Que les services d'urgence ne soient pas débordés (mercredi, 26 août 2020)

r covid indicateurs.jpgSuite à ma dernière note, j''ai trouvé une synthèse des indicateurs de la covid. Ils sont entièrement construits sur un objectif qu'on nous a ressassé d'ailleurs dès l'irruption du virus en mars dernier: que les services d'urgences des hôpitaux chargés d'accueillir et de soigner les patients les plus gravement atteints ne soient pas débordés.

Mais quelle guerre est-elle engagée et conduite avec le présupposé que les services infirmiers ne devront pas être débordés et qu'on triera pas les blessés: ceux que l'on soignera et ceux à qui on administrera au mieux de la morphine et à qui on tiendra la main et qu'on embrassera avec tendresse jusqu'à leur dernier souffle? 

Non, pas de tri dans la guerre contre la Covid. Cette guerre serait la première où tout le monde a droit d'être sauvé. Nous devons tous pouvoir au besoin être intubés, accueillis dans un lit et non laissés dans un couloir. 

Qu'ici ou là des débordements d'unités de soins puissent avoir lieu et que des gens meurent faute de soins adéquats ou d'accès aux soins intensifs, est intolérable, impensable. Juste bon pour des pays sous développés. Le fait même que des patients soient transportés ailleurs, en trains médicalisés, ou accueillis en Suisse (ce qu'on a fait modestement pour la France mais pas pour l'Italie) est admirable mais aussi la marque du scandale. Pas de ça chez nous. On a donc fermé les frontières, enfermé les gens chez eux, mobilisé toutes les ressources disponibles, vidé les hôpitaux, reporté les opérations non urgentes, construit des tentes de secours, applaudi les applaudissements quasi religieux à l'heure du coucher, unissant la nation contre l'ennemi invisible et sa faux terrifiante, bref mis à disposition des équipements - se souvient-on de la course aux respirateurs, des pénuries forcément scandaleuses de masques et de survêtements - et des personnels, qui en fait n'ont été mobilisés qu'à moitié? 

A l'aube d'une deuxième vague, qui pour l'instant se fait attendre, on nous rejoue la même partition avec le même objectif: que les services d'urgence ne soient pas débordés. 

Or la maladie et la mort frappent à l'aveugle. C'est un fait éternel, une malédiction, pour certains le fruit d'un péché originel. Notre capital de vie peut être réduit à néant du jour au lendemain. C'est un fait qui a longtemps été accepté comme une fatalité. Plus chez nous.

Un jour sans doute, les sociétés humaines, aidées par des technologies aujourd'hui en balbutiement - le génie génétique - et d'autres encore inconnues, pourront promettre l'égalité de traitement face à la maladie (et son éradication totale?) et un avenir transhumaniste à tous, posant d'autres défis éthiques et économiques.

Déjà n'avons-nous pas vaincu la variole et d'autres maladies infectieuses? L'espérance de vie a presque doublé en un siècle (elle était de 43 ans en 1876 en Suisse), rappelait hier soir sur France 2 Michel Cymes, Adriana Karembeu dans leur émission Les pouvoirs extraordinaires du corps humain, où l'on nous a resservi - je n'ai regardé que 5 minutes - le régime méditerranéen, prometteur d'une vie en bonne santé jusqu'à 120 ans...

Prétendre sauver tout le monde aujourd'hui de la Covid est une supercherie, une fake news, une insulte même à notre condition humaine qui est d'être mortel. Un scandale? Evidemment! 

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