Une heure par semaine pour la République! Décaillet président (mardi, 15 juin 2010)

décaillet 7-8 titre.pngCe matin, sur Radio Cité, Pascal Décaillet a réuni une brochette de constituants, comme avant chaque session plénière de la noble assemblée. Ils ont débattu - sous la pression du temps - de l'augmentation ou de l'abaissement du nombre de signatures nécessaires à la libre expression de la volonté du peuple souverain grâce aux instruments du référendum et de l'initiative populaire.

Personne n'a évoqué le républicain James Fazy, qui a instauré à Genève, en 1847, un régime parlementaire représentatif et un exécutif fort. Le grand radical aurait sans doute été effrayé par les propos de la majorité actuelle d'augmenter le recours au référendum et aux initiatives. Ce n'est pas encore le gouvernement par la rue, mais peut paraître comme un risque de blocage des institutions, à Genève en particulier, où les petits partis minoritaires n'hésitent pas à recourir à la démocratie directe pour faire entendre leur voix voire pour renverser un vote de la majorité. Deux remarques à ce sujet:

  1. Pourquoi réunir 80 élus en plénière chaque semaine de 14h à 23h, si le débat des chefs au micro d'un journaliste évoque, au fond, l'essentiel des arguments et permet sans peine de deviner l'issue du vote, cela dans une enceinte, un studio de radio en zone industrielle, dont l'audience est sans commune mesure avec celle de la salle du Grand Conseil même relayée en différé par les caméras de Léman Bleu? Une question que les élus de tout bord et les démocrates du XIXe siècle rejetteront sans doute sans débat.
  2. Quelle est cette maladie qui semble affecter la majeure partie du corps social qui veut tenir les élus par une bride courte et donner au peuple souverain, ultime recours, omniscient, sage toujours, le dernier mot, sur tout, dans l'instant? Le populisme sans doute. Mais aussi l'utopie d'une Landsgemeinde virtuelle. Chacun avec son smartphone en train de voter chaque fin de semaine. Une procédure de vote obligatoire. Une heure citoyenne pour la démocratie populaire. Une constituante, un Grand Conseil, un Conseil municipal enfin en prise directe avec le peuple. L'assurance du bien commun?

A noter qu'aucune proposition de cette nature n'est sortie de la commission des droits politiques de la Constituante pour moderniser le débat civique, augmenter la participation populaire, exploiter les nouveaux modes de communication et de traitement de l'information dans le but d'améliorer la formation de l'opinion publique et la capacité du peuple souverain de s'insérer dans la gouvernance commune.

Le recours à l'internet, aux forums citoyens, à la démocratie participative électronique, aux procédures de consultation en ligne (une heure par semaine pour la République), aux sondages, toutes formes parmi d'autres qui permettraient l'accélération des processus politiques et le raccourcissement des délais parlementaires et populaires.

La politique suisse et genevoise prend parfois des lustres pour élaborer et faire adopter une politique.

 

 

 

 

 

 

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