Hiler, Mao, le petit père des peuples et la Constituante (vendredi, 03 septembre 2010)

Hiler à la constituante.jpgTout ça ne faisait qu'un hier au Centre international de conférence de Genève, où de sombres limousines, des messieurs bien mis et des dames élégantes entraient, quand je l'ai quitté sur mon vélo électrique.

La Constituante continuait, elle, à siéger jusque vers 23 heures. Des séances marathon hebdomadaires qu'elle enchaîne depuis le mois de mai et jusqu'à fin novembre dans l'indifférence du public. Hier aucun journaliste, à l'exception de votre serviteur, n'a suivi les débats.

Il s'agissait pourtant de la gouvernance du canton. Mais la Constituante fait partie de ces ovni (organismes volontairement non imaginatifs) consubstantiel à la politique. Rares en effet sont les révolutions qui sont sorties des parlements. Bridés par l'institution, corsetés par leur parti, les constituants sont dans le mode ppdm (plus petit dénominateur commun).

Et ce n'est pas parce que le sénateur Dimier à évoqué le petit père des peuples (le chef du groupe MCG s'adressait à l'extrême gauche) ou  que David Hiler, le ministres des finances, en visite de courtoisie, citait sa jeunesse maoïste que l'esprit révolutionnaire a soufflé sur le CICG. Bien au contraire, le ministre des finances s'est dit convaincu que "la Suisse représente finalement assez bien les idéaux de sa jeunesse" (voir la viédo ci-dessous). Que demande le peuple!

Les radicaux et quelques libéraux ont bien tenté de réduire l'hydre de l'Etat en proposant de supprimer deux conseillers d'Etat et de les remplacer en incorporant au gouvernement deux ministres sans portefeuille: les deux conseillers aux Etats siégeant à Berne. La proposition a été balayée.

Quant au gouverneur de Genève, une idée chère à l'ancien président du Conseil d'Etat Guy-Olivier Segond, dont le silence sur ces questions institutionnelles est assourdissant, elle a fini dans une vaudoiserie. Le Conseil d'Etat aura bien un président élu par ses pairs pour la durée de la législature portée à cinq ans, mais il ne sera rien d'autres que le premier des ministres, comme l'a précisé Michel Hottelier, et certainement pas le premier ministre.

On lira ici, et les trois notes que j'ai postées hier sur le blog La Gazette de la Constituante.

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