Un mois pour examiner le PDcom de Bardonnex (vendredi, 26 février 2021)

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De qui se moque-t-on? Covid oblige, la commune de Bardonnex, qui a mis quatre ans pour étudier l'objet, s'est finalement résolu à soumettre à ses 2320 habitants la révision de son plan directeur communal (PDcom) en distanciel. Elle nous a accordé généreusement un mois, ce mois de février, pour ingurgiter 154 pages d'un rapport, dont, au bas mot, les deux tiers sont des discours d'urbanistes en chambre, déjà lus à plusieurs reprises, donc des copier coller parfois hors sol, fondés sur des images et des concepts d'urbanisation sans grand rapport avec le terrain et le vécu des propriétaires et des habitants, à ma connaissance jamais consultés.

Démonstration.

Croix-de-Rozon abrite 1231 habitants, note le rapport page 77, soit plus de 50% de la population (en fait 54% et bientôt 66% avec les bâtis en cours ou proches). C'est un village dortoir qui ne compte que 60 emplois. C'est un village divisé en quatre quartiers par deux  artères qui se croisent au centre du village, où vont et viennent plus de 10'000 véhicules par jour. Aucune place, aucun banc public. Aucune vie de village.


Lire aussi: Bardonnex, un plan directeur, pour quoi faire? et Bardonnex, commune conviviale


Nos maîtres urbanistes s'intéressent en particulier à l'espace compris entre la route d'Annecy et le ruisseau d'Archamps, sans doute parce que l'ancienne école de la Bossenaz offre le seul espace public dénommé "bibliothèque". Les deux autres quartiers habités (au nord, angle Hospitaliers Annecy, avec la Poste qui va bientôt fermer ses portes et l'Eki-Thé; à l'est, dans l'angle Pont de la fin Route d'Annecy qui a vu l'érection récente cinq immeubles au chemin des Forches) ne font l'objet d'aucune réflexion.

On peut ici se demander pourquoi le PDcom n'envisage pas une extension future du village, de part et d'autres de la route d'Annecy, en montant de Carouge, où quelques maison sont implantées dans des espaces clos sans production agricole, dont le déclassement futur ne priverait donc pas le canton de denrées alimentaires. Sans doute pour ne pas déséquilibrer davantage encore la balance démographique de la commune. Pourtant la proximité de Collonges-sous-Salève crée désormais une conurbation assez dense qui peut justifier à terme la réouverture d'une halte ferroviaire sur la ligne Bellegarde Evian du Léman Express (halte prévue par le Plan directeur cantonal)

Mais revenons au quartier La Mure - Pont de la fin. Nos urbanistes avaient déjà tracés des cheminements parallèles à la route d'Annecy en passant à travers les propriétés notamment dans le cadre de leur étude sur les cheminements piétons. Leur vision théorique s'empare également de la route du Pont-de-la-fin où leur crayon trace l'emplacement d'immeubles en retrait de la route, qu'on souligne d'un trait rouge pour marquer leur destination commerçante, sans aucun égard pour les maisons existante, dont l'une la Maison Bon au carrefour figure pourtant à l'inventaire national, sans égard non plus pour la réalité économique qui ne laisse plus guère de place ni d'expoir aux petits ateliers, commerces et services de proximité surtout à deux pas de la frontière où l'attraction des marchands français fait des ravages. Pour faire bon poids, on illustre l'analyse de l'inévitable modèle du quartier Vauban de Fribourg en Brisgau qui fait partie du pèlerinage de tout architecte.

Au final, le principe de réalité ressurgit. Et le chemin qui passait d'une propriété à l'autre court finalement le long des immeubles du chemin d'Archamps (au-dessus du collecteur des eaux claires et usées qui sera rénover à l'occasion de la construction du futur quartier de La Mûre. Ainsi les nouveaux Rozonais pourront accéder à la Bibliothèque et au marché dominical de Collonges, via le petit pont à 100'000 francs. Cependant, on s'interroge que le parking d'accès au nouvel immeuble en construction emprunte le chemin d'Archamps. Entre l'idéal des urbanistes et la réalité du terrain il y a un pas.

D'espaces publics, toujours très peu à Croix-de-Rozon, puisque la commune n'y possède pas un mètre carré, nonobstant l'école de la Bossenaz.

Tiens, à propos de cette école. Pourquoi n'en construirait-on pas une (une annexe de l'école de Compesières) dans le quatrième quartier du carrefour de la Croix-de-Rozon?

Et si cette idée ne germe finalement pas dans l'esprit de nos dirigeants, peut-être pourraient-ils envisager de louer une bande herbeuse qui court de la route du Prieur à l'ancienne Poste (Maison Studer)  pour y poser quelques bancs et y installer à titre précaire un skate-park et un mini terrain de jeu comme ceux qui sont installés entre les terrains de football de Charrot Compesières.

Ce serait formidable pour les gamins de Rozon de pouvoir se dégourdir à deux pas de chez eux! Le paysan y gagnerait la peine d'entretenir la haie où les ronces prospèrent.

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