Une bombe B à Satigny? (jeudi, 11 mars 2010)

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"Révolution! A Satigny on boude l'énergie fossile." Le sujet fait la une du supplément immobilier de la Tribune de Genève de cette semaine.

Les frères Bonnet [cliquer sur l'image pour l'agrandir], vieille famille genevoise, possèdent comme d'autres quelques arpents de terre en zone constructible (Ne vous est-il jamais venu à l'idée de calculer la fortune des vieilles familles genevoises en additionnant les mètres carrés au prix du marché?) Mais ce n'est pas là que réside la bombe dont parle l'article. Tout au contraire.

Les frères Bonnet achèvent cette année la construction de deux bâtiments zéro CO2 à Satigny. "Sans recourir aux énergies fossiles", ajoute le journal un peu témérairement. Car il faudra bien injecter quelques électrons dans la pompe à chaleur qui va dès l'hiver prochain sucer toute l'énergie que le soleil aura gratuitement luit sur la toiture et que des citernes auront conservées à l'ombre. Or, qui dit électrons dit forcément énergie nucléaire, n'en déplaise aux SIG qui nous servent des énergies propres, trop contents que les Français carburent à l'uranium.

Les frères Bonnet ont dû batailler ferme, durant près de six ans, pour forcer la décision de l'administration genevoise, photons-insensible (?) ou appliquant des lois tatillonnes. On se demande qui est obtus: l'administration ou la loi et donc les députés qui la votent? Ou peut-être les experts qui conseillent tout ce petit monde forgé au feu du politiquement correct et du principe de précaution. Mais quand le principe de précaution en vient à empêcher l'énergie solaire de faire son oeuvre, on se demande sous quels cieux l'on vit.

Qu'importe. Bravo! C'est le seul mot qu'il faut adresser aux courageux constructeurs. Ce serait donc désormais possible à Genève de se loger sans dépenser une goutte de mazout. Mais ce n'est toujours pas là que réside la bombe B (B comme Bonnet).

Non, la bombe B réside dans ce constat: "L'opération n'aurait pas été rentable s'il avait fallu acheter le terrain", reconnaissent les frères Bonnet. Eux se sont contentés d'un faible rendement, souligne le journaliste qui demande: "Ce type de projet a-t-il de l'avenir?"

"Il faudra quelques projets de ce type pour faire avancer les mentalités, prévoit Nicolas Bonnet. Mais son nous atteignons nos objectifs, c'est une bombe."

En effet, la bombe B, c'est aussi le prix du terrain. Une bombe à retardement dans le berceau des propriétaires genevois.

Conclusion: les propriétaires devraient voter pour une forte taxe CO2, qui rendraient l'investissement dans l'énergie solaire profitable et donc donneraient à leur terrain une meilleure valeur.

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