Bardonnex et ses deux bouchons (dimanche, 23 août 2020)

IMG_1474.JPEGM'en allant masqué ce dimanche au marché de Collonges-sous-Salève par le petit pont de bois, jeté récemment à grand frais par la commune de Bardonnex, au nord de l'ancienne école de la Bossenaz, au dessus du nant d'Archamps - sec à cette période de l'année, je me demande ce qu'il en est de l'accès au marché de Saint-Julien-en-Genevois, à l'autre bout de ma chère commune. Saint-Julien est une ville en pleine croissance qui fut très brièvement rattachée à Genève au début du XIXe siècle, quand les frontières qui nous gouvernent et nous séparent aujourd'hui étaient tracées par quelques princes et ambassadeurs à Vienne, à Paris et à Turin.  

Depuis que la commune a vendu à la Tuilerie-Gravière de Bardonnex le chemin des Rupières qui reliait naguère Bardonnex à Saint-Julien et qui fut hélas coupé par l'autoroute, il ne reste plus que le chemin des Jules pour rejoindre les deux agglomérations. 

Le chemin des Jules fut ainsi baptisé en l'honneur des deux Jules qui œuvrèrent de concert à la fin du XXe siècle au remaniement parcellaire consécutif à la construction de l'autoroute A1. A ma gauche, Jules Mabut (feu mon père), ancien maire et ancien député chrétien-social, connu comme Jules le rouge non pas pour avoir lancé des tomates sur le palais fédéral au temps de la mévente des années 60 mais pour avoir déposer un projet de loi écrêtant au profit de l'Etat la plus-value foncière résultant du déclassement des terres agricoles en zone à bâtir. A ma droite, Paul Charrot, ancien conseiller municipal radical de Charrot, dit Jules pour les intimes (à qui on souhaite un prompt et complet rétablissement. 

Allons donc arpenter le chemin des Jules. Il n'a hélas aucune issue. Du côté de la douane de Bardonnex, le ruban bituminé s'arrête net à la frontière barré par des fourrés. Un minuscule sentier s'y faufile. On l'emprunte. Très vite on le traverse et on atteint un chemin de pierre derrière la clinique vétérinaire des Hutins à Saint-Julien. Quelques pas plus loin on atteint facilement, via l'avenue Napoléon III, la zone commerciale et le centre de la cité devenue frontalière. Du côté de Perly, le sentier se faufile le long du nant puis bute sur des grilles d'un jardin et du Centre d'immunologie Pierre Fabre. Il faut traverser un gazon pour rejoindre la route de Saint-Julien.

C'est ainsi que l'idée m'est venue qu'à défaut de récupérer le chemin des Rupières et de bâtir par dessus la douane de Bardonnex une élégante passerelle à piétons et à vélos, notre commune pourrait d'entente avec sa voisine Sain-Julien, aménager le passage entre le chemin des Jules et l'Avenue Napoléon III.

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Qu'en disent nos conseillers municipaux? Le projet est peut-être déjà à l'étude, qui sait? A défaut de déboucher le bouchon quotidien de l'autoroute - une affaire d'Etat sans doute - nos édiles locales peuvent bien relier, à pied et à vélo, deux bourgades voisines.

Il est vrai que le projet cantonal de construire une route d'évitement de Perly par le sud, soit sur le territoire de Bardonnex, pour offrir la route de Saint-Julien au tram a jeté un froid entre les deux municipalités. A propos qu'en dit le président de BA qui s'est battu avec succès contre le restoroute de Joye Calatravas? 

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