Pas pingre, la Suisse... suspicieuse (vendredi, 22 janvier 2021)

2AB051AD-D062-4010-80B0-608DD063293D.jpeg« Le problème est plus profond. Les partis qui représentent les entrepreneurs n’ont jamais voulu que la Suisse dispose d’une statistique et d’une visibilité sur l’état de santé et sur le fonctionnement du tissu économique. En France, les entreprises ont l’obligation de transmettre à une centrale leurs comptes d’exploitation et leur bilan. Ils ne sont pas accessibles au grand public, mais à disposition des autorités. Il suffit d’avoir le numéro d’une entreprise pour connaître son état sur les dix dernières années. »

C’est l’avis que je lis dans L’Echo magazine sous la plume du prof Paul Dembinski. Et je ne suis pas loin de penser qu’il a raison. En Suisse le secret est un virus autrement plus contagieux et plus ancré que celui qui nous occupe. Seul la pression extérieure nous a contraint à supprimer le secret bancaire. Mais il demeure à l’intérieur dans toute sorte de domaines. Et le fédéralisme ajoute sa couche de complexité lorsqu’il s’agit d’agir vite. Un seul exemple, l’impôt fédéral direct est en principe le même de Genève à Saint-Gall mais il y a presque autant de systèmes d’information et informatiques que de cantons, voire de communes. Et qu’en est-il des règles d’établissement des bilans et des variants cantonaux?

La maladie du secret et du chacun pour soi n’est pas l’apanage de la droite. A gauche, on craint tout autant le vent du large, la comparaison, la concurrence. J’ai lu cette semaine dans La Tribune de Genève la position de la présidente de la Société pédagogique genevoise, Francesca Marchesini, à propos de la numérisation. Dramatique et inquiétante.

Alors que l’on commémore les 20 ans de Wikipedia, l’enseignement public genevois en est toujours à s’interroger sur l’équipement des élèves, la formation des profs, savoir, nous dit Heidi.news révélant l’existence d’une nième réforme secrète, si l’année des primaires doit être divisée en trois trimestres ou deux semestres, s’il faut apprendre à lire et à écrire en deux ou une étape (une première étape sans s’occuper de la forme), et surtout, surtout, s’agissant des TIC comment échapper à l’emprise - forcément néfaste - des GAFAM qui détiennent la compétence et l’agilité dans le domaine de la formation. C’est pathétique.

Pendant ce temps, les jeunes genevois mal équipés, mal entraînés, mal encadrés - sauf exception il y a évidemment des profs extraordinaires - tuent le temps sur TikTok, Instagram, Snapchat, Twitch*...

Ce matin, 23 janvier jour de mon 67e anniversaire, un jour après la publication de cette modeste note, je tombe sur l’article que l’Apple Store consacre au Temps de l’apprentissage. Que de temps perdu à Genève, me dis-je. C’est en marchant, en échangeant et en expérimentant qu’on apprend. Dans quels domaines, le DIP est-il pionnier?

 

03F4DEE5-0A3D-4B51-810F-B1A8D4403733.png* Twitch, la dernière plate-forme en vogue où l’animateur du jeu Questions pour un champion fait ses premiers pas, ce qui lui vaut l’attention des médias traditionnels, ce matin celui de Médialogue. Twitch qui, je le découvre ce matin encore, semble avoir trouvé le moyen de rémunérer ses meilleurs contributeurs en leur offrant une part du gâteau des jetons d’abonnement qu’il faut acquérir. 

 

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