L'Asloca plus forte que jamais (actualisé) (dimanche, 07 mars 2010)

7 mars énergie.pngQuelques jours après avoir imposé ses vues sur l'aménagement du quartier de La Praille Acacias Vernets, l'Association de défense des locataires a failli remporter une nouvelle victoire. La nouvelle loi cantonale sur l'énergie n'a été acceptée que par 52% du corps électoral. Il est peu probable que les 10% de bulletins déposés ce dimanche dans les urnes et encore à dépouiller modifient ce résultat serré. De fait, à 14 heures, l'écart s'est légèrement creusé.

Certes, le MCG, deuxième parti du canton (en sièges ex aequo avec les Verts, troisième en suffrages), et la gauche de la gauche, non représentée au Parlement avait dit non aussi à une loi qui fera porter le fardeau des coûts des économies d'énergie aux propriétaires et aux locataires. La bataille n'est pas terminée. Car, avant même de connaître le résultat des urnes, le Parti socialiste-Asloca a lancé une initiative populaire contestant ce mode de financement.

En revanche, c'est une claque que les Genevois infligent à la majorité politique de ce pays en balayant par près de 80% des suffrages la baisse du taux de conversion du 2e pilier et partant le montant des rentes dès 2016. En revanche, c'est non à deux sur trois à l'initiative pour un avocat pour les animaux.

[graphiques mis à jour à 14h]

7 mars résultat geneève.png


Le rejet de de la baisse du taux de conversion était attendu. Comment dire oui à la baisse des rentes quand les bonus des financiers s'affichent en milliards même dans des banques sauvés du naufrage par l'argent public! Il est plus élevé cependant que les pires prévisions le laissaient craindre. Sans doute les électeurs ont-ils manifesté un ras le bol à l'égard d'une classe politique et surtout d'un Conseil fédréal aux abois qui, sur plusieurs dossiers, ne semble pas avoir la force de redresser la barre, tout en continuant d'être battu comme un pantin par le guignol de Tripoli.

Ce vote négatif est sans conséquence à court terme. En effet, la modification du taux de conversion ne devait entrer en vigueur qu'en 2016. D'ici là le débat sur le financement du 2e pilier aura tout le temps de redémarrer et de choisir la bonne formule entre la retraite à 67 ans, la hausse des cotisations et la baisse des rentes pour affronter l'imparable augmentation de la durée de vie des habitants de ce pays.

[ajouté lundi 8 mars] J'ai lu avec intérêt les réactions de Jean-Daniel Delley sur Domaine public et de Pascal Holenweg dans Combats.

Comme l'ancien maire Elmar Ledergerber ce matin sur La Première de la Radio télévision suisse, Delley remet en cause le modèle de gestion des capitaux de retraite, fondé sur la milice démocratie oblige mais qui versent en fait de juteuses rémunérations à ceux qui gèrent effectivement ces milliards, au premier rang desquels figurent les assurances et les experts.

Il constate aussi que "Le modèle du 2e pilier a été conçu dans l'idée d'un emploi stable dans la même entreprise tout au long de la vie active. Ce modèle est périmé." En outre les capitaux doivent trouver un investissement: "La fourmi helvétique n'en fait-elle pas trop et toute cette liquidité ne contribue-t-elle pas à un emballement boursier sans rapport avec l'évolution de l'économie réelle?"

Et cette double conclusion:

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