"Nous avons fait le choix d’espérer" (dimanche, 22 novembre 2020)

yves combeau.jpgLa covid a plongé l'Occident dans la peur. La peur de mourir. Certes le fléau fauche des vies, surtout des vies de gens qui ont déjà bien vécu et qui parviennent à des âges où la mort est une échéance... naturelle. Ailleurs, la mort est encore fréquente à tout âge, notamment à la naissance, quand ce n'est pas la mère qui est emportée. Nous en Suisse - qui consacrons presque 12% de notre richesse à la maladie, bien plus qu'à notre alimentation, avons réduit presque à néant le risque de mortalité. A force de connaissance, de savoir faire, de technologie, de soins et d'hygiène. C'est l'accident - fatalité ou risques pris - qui vient d'ailleurs en tête des causes d'hospitalisation (StatistiqueSuisse). 

En comparaison, les francs que nous consacrons à la promotion de la santé, notamment à nous nourrir sainement, sont une piètre fraction des dépenses de traitement, de réparation et de maintien en vie (au début comme à la fin): plus de 80 milliards par an.

Et pourtant la mort survient. De plus en plus souvent au terme d'une lutte douloureuse, angoissante, ponctuée de rémissions plus ou moins longues, plus ou moins heureuses.

 

Ce 22 novembre, fête de la Saint Cécile, patronne des musiciens, troisième dimanche de confinement et dernier de l'année liturgique, où il est question du Christ roi de l'univers et du jugement des morts, le dominicain Fr. Yves Combeau a dit avec force, dans son sermon sur France 2, ce que j'aurais aimé entendre davantage du clergé catholique: "Nous avons fait le choix d'espérer." 

Mon frère prêcheur n'a pas parlé de la covid, mais du décès de son père. 

"Dans ce cimetière du Périgord, nous étions un petit troupeau familial (eu égard au mouton du prophète Ezekiel), un peu égaré par des deuils successifs et très rapprochés, un peu assommé par tous ces coups de tonnerre."

"Et pourtant, nous avons redit au vent de novembre, au silence de la campagne, au ciel et aux collines du Périgord, nous avons redit que mon père est vivant, que les épreuves que nous subissons seront vaincues, que la joie reviendra dans notre famille. Nous l’avons redit parce que nous sommes chrétiens, nous sommes les enfants de Dieu et il nous sauvera. Nous l’avons redit le front tendu, les dents serrées, mais nous l’avons redit quand même. Et d’une voix forte."

Comme pour exorciser la mort qui n'est pas le néant à ses yeux et aux nôtres, Combeau a esquissé un sourire au moment où il avoue que l'épreuve de la séparation est rude. Un sourire de confiance. Saurons-nous la retrouver en ce temps de doute, la confiance?

 

 

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