Dieu nous bénira du haut des cieux (bis) (dimanche, 01 août 2021)

839520D9-BCC8-489A-AC75-0E37AAD772E9.jpegA Tokyo, le cantique suisse a résonné dans sa version instrumentale. Combien d’habitants, Suisses ou non, de ce pays - un trou au milieu de l’Europe - ont entonné ce soir l’hymne national? La première strophe évoque le Ciel, où chacun peut loger qui le Dieu fort, qui une énergie ou une pensée, une âme attendrie, cette élévation des accents émus de nos cœurs pieux, que la loi de la gravité se charge de contrecarrer. Les Suisses, qui chôment le jour de la fête national depuis une génération seulement, ne gardent-ils pas, eux au moins, les pieds sur terre?

La troisième strophe entonnée comme de coutume le 31 juillet à Compesières - ma commune a pris l’habitude de fêter avant les autres à la demande de l’amicale des sapeurs pompiers - pressent le Dieu fort, celui de la tradition judéo-chrétienne, qui est aussi invoqué dans le préambule de la Constitution suisse. « Dans l’orage et la détresse, il est notre forteresse. » Le fut-il dans la détresse virale qui bouleverse notre quotidien?

La réponse est oui. Dieu n’est pas ce Jupiter, maître des éclairs et des horloges, qu’on implore, à qui on rend un culte, Dieu est dans chacune des créatures humaines, croyantes ou non, qui bouscule ou peu ou beaucoup leur quotidien pour aider.

Dans nos sociétés contemporaines, l’aide est principalement institutionnelle, anonyme, administrative, légale mais considérable. Certes le filet a de gros trous. L’aide est aussi personnelle, soit qu’elle est professionnelle ou personnelle, amicale, humaine souvent secrète, même si l’aide financière privée, importante aussi chez nous, est déductible des impôts. 

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A Compesières, la fête fut bien arrosée avant que, profitant d’une accalmie du ciel en cet été frileux et arrosé, un cortège bon enfant emmène les gens - quelques trois cents personnes qui s’étaient inscrites et ont été contrôlées - devant la commanderie qui fut longtemps le siège régional de l’Ordre hospitalier de Malte. Il fut question d’émancipation.

Béatrice Guex-Crosier, maire de Bardonnex, déclencha quelques ovations en centrant son propos sur le 50e anniversaire du droit de vote des femmes. Et l’oratrice de la soirée, Céline Van Till, raconta sa propre émancipation du carcan du handicap, dans lequel un très grave accident de cheval la condamna. A force de traitements et de volonté. Un témoignage émouvant mais qui ne fit pas l’unanimité. Un discours pro domo, sans doute un peu trop promotionnel, mais somme toute fut assez dans l’air du temps. Une ère qui valorise ceux qui se battent, ceux qui gagnent, ceux qui renversent les obstacles, relèvent les défis.

Heureux les résilients.

Cela vaut mieux que le propos un peu rabâché, un brin pédant et désillusionné de notre penseur locale, le socialiste canal historique Pascal Holenweg - que j’aime bien par ailleurs.

Je préfère de beaucoup le discours que Guy Mettan a prononcé ce soir à Presinge et qu’il a eu la bonne idée de publier sur son blog. Le député excentré (il a quitté le PDC) aime la Suisse avec ses pieds. Depuis 2019, il parcourt son pays par monts et par vaux et en a tiré un premier ouvrage, Le monde à deux mille mètres. Il faut le faire. Une marche à contrepied des réseaux sociaux, à hauteur d’homme, immédiate.

Un peu renversant pour un homme de média. Qui le rapproche, me dis-je, de cette artiste de cirque, Silke Pan - vue dans la bien enlevée émission de la RTS de ce 1er Août - Silke Pan, qu’une chute fatale a brisée et qui, à la force de ses bras, renverse de nouveaux obstacles et qu’un exosquelette, innovant mais encore gauche, remet sur pied. 

Sur nos monts quand le soleil…

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