Femmes, soyez soumises… (dimanche, 22 août 2021)

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Nous sommes six lecteurs à l’église de Compesières. C’est mon tour ce dimanche. Dieu, selon Einstein, ne joue pas aux dés. Cependant le hasard ou le calendrier liturgique nous propose de lire la fameuse lettre du grand Paul où l’on trouve cette injonction bien connue et controversée: « Femmes soyez soumise à vos maris? »

Que faire? Prétexter d’une jambe gourde pour se défiler, se soumettre sans mot dire, refuser de lire ce texte… Et si je proposais à la poignée de fidèles qui seront à Compesières à 17h de choisir, une fois n’est pas coutume, entre trois versions: C, E ou F.

Quel que sera leur choix, je lirai la version E pour égalilté car je rejette autant la version C (pour canonique) que la version F (pour féministe), son envers. (Ajout à 20h: sans doute trop tardivement informé l’officiant propulsé il y a peu administrateur de la paroisse de Carouge n’a pas toléré cette incartade. « Vous n’y songez pas, on ne peut pas changer la Bible ». Il a donc demandé à un chrétien monté de Carouge de lire la lettre controversée. La messe est dite.)

Que dit donc mon lointain cousin Pierre Emonet de cette écriture paulinienne? Mon frère jésuite, éditeur de la revue Choisir, doit s’y connaître pour trouver une porte de sortie. Il publie sur Facebook tous les samedis son homélie du dimanche. Zut, il ignore Paul et consacre sa réflexion à l’Evangile du jour, un texte où le Christ invite ses disciplines à affirmer leur foi. Il vient de leur dire qu’il leur donnera son corps à manger et qu’Abraham l’a connu. Difficile à admettre pour des esprits même pas trop cartésiens. Bon nombre se déroutent à cette occasion. 

Une fois n’est pas coutume, je me permets ce commentaire sous l’homélie: 

En clair, JC éclaircit dramatiquement la foule de ses suiveurs (sur  le Facebook d’alors). Seuls les 12 apôtres, y compris l’intellectuel du groupe Judas et quelques autres sans doute (des femmes?) font le pari d’un Dieu tout autre. Pour ceux qui décrochent, comme le jeune homme riche, quelle issue? L’errance amère, l’existentialisme, les rituels New Age, l’indifférence? Il semble sur ce coup que l’Eglise est plus magnanime que le fils du patron et accueille toutes celles et ceux qui sont prêts à faire un bout du chemin. A part ça, mon cher Pierre pourquoi lit-on ce même dimanche la lettre de Paul aux Éphésiens (5; 21-32), devenue inaudible (et que tu as sagement renoncé à commenter). Meilleures salutations 

Et voilà qu’en ce dimanche matin, une fois n’est pas coutume non plus, je me branche sur France Culture. Après les orthodoxes, les protestants, les juifs, les libres penseurs, arrive l’heure des catholiques. Le prêtre est un peu trop pontifiant à mon goût, je zappe sur le podcast de la messe sur RTS2. Elle tombe du Grand Saint Bernard, un office simple et magnifique, dans un hospice qui ne l’est pas moins, tant par les chants que par l’homélie du chanoine Jean-Michel Girard. Il contourne sagement lui aussi le texte de Saint-Paul et évoque très bien le mystère de Dieu et des rhododendrons qui émerveillent la montage…) 

À se demander si quelques fois nos messes paroissiales en panne de prêtre ne devraient pas se contenter modestement d’une simple écoute?

Bon dimanche 

 

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Éphésiens. Version E

Frères,
    par respect pour le Christ, 
soyez soumis les uns aux autres ; 
    les maris à leur femme, les femmes, à leur mari, comme au Seigneur Jésus ;
    car, pour le mari, la femme est la tête et pour la femme, le mari est la tête, 
tout comme, pour l’Église, le Christ est la tête, 
lui qui est le Sauveur de son corps. 
    Eh bien ! puisque l’Église se soumet au Christ, 
qu’il en soit toujours de même pour les maris et les femmes 
à l’égard de leur conjoint.

    Vous, les femmes aimez votre mari à l’exemple du Christ 

    Vous, les hommes, aimez votre femme à l’exemple du Christ :


il a aimé l’Église, 
il s’est livré lui-même pour elle, 
    afin de la rendre sainte 
en la purifiant par le bain de l’eau baptismale,
accompagné d’une parole ; 
    il voulait se la présenter à lui-même, cette Église, 
resplendissante, sans tache, ni ride, ni rien de tel ; 
il la voulait sainte et immaculée. 
    C’est de la même façon que les femmes doivent aimer leur mari et les maris leur femme : 
comme leur propre corps. 
Celui qui aime sa femme s’aime soi-même. 
    Jamais personne n’a méprisé son propre corps : 
au contraire, on le nourrit, on en prend soin. 

C’est ce que fait le Christ pour l’Église, 
    parce que nous sommes les membres de son corps. 
Comme dit l’Écriture : 
    À cause de cela, 
la femme et l’homme quitteront leur père et leur mère, 
ils s’attacheront l’un à lâutre, 
et tous deux ne feront plus qu’un. 

    Ce mystère est grand : 
je le dis en référence au Christ et à l’Église. 

    – Parole du Seigneur.

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