentaire publié sous un billet du blog des blogs de la Tribune, cet échange où un certain Etienne défend tout au contraire que la blogosphère et l'internet sont le premier pouvoir et la restauration de l'isègoria, le droit à la parole, cher à la démocratie athénienne.

«Je trouve que les blogs sont une réactivation de quelque chose qui était essentiel sous la démocratie athénienne, l'isègoria, le droit de parole pour tous à tout moment. Les Athéniens le considéraient comme le plus important de tous les droits dans la démocratie. Le fait que toutes les opinions dissidentes aient voix au chapitre protégeait la démocratie contre les erreurs, contre les dérives. Avec l'élection, on a renoncé au droit de parole pour chacun. Et Internet est un outil pour les humains qui ont toujours cette pulsion, ce besoin de s'exprimer, de protester, de résister. C'est l'isègoria qui revient sur le devant de la scène malgré les hommes politiques et je trouve ça très fort. »

1) Libre parole au sens de l'article 16 de la Constitution fédérale sous réserve bien sûr dans un dialogue citoyen de règles d'une minimale bienséance et du respect des personnes et des cultures.

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