Michèle Künzler se déjuge ce matin (mardi, 27 octobre 2009)

kunzler portrait 27 oct 09.pngPost tenebras lux? A voir la photo de Michèle Künzler ce matin dans la Tribune ce serait plutôt post luxem tenebrae! Non seulement parce que la photo a été prise au soleil couchant, mais aussi parce que la Verte s'attaque à un tabou: "Il faut déclasser les zones villas en périmètres urbain" affirme-t-elle. Elle a raison: la ville verte est en effet une ville dense.

Avant de construire à la campagne, construisons d'abord des écoquartiers en ville. C'est en deux mots le credo de notre sainte Michèle qui a failli devenir pasteure - elle en a le look. Un jeu à quitte ou double qui ne manque pas de courage. Encore faut-il l'assumer. Ce matin, elle était à confesse à Radio Cité: "De toute manière, il est extrêmement difficile d'exproprier même pour construire une route ou une école" a tempéré la candidate verte au Conseil d'Etat son propos iconoclaste.

Les propriétaires de villas peuvent donc dormir sur leur deux oreilles. Dommage. Car il y aurait un moyen simple d'obliger les propriétaires de villas situés en ville d'accepter de densifier. Il suffit d'augmenter l'impôt foncier jusqu'à sa valeur cible. Explication:

 

En classant les terrains en différentes zones à bâtir, le législateur a créé de grandes différences de valeur. Le terrain agricole vaut six francs. Le terrain d'une villa située en zone de développement 3 vaut mille francs le mètre carré. Et ça grimpe jusqu'à des hauteurs vertigineuses au centre ville où si vous obtenez le droit de construire une tour.

Deux mille mètres carrés, cela fait donc deux millions de francs. Qui dorment sous les pieds des propriétaires de villa. Enfin pas pour tous, car certains ont bien compris que les financiers pouvaient leur prêter 50 à 80% de la somme contre une hypothèque. Ces propriétaires profitent donc de la plus value créée par l'Etat - il y a fort longtemps pour certains - pouvant même déduire les intérêts de cette dette de leurs impôts.

Ce ne serait donc que justice que de fixer l'assiette fiscale non pas au niveau de la valeur du terrain villa, mais progressivement à sa valeur cible, c'est-à-dire à l'usage d'un immeuble de 25 mètres de haut, voulu par le législateur, qui dès les années 30 a voulu construire la ville en ville. Malheureusement le droit du propriétaire étant sacro-saint en suisse, nombre d'entre eux ont conservé leurs villas, qui aujourd'hui se trouvent en ville, vu que la ville a grandi autour. [J'en avais fait un billet fin juillet 2007 qui m'avait valu quelques inimitiés dans le milieu des propritéaires de jardin.]

Cette question de la plus-value foncière est en fait au coeur du développement du canton. Mais c'est une question tabou qu'aucun politique n'aborde vraiment (sauf lorsqu'il s'agit de s'approprier un peu la plus-value des terrains agricoles, et encore), car les élus savent bien que pour convaincre un propriétaire de vendre, il faut cracher un max.

Le libéral Mark Muller a tenté de séduire ses amis, lui qui fut secrétaire général de la Chambre genevoise immobilière avant d'être Monsieur Logement. il a convaincu le Conseil d'Etat de passer le prix de 650 des terrains situés en 3e zone de développement à 1000 francs le m2. Le chef du DCTI a même fait une offre exceptionnelle en rachetant la villa au prix du neuf, sans obtenir un tsunami de vente. Il n'a d'ailleurs, à notre connaissance pas, fait le bilan de cette promotion.

 

08:52 | Lien permanent | Commentaires (13) |  Imprimer | |  Facebook | | | |