Fernandes héros suisse, qu'en pense l'UDC? (jeudi, 17 juin 2010)

foot Fernandes 16 juin détail.jpgHier soir en rentrant en tram, où personne ne manifestait sa joie de la victoire de l'équipe suisse de football, j'entendais les klaxons de quelques automobilistes sillonnant les rues luisantes de pluie. Quelques drapeaux détrempés pendent aux fenêtres et aux balcons de la rue de Carouge.

La Suisse, qui n'a pas participé au boycottage de l'Afrique du Sud au temps de l'apartheid, a remporté une victoire historique contre l'Espagne grâce à un Valaisan qui s'appelle Fernandes et qui est noir.

Qu'en pensent l'UDC? Le sport à de ces clins d'oeil qui valent tous les discours politiques. Ce matin c'est une femme noire qui passe l'aspirateur dans les bureaux désert de la Tribune. L'avenir de la Suisse est dans sa population étrangère.

Le nationalisme est un étrange sentiment qui me fait un peu peur.

Jusqu'à il y a peu, les Suisses l'étaient à l'étranger. En Suisse, nous étions Genevois, Valaisans Bernois, Uranais, Fribourgeois, nous étions d'une canton, d'une commune même. La mondialisation est passée par là. Depuis Expo.02 les Suisses ont redécouvert leur drapeau et le rouge envahit les stades et descend dans les rues. La Suisse existe-t-elle davantage qu'en 1992 à Séville?

Sans doute pas. Ce sont les nations du XIXe siècle qui sont en train de disparaître au profit des région et au au profit des villes métropoles, comme l'anticipe la ligue des champions, n'en déplaise à l'UEFA et sa décision stupide d'empêcher Eviant-Thonon-Gaillard de jouer au stade de Genève.

La Slowaquie (qualifiée pour le Mondial) s'est séparée de la Tchéquie. Les Flamands sonnent peut-être le glas de la Belgique. La France recherche en vain son identité. Le nord de l'Italie prend ses distances avec Rome. La Catalogne fait de même avec Madrid. La Grande-Bretagne et l'Allemagne voient leurs régions gagner en autonomie. Les Balkans sont revenus au puzzle ethnique d'antan.J'en oublie sans doute.

Sur la fin des nations je vous recommande l'excellent papier de David Laufer lu cette semaine sur son blog Presse internationale.

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