Les Genevois du 24 novembre et Genève 2050 (vendredi, 29 novembre 2019)

Coup de frein à l'aéroport et deux non d'extrême justesse au "bétonnage" de deux sites au Petit- et au Grand Saconnex ce 24 novembre à Genève. Que n'aurait-on pas entendu si deux oui d'extrême justesse étaient sortis des urnes? Je parie que les opposants vaincus auraient usé de tous les moyens pour que leur cause l'emporte finalement.

L'issue des scrutins posent un vrai problème de démocratie. Le génie suisse n'est-il pas en pareil cas de remettre l'ouvrage sur le métier et de trouver un meilleur équilibre?

Souvenez-vous du 9 février 2014! 

 

 

C'est la justesse du résultat qui a conduit le Parlement fédéral à tailler au mieux la loi sur la libre circulation des personnes et à introduire une dose de préférence nationale à l'embauche, après le petit oui des Suisses à l'initiative de l'UDC contre l'immigration de masse, au risque de mettre en péril nos relations gagnant gagnant avec l'Union européenne.

Imagine-t-on à Genève le Grand Conseil ajuster ainsi les lois refusées ce dimanche 24 novembre dans une tentative de concilier les deux camps? Quel député en fera la proposition? On aurait attendu d'Antonio Hodgers une telle ambition et non celle d'un ministre, qui, pressé par les siens, décrète un moratoire de la densification de la zone villa. 

Comment faire accepter des projets à ceux qui les jugent inacceptables parce qu'ils dérangent leur quiétude (cas du Petit Saconnex) ou leur idéologie (cas du Grand Saconnex). Faut-il plus de pédagogie comme on l'a entendu? Sans doute mais on ne fait pas entendre raison à qui est dans l'émotion. 

Faut-il redébattre de la croissance, de sa vitesse et de sa couleur? Sans doute aussi, mais le débat peut tourner en rond, enfoncer des portes ouvertes ou même ne pas avoir lieu quand les fronts sont irréductibles. 

M'est revenu en mémoire le projet du Conseil d'Etat Genève 2050, relayé sur Facebook, lancé un peu en catimini en 2018 et malheureusement totalement pollué par le faux pas du président d'alors et surtout son entêtement à demeurer membre du collège gouvernemental. 

Qu'entend faire le Conseil d'Etat de ce vaste sondage et de cette introspection. N'y trouve-t-on pas de quoi répondre aux questions qui se bousculent à l'issue du dernier scrutin?

On attend aussi avec intérêt les bonnes idées de l'ex-patron de la CICG  devenu entre autres casquettes, président de l'Association en faveur de l'aéroport, mais aussi fervent défenseur d'un nouvel indice mesurant le bonheur cantonal brut .

Alors que Genève voit son principal fleuron international, l'organisation mondiale du commerce, mis sur la touche, et que va s'ouvrir la campagne électorale des Municipales 2020, tandis que la compétition internationale ne cesse de s'accroître, on peut s'inquiéter de nos capacités à relever les défis. 

 

Sur Genève en 2050, je suis tombé sur cet essai fictionnel d'Oscar Bartolomei publié dans Bilan cet automne. Sur le même sujet, on peut encore lire mes billets de juillet dernier.

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